Il y a quelques mois, j’avais écrit un billet sur les devoirs du soir des Mômes.

Je viens de le relire, et je le trouve tellement … niais aujourd’hui. Je ne savais pas encore.

Oh non, je ne savais pas.

Je ne savais que les devoirs du soir pouvaient devenir un tel parcours du combattant, semé d’embûches, de Mômes récalcitrants, de consignes floues ou partiellement écrites dans un agenda qui disparaît parfois mystérieusement.

Maintenant je sais, et ne me dites pas que cela peut devenir pire. Je ne vous croirais pas.

Voici le récit de mon expérience quotidienne.

Ne m’oubliez pas.


*** GÉNÉRIQUE ***

Quand j’étais étudiante, ma mère m’avait acheté une K7 (oui, au milieu des années 90, une cassette) (achetée!!! ) avec des musiques relaxantes. Je devrais peut-être les mettre en fond sonore dans la chambre de Fils Aîné le mercredi après-midi ou le samedi matin.

 


Je t’écris ce billet en tant que « journaliste embarqué sur le terrain ». LdmJ , toujours à se la raconter en anglais, vient de me dire que – comme les journalistes de CNN durant la Guerre du Golfe – je suis « embedded ». Ouais, c’est encore plus classe (champ lexical scolaire).

Eh oui, nous sommes mercredi 11 octobre après-midi, et alors que je suis devant mon écran d’ordinateur, Fils Aîné est devant sa leçon de Sciences-Physiques. Presque toutes les premières grosses évaluations tombent cette semaine, autant te dire que nous sommes tous joie depuis samedi dernier.

Je risque donc d’être interrompue durant l’écriture de cet article Oh COMBIEN important par des questions triviales du type :

« Mais c’est quuuuuuuoiiiii la différence entre matière synthétique et matière artificielle ? » …  (chouette!)

Pour te resituer l’action, en septembre dernier, Fils Aîné est entré en 6ème et Fils Cadet en CE1 Classe Musique. Ils ont tous les deux changé d’établissement scolaire.

Je dois reconnaître que faire les devoirs dans leur ancienne école c’était du pipi de chat par rapport à la (sur)dose de travail quotidien qu’ils ramènent à présent.

Heureusement que nous sommes deux dans cette galère. Je reconnais que sortir aux mêmes horaires (oui, 17h) que les enfants est un des côtés les plus appréciables de notre métier d’enseignant (par contre, nous sommes au collège à 7h30 tous les matins) (on a rien sans rien).

En tout cas, nous pouvons compter sur l’autre pour prendre le relais.


 

Les devoirs de CE1

Ayant intégré une classe CHAM (classe à Horaire Aménégé Musique), Fils Cadet apprend donc parallèlement à jouer du trombone à coulisse, et suit des cours de chorale et de formation musicale. Chacun de ces cours donne lieu à des devoirs quotidiens, en plus du reste. Et pour « le reste » nous sommes servis. Enfin c’est plutôt Fils Cadet qui est servi (mais nous dégustons pas mal aussi ^^’).

Le début de l’année fut rude pour notre néo CE1 . Le changement d’école ne s’est pas réalisé sans douleur. Les élèves de sa nouvelle classe ont un niveau scolaire globalement plus élevé que ceux de l’année dernière, et le niveau d’exigence n’est plus le même. Il s’est donc retrouvé un peu « perdu ». Et comme il était « perdu », ben il a perdu beaucoup de matériel, de feuilles, …

Il faut dire que les enfant de sa classe travaillent dans deux salles de classe à deux endroits différents : une dans leur école, et une autre au Conservatoire de Musique. Donc ils doivent toujours promener leurs cahiers, trousses et instruments de géométrie. Sans mentir, il a du perdre quatre règles/équerres depuis la rentrée. Depuis un mois donc. Alors, soit il y a effectivement un trou noir sous son pupitre d’écolier (comme il tend à le penser), soit il est particulièrement tête en l’air. D’après sa maîtresse… il n’y aurait pas de trou noir. Mais a priori, il n’est pas le seul à perdre régulièrement son matériel. Leur maîtresse ramasse un quintal de stylos par jour.

[OUI J’ARRIVE !!!

Pardon, j’ai dû faire répéter sa leçon de Sciences à Fis Aîné. Il mélange encore pas mal de trucs … Je lui ai donc demandé de la réviser à nouveau. Présentement, il pleure que je suis un bourreau (ou un truc moins charmant)] [Je mets un casque]

Reprenons.

