Une petite rétrospective en image et rires (enregistrés) des pires moments de cette année scolaire ?

C’est parti 🙂


*** GÉNÉRIQUE ***

Je n’ai pas été cherché très loin mon générique, okay.


 

Septembre …


Pokémon Go

Ouais je sais Pokémon Go, c’est sooooo 2016. Mais je me rappelle très bien que nous avons commencé l’année scolaire avec une interrogation existentielle posée par notre principal : « Et si il y avait des Pokémons dans le collège ? » (il ne s’est même pas posé la question de savoir si le collège était un Pokéstop, il n’y connait rien) (moi non plus).

Interrogation dont tout prof s’est inquiété, tu penses bien. Nous imaginions déjà la scène de cauchemar : des dizaines d’élèves, portable en main à fureter dans les couloirs à la recherche de Pikachu et des professeurs dépassés : « Vous n’avez pas le droit d’utiliser votre portable dans les couloirs !!! » Imagine un mouvement d’élèves entre la cantine et la salle d’Art Plastiques à l’apparition d’un Pokémon rare  😯

Heureusement, Nintendo avait rassuré l’Education Nationale : « Aucun Pokémon rare n’apparaîtra dans les établissements scolaires »

Ouf. Nous pouvions entamé l’année dans la sérénité.


Les nouveaux programmes sur les quatre niveaux, les nouvelles notations par compétences, les EPI, l’AP …

On l’oublie trop souvent mais chaque année l’Education Nationale invente de nouveaux acronymes. Acronymes qui viennent s’ajouter à notre mémoire centrale en surchauffe..

Je n’ai même pas envie d’en parler, car je DOIS penser aux vacances toutes proches maintenant. Et puis bon, ce n’était PAS DU TOUT rigolo.

En tout cas, ce ne fut pas extrêmement valorisant de faire de la merdouille pendant un an, parce que je n’arrivais pas à gérer toutes les nouveautés. Je dois avouer que l’EPI avec les Sciences Physiques sur l’Astronomie en a fortement pâti. Mais ce n’est pas grave puisque les EPI à peine mis en place sont destinés à disparaître grâce à un nouveau décret (penser à ne jamais s’investir dans un nouveau projet lors d’une année électorale).

 


Octobre …


Mon inspection.

Il faut savoir qu’un prof se fait toujours inspecter avec sa pire classe.

C’est le jeu ma pov’ Lucette.

Il faut bien l’admettre : ce serait trop facile de se faire visiter avec sa classe d’élèves choupis qui te regardent toujours en souriant même quand tu viens de faire une blague vraiment pourrie. Nan. L’inspecteur viendra voir celle où règne en permanence un joyeux bordel (enfin joyeux pour eux, toi il te donne juste envie de t’encastrer la tête dans le TBI) (acronyme mon amour).

Bref, je n’ai pas échappé à la règle, et il est venu me voir au sein d’une classe de 6ème remplie d’élèves attachants mais très impulsifs et parfois imprévisibles.

Pendant les 50 petites minutes du cours qui va déterminer la suite de ta carrière, l’inspecteur s’installe au fond de la classe et jongle avec une pile de dossiers :  ta progression de l’année en cours, ton cahier de texte numérique imprimé pour l’occasion (…) , deux ou trois cahiers d’élèves (un faible, un moyen, et un bon), quelques interrogations corrigées (pareil, il faut veiller à ce que tous les niveaux de difficultés soient représentés) ainsi que quelques fiches d’activités que tu as réalisées récemment avec les élèves. Autant dire qu’il est hyper concentré sur ce qui se passe autour de lui, ton cours donc.

Pour le plaisir, je te laisse une petite anecdote sur cette heure de cours (qui dans l’ensemble s’est bien passée) (oui, je spoile mon inspection si je veux 😛 ).

J’ai commencé par une interrogation de calcul mental. Lors de la correction, je demande à des élèves volontaires de me préciser quelle méthode ils ont employée pour trouver le résultat de 46 * 5 MENTALEMENT. Chacun explique :  (40*5) + (6*5)   ;     46/2*10   ;    …

Puis vient le tour de Julie :

– Bah moi, j’ai posé l’opération …

Un mauvais pressentiment m’assaille, je l’interromps brusquement :

– Je vois : tu as visualisé l’opération posée … dans ta tête.

Mais elle conclut par un lapidaire :

– Ah non, je l’ai posé sur mon cahier.

Les autres élèves poussent un OHHHHHH horrifié (elle aurait ostensiblement crié : « J’aime pas les maths et le Monsieur au fond de la salle est moche » je crois que le reste de la classe n’aurait pas été plus consterné) (on ne déconne pas avec les règles du calcul mental, merde).

Je tente de grimacer :

– Mais enfin Julie, la base du calcul mental est de calculer dans sa tête !!! Et d’écrire juste la réponse dans la grille !

– Je sais, mais je fais toujours comme ça quand je ne trouve pas.

Elle me montre sa fiche de calcul mental entourée de gribouillis d’opérations posées tout autour (comme chaque semaine, ils se corrigent les uns les autres, je n’avais pas encore ramassé sa fiche) (ouais, la responsabilisation des sixièmes a ses limites).

Je jette un regard vers l’inspecteur en priant pour qu’il n’ait pas entendu/vu, trop occupé à mater le cahier de Benjamin, aka le meilleur élève de la classe …

Raté : il regarde Julie et il est mort de rire.


Novembre …


La découverte du  LSU : le livret scolaire unique – et numérique – (on peut aussi l’appeler LSUN donc)  qui suivra l’élève depuis la primaire jusque dans le secondaire.

Hiiiiiiiiiiiii, un nouvel acronyme !

Dorénavant, tout au long de l’année, il faut mettre des petits points de couleur pour chaque élève et pour chaque petite compétence évaluée (rouge/ jaune/orange/vert clair et vert foncé). Ensuite tu prends ta palette et un joli pinceau, tu mélanges toutes ces teintes  sur un coin de ton bureau et tu regardes si la couleur dominante est vert kaki , marron fluo ou orange marronnasse, afin de valider ou non la compétence mère : « Je sais utiliser mes instruments de géométrie pour faire des dessins trop beaux et trop compliqués »

L’autre solution est de balancer le pinceau, le piétiner copieusement et de prendre une grosse louche de peinture pour voir l’effet obtenu. C’est pas mal aussi. Et fichtrement plus rapide. Et avec le même niveau de précision que la méthode précédente. Validé !

Faut dire qu’on a eu vachement de temps cette année pour se masturber le cerveau en couleur …


Décembre, Janvier, Février …


L’écharpe king size

L’hiver est venu à Winterfell, et manifestement il faisait très froid, vu la nouvelle mode dans les salles de classe.

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A la base ce devait être une écharpe, mais elle est tellement gigantesque que chaque élève mesurant moins de 1m50 peut s’emmitoufler dedans de la tête aux pieds.

La première fois, ça surprend …

– Ines, tu es au courant que tu as une couverture sur les épaules ?

– Mais non, Madame, c’est mon écharpe …

– Et bien quoique ce soit … Je pense que tu peux la déposer au centre de l’allée et organiser un pique nique dessus derrière toi parce que clairement tes mains ne sont plus accessibles pour écrire…

Et puis bon, je ne veux pas être méchante MAIS les coloris ainsi que les motifs choisis m’ont rappelé le vieux plaid qui traînait toujours dans le coffre de la 404 de mes parents dans les années 80.

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Le même O.O

C’est multi-usage donc : écharpe / couverture / plaid à pique-nique. Tu peux également la transformer en écharpe de portage, si tu as un petit frère sous la main. Ou si tu accouches dans l’année.


Janvier, Février …


Le dab

Quoi, tu ne connais pas cette daube qu’est le dab ???

Nan, ce n’est pas un Distributeur Automatique de Billet (faut arrêter avec les acronymes), mais un mouvement des bras fort charmant qui consiste à se sentir l’odeur sous une aisselle tout en lançant son deuxième bras en l’air.

A priori ça vient de rappeurs US et cela aurait un lien avec la consommation de cannabis, mais ce mouvement a été popularisé par les footballeurs (chaque année apporte sa nouvelle mode footeuse) (en général, cette mode est capillaire) (mais pas que). C’est Pogba qui l’a refourgué le premier en Europe:

Bien vite suivi par les autres footballeurs, puis par l’ensemble de la population … de 4 à 77 ans. La preuve :

Ah, dommage, mais c’est raté, il manque le reniflage d’aisselle.

On ne pratique pas le dab à n’importe quel moment de sa vie. On effectue ce subtil moulinet des bras qu’à quelques rares occasions (normalement).

Pour simplifier, tu « dabbes » (du verbe « dabber ») :

  • Quand tu es fier de toi . Mise en situation : tu joues au freesbee avec ton enfant depuis une demi-heure et jusqu’à présent tu n’as rattrapé aucun de ses lancers (c’est peut-être parce qu’ils passent à 1m50 au dessus de ta tête, ceci dit).  Tu effectues une ultime tentative de détente verticale. Tu l’attrapes. C’est merveilleux. Hop, un dab.