Lundi soir, la nouvelle-nouvelle-nouvelle règle de Fils Cadet avait ENCORE disparu de sa pochette  😭😭😭 . Mais ce n’était pas grave (d’après lui) car il savait où elle était cette fois-ci : il l’avait prêtée à sa voisine de classe qui avait … perdu la sienne 😭😭😭

Dans ce flou artistique qu’a constitué ce premier mois, inutile de te dire que faire les devoirs fut ardu. Déjà parce que, parfois, il n’écrivait qu’une moitié de consigne : « Relire la page » « Apprendre les mots ». On s’est donc retrouvé devant des énigmes à résoudre avec indices flous à la clé. Indices fournis par l’enfant qui n’était plus trop sûr, mais presque sûr quand même que cela devait être la fiche de La Petite Poule (ou celle de la Marmotte qui emballe le chocolat).

Et puis il y a les jours, où il a bien écrit les devoirs et nous présente son cahier de textes tout fier « J’ai bien fait attention à tout noter », mais se retrouve tout déconfit en farfouillant dans son sac à la recherche de la fiche de mots à apprendre. Fiche qu’il a laissée à l’école BIEN ENTENDU. 😭😭😭

En parlant de cette fiche justement : chaque semaine, il doit connaître par cœur dix mots sur lesquels il est interrogé en dictée. Personnellement, je trouve le concept très bien : il acquiert une banque de mots. Mais je dois reconnaître que certaines semaines sont plus hard que d’autre. La troisième a failli avoir raison de mon peu de patience :

Surtout : après-midi ; peut-être ; et parce que. Avec et sans tiret, avec des lettres muettes (ou pas).

On les a répétés, réécris et placés dans des dictées tous les soirs de la semaine. Alors quand le dimanche venu, il a écrit PET-ETRE et PARSEKE sur son ardoise, j’ai failli faire une syncope. Je te jure que ma bienveillance a dû foutre le camp dans une galaxie lointaine, très lointaine quand j’ai hurlé que c’était juste pas possible comme fauteSSS. Que j’aurais encore toléré un tiret rajouté ou oublié mais

PAS CA, PAS CA, PAS CA !

 

Le problème est que Fils Cadet a une excellente mémoire auditive, mais sa mémoire visuelle est plutôt bof. Pour apprendre l’orthographe des mots, ce n’est pas évident du coup. Si quelqu’un parmi vous à des idées, n’hésitez pas à nous les confier.

[« Oui Fils Aîné?]

[Oui, encore une interruption …]

[Tu n’arrives pas à  souligner le radical dans le mot « difficile » ? Euhhh peut-être fic ouais parseke parce que dif- ce doit être le préfixe et -ile le suffixe, non ?  Ou pet-être peut-être ffic … Oh c’est pas la peine de demander conseil si c’est pour râler sur ma réponse !!! C’est quand même difficile comme question. Mais non reviens !!! C’était pas un jeu de mot !!! J’ai pas fait exprès d’utiliser le mot « difficile » !!!]

[Tu auras compris que Fils Aîné est passé à ses exercices de Français et qu’ils sont plutôt  diff … ardus]

[« EH J’Y PENSE FAUT QUE TU RÉVISES AUSSI LA LEÇON SUR LES SYNONYMES ! »]

[Il vient de claquer sa porte, pff]

Revenons-en aux devoirs de notre Cadet.

Chaque soir, après avoir appris ses mots /revu sa poésie et/ou d’autres tâches à terminer, il doit travailler sa FM (Formation Musicale pour les non-initiés) (aucun rapport avec la radio RFM qu’il ne cesse d’écouter ici). Il apprend donc un nouveau langage : celui des notes, des pulsations, etc … Et ensuite, il doit (théoriquement) travailler 10 minutes son instrument. Il a deux cours par semaine de trombone à coulisse avec son professeur, cours qui doivent se prolonger par un investissement personnel et quotidien. C’est normal. Mais 10 minutes c’est juste une blague : c’est le temps de monter et démonter son biniou. Bref il passe plutôt une demi-heure chaque soir avec son père. J’avoue qu’au début, on était vraiment dans le flou concernant les « devoirs de trombone ». Quand le professeur demande de travailler le Fa et le Si bémol sur la première position de la coulisse mais que tu ne sais pas comment aider ton enfant à réaliser chacune de ces notes, tu te sens démuni. Et encore heureusement que nous avons un clavier pour faire sonner la même note à contre-temps.

En fait, tout est une histoire de souffle. C’est assez difficile à maîtriser.

Cependant, ses efforts quotidiens commencent à payer. Je dois avouer que lorsque le professeur a écrit la semaine dernière (soit la 4ème semaine de pratique) sur son carnet de liaison que Fils Cadet réalisait un très bon début d’année, LdmJ était sans doute aussi fier que le petit.

Encore un travail d’équipe 😉


*** COUPURE PUBLICITAIRE ***

Chouette, le ministre de l’Education propose que des professeurs aident mon collégien à faire ses devoirs le soir :

Oh, Wait …

 


Les devoirs de 6ème

Jusqu’à présent Fils Aîné n’avait jamais eu trop de devoirs. Ce début d’année est donc un gros choc pour lui.