 

  • Si tu es le premier à réaliser un truc fou : ainsi Christophe Colomb aurait pu dabber en posant le pied aux Indes Amériques.

C’est le début du mouvement, avant le reniflage d’aisselle.

  • Quand il t’arrive un truc super rare et bienvenu. Supposons que ton enfant se soit endormi en 5 minutes top chrono, tu as le droit de dabber devant sa chambre (attention toutefois à ne pas balancer ton bras droit dans sa porte, ce serait ballot de le réveiller).

Quel rapport avec mes collégiens me demanderas-tu ? Et bien, les élèves sont souvent fiers d’eux (et c’est tant mieux) mais quelque-uns n’hésitent pas à dabber dans ta salle de classe (plus ou moins discrètement) :

– Quand il a trouvé le résultat de 6*5 (et sans avoir posé l’opération sur son cahier !).

– Quand je viens de l’interroger et qu’il m’a donné une bonne réponse.

– Quand il croit avoir réussi son contrôle (et hop un petit dab dans le couloir, ça ne fait pas de mal).

Tu te demandes peut-être comment je réagis ? Personnellement, je m’en fous un peu. Je les trouve un tantinet ridicules à se pencher comme cela sur leur aisselle et surtout, la plupart du temps, ils le font alors que la réponse apportée était évidente. L’élève qui aura vraiment fait un bon travail, ne dabbera jamais. L’humilité, cela s’apprend également. Haaaaaaaaaaan, comme je les casse. Oui, un peu. Pour leur bien.


Mars …


Une nouvelle coupe de cheveux

… pour les garçons : la grande mèche savamment plaquée sur le côté de façon à donner l’impression de sortir d’une course poursuite à mobylette (avec un vent de force 7 vers la gauche). Evidemment pour qu’elle tienne ainsi toute la journée, je pense qu’ils ont dû tremper leur tête dans un seau de colle à tapisserie. Mais cela fait de l’effet effectivement.

Et évidemment cette mode capillaire venait …

Bon okay. Je ne sais pas qui c’est. Mais c’est un footballeur.

Je signale que pour trouver cette photo j’ai dû taper « pires coupes de cheveux de footballeurs » dans la barre de recherche … Mes yeux ont donc pourri. Je donne de ma personne pour ce blog, sérieusement …


Avril


Ch’uis pas venu ici pour souffrir okay …

Ce buzz est vite devenu la phrase préférée des collégiens …

Il pleuvait et cela foutait en l’air leur coiffure de footballeur ? « Han, Ch’uis pas venu ici pour souffrir, okay ? »

Leurs potes ne les attendaient pas pour aller à la cantine ? « Han, Ch’uis pas venu ici pour souffrir, okay ? »

Une convocation à la Vie Scolaire :  « Han, Ch’uis pas venu ici pour souffrir, okay ? »

Bref à force de se le répéter sur tous les tons, l’un d’entre eux a fini par craquer et me l’a dit directement alors que je lui demandais de répondre à une question. Inutile de te dire qu’il a souffert effectivement (ouais mais en vrai : un mot dans le carnet n’est pas réellement une souffrance, hein 😛 ).


Mai …


Hand spinner is the new doudou.

A moins de vivre dans une grotte, tu as forcément vu  ces objets de malheur

Si tu as un enfant, il t’en a forcément réclamé un.

Si tu as des petits-enfants, ils t’en ont forcément réclamé un.

Si tu ES un enfant, tu en as au moins un.

Comme dirait Fils Aîné : « Le hand-spinner est devenu populaire en l’espace d’à peine une semaine ». Et ce devint immédiatement le must-to-have de la cour de récréation. Chacun enfant devait en posséder un.

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Oui, tu me veux, tu DOIS m’avoir.

La légende raconte que c’est le hand-spinner qui choisit son maître …

Inventé à la base, il y a fort longtemps, par une maman souhaitant aider son enfant à se concentrer, il s’est transformé en un  instrument de déconcentration de masse … et une drogue dure.

J’avais une classe de sixième qui ressembla pendant quelques semaines à une secte. Il fallait les voir monter en classe … tous hypnotisés par leur précieux.

 

Un hand spinner pour les gouverner TOUS !

 

Evidemment, après avoir joué avec pendant une heure dans la cour, difficile pour eux de s’en passer en classe. Ils continuaient donc à le sortir plus ou moins discrètement. Pas de chance, cela faisait un bruit de soufflerie guère discret, ce qui nous a permis d’un confisquer un grand nombre … Haha, le précieux avait changé de Maître !

Nos garçons, bien entendu, en désiraient un … par dessus tout. Nous n’étions pas spécialement chaud à cette idée. Tu comprendras aisément pourquoi.

Mais c’était compter sans le voyage à Paris de Fils Aîné. Je lui avais filé quelques euros pour qu’il s’achète une Tour Eiffel en ferraille moche. Que celui qui n’a pas ramené une Tour Eiffel de son voyage scolaire à Paris me jette sa première boule à neige.

Il en a acheté une effectivement (monté en porte-clé pour la fête des pères) et … 2 hand spinners 😭 😭 (« Mais maman, ils n’étaient vraiment pas chers et j’en ai acheté un pour Fils Cadet … »)

Et du coup, il a pu faire de sublimes photos de son voyage …

 Notamment dans le tgv du retour…


Juin


« The floor is  lava » (« Le sol est de la lave » en VF) (mais la VF c’est pourri).

C’est un jeu très simple qui est devenu très tendance subitement :

 

Je résume :  Quand quelqu’un te dit « Le sol est de la lave » tu as 5 secondes pour te percher quelque part avant que tes petits petons brûle dans les flammes … (Parenthèse historique : c’est un habitant de Pompéi qui aurait le premier crié cette phrase).

C’est Fils Aîné qui le premier nous en a parlé. Sa classe de CM2 n’était pas un modèle de calme et de sagesse, certes. Mais certains de ses camarades ont réussi à le choquer vraiment en se perchant sur un table de cours, après avoir été mis au défi par d’autres élèves.

Donc quand un de mes élèves de 6ème a balancé (pas très fort, mais suffisamment pour que j’entende)  « Le sol est de la lave », j’ai tout de suite compris de quoi il retournait … Et j’ai juste ajouté :

– Han mais c’est de la triche, tu ne peux pas mettre au défi les autres, alors que tes pieds à toi ne touchent même pas le sol quand tu es assis …

Il n’était pas ravi de ma blague, mais j’ai fait un carton auprès de ses camarades. J’en aurais presque fait un dab 😛

Sinon, je digresse mais le week-end dernier, alors que je cuisinais un gâteau, je me suis retrouvée à faire le grand écart à la cuisine (carrelage + farine = sol glissant).

Voulant masquer ma honte, et fâchée que toute la famille se moque,  j’ai décidé de me la jouer cool : « Han : je joue à The floor is farina »

Mais LdmJ m’a fait remarquer que farine se traduisait par flour. Donc j’ai joué à « The floor is flour »  -_-  Du coup, c’était nul.

 


Le bottle-flip challenge

C’est réussir à faire cela :

Trop facile

 

Certains de mes élèves ont donc tenté le bâton-de-colle-uhu-flip-challenge en classe  -_-  (je te laisse imaginer)

mais également le-taille-crayon-cylindrique-flip-challenge

(LdmJ a même vu un élève de 4ème tenter le stylo-flip-challenge) (il faudra lui réexpliquer le principe de ce jeu, mouhaha)

Je te laisse imaginer le bruit causé par leur manque d’adresse  😖  (aucun n’a jamais réussi) (sinon, je l’aurais vu dabber sa victoire)

J’ai dû confisquer plusieurs tubes de colle pour retrouver des élèves attentifs (haha). Mais cela m’a permis d’introduire les probabilités :

« Quelle est la probabilité qu’un élève de cette classe réussisse un bâton-de-colle-flip-challenge ? »

Ouais, il fallait répondre : la probabilité est nulle.

Cette dernière semaine, avec la canicule, chacun ramenait sa bouteille d’eau, ils ont donc pu vraiment tenter le bottle flip challenge.

Jusqu’au bout …


Et que nous réserve 2017/2018 ?

Grâce à notre nouveau ministre, l’année prochaine risque d’être également un excellent cru 😀

Monsieur Blanquer souhaite que nous fassions une rentrée en musique : accueillir les nouveaux élèves par la chorale du collège par exemple.

Evidemment, nous demander cela fin Juin sera un peu compliqué à organiser pour la rentrée : c’est pas comme si l’administration avait 10 000 autres trucs à faire pour préparer la rentrée classique …

Et puis j’avoue ne pas avoir trop envie que les quatrièmes chantent du Bouba pour la rentrée des 6èmes 😖


*** GÉNÉRIQUE de FIN ***

Avec la proposition de LdmJ pour la rentrée des Troisièmes : God Save the Queen des Sex Pistols et son refrain entêtant. Il est volontaire pour le jouer à la guitare hyper fort et chanter la partie « No Future » hyper faux 😀

 

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