Etant des parents plutôt pénibles, je le crains, nous ne le lâchons pas d’une semelle. Il a encore beaucoup de mal à anticiper ses devoirs …

[« OUI !!! Tu dois encore réviser ton Espagnol ! Je sais que tu as déjààààà révisé toute la séquence Dimanche dernier mais le devoir a été reporté. Donc tu révises ENCORE UNE FOIS s’il te plaît … »]

Il n’a pas voulu faire d’activités extra-scolaire cet année, et sur le moment nous étions contrariés. Mais finalement : heureusement qu’il a son mercredi après-midi et son samedi matin … Je ne sais pas comment nous nous organiserions sinon.

Par contre, il est un tantinet désagréable quand nous OSONS lui donner des conseils. Il commence toujours par hurler et prétend que c’est nul. Et souvent, il fait ce que nous lui avons suggéré (voire plus, parce qu’il veut obtenir la meilleure note).

[« MAIS OUI ! Tu as mal tracé ta parallèle, tu ne vois pas que c’est tout tordu !!! Si !!! Tu dois recommencer ! »]

[Ouais il est passé aux Maths maintenant. Et on ne déconne pas avec les Maths! OH]

Mais en attendant, il faut se coltiner son mauvais caractère.

Quelques exemples :

Tout à l’heure, il a longuement râlé parce que nous lui avions demandé de réécrire le début de sa rédaction de français (il n’avait pas sauté de ligne alors que c’était la première consigne du devoir).

Je l’ai laissé mariner dans sa bonne humeur (éh oh éh oh) et suis partie vaquer à d’autres occupations. Quand je suis revenue plus tard, il était en pleine réécriture et ses premiers mots furent :

– Je suis désolé …

Contente qu’il reconnaisse sa mauvaise foi, je tente un :

– Allez, ce n’était pas si grave.

Il a rajouté :

– Non mais je suis VRAIMENT désolé !

– C’est gentil de me le dire, mais ne dramatise p…

– Tu ne comprends pas ! Je suis DÉSOLÉ de devoir tout récrire !!!

 friends will fabulous brad pitt bitch im fabulous GIF

 

Charmant … N’est-ce pas ? Je te jure que j’essaie d’en rire.

Une autre anecdote tout aussi réjouissante : quand il est venu nous voir Dimanche soir vers 20h20 pour nous dire : « Ah au fait, il faut que je réécrive au propre la lettre pour mon correspondant … »

Dimanche soir.

20h20.

Sérieusement ?

Oui, il était sérieux.

On a du imprimer des photos sur papier, il a recopié son brouillon puis est allé se coucher vers 21h30 et il nous a appris le lendemain qu’en fait, sa lettre n’était pas à terminer …

Ha-ha. Haha.

Sinon, il estime que je ne suis pas suffisamment compétente pour lui faire réviser son espagnol, sous le fallacieux prétexte que je n’ai jamais appris cette langue et que je ne sais même pas que les fff se disent zzzz (ou l’inverse) (on s’en zout fout).

Oui, okay c’est vrai que je lui parle un peu comme cela :

(j’ai piqué la blague ICI mais c’est tellement çà ^^’ )

Enfin au moins, il ne peut pas dire que je ne suis pas compétente en maths …

[Ouais mais ma prof elle n’explique pas comme cela pour tracer des parallèles !!!]

ON S’EN FOUT ! C’EST MOI QUI AI RAISON !!! (Pardon)

J’admets que je suis beaucoup plus bienveillante avec mes sixièmes qu’avec mon sixième. Mais bon, je n’ai sans doute pas non plus le même niveau d’exigence.

Et sincèrement même si nos enfants ont environ une heure de devoirs chaque soir (en comptant le travail musical pour le petit) (travail qui lui plait, heureusement), on commence à voir une routine qui se met en place. Et les soirées sont de moins en moins tendues (même si certaines sont épiques).

Fils Aîné a même décidé d’en rajouter une petite couche : il commence à apprendre à jouer de la guitare avec son père. Il passe donc pas loin de vingt minutes également chaque jour avec sa guitare électrique (oui comme Calogero) (et pour la chanson pourrie dans la tête, c’est déso-pas déso).

Bref on est fatigué, on ne relève pas vraiment la tête du guidon, mais on a le sentiment de ne pas avancer dans le vide. Et ce n’est pas si mal comme début …


*** GÉNÉRIQUE ***

Allez, il est 17h45, le goûter est fini c’est l’heure de faire les devoirs les Mômes et … Pas de récré ! Pas de récré ! (c’est le refrain)

 

 

 

 

 

Rendez-vous sur Hellocoton !
6 Comments