J’avais déjà évoqué sur ce blog (et plus exactement ici) le fait que je suis raisonnablement hypocondriaque.

Oui, tu as bien lu : je pratique l’hypocondrie « raisonnée ». En gros je suis hypocondriaque tout en prenant en compte l’absence TOTALE de  logique et de hiérarchisation de mes peurs. Bref, je suis maboule mais je le sais.

J’ai toutefois fini par apprivoiser certaines de mes angoisses. Et ce n’est pas sans fierté que j’ai réussi à me détacher de mes recherches gogoles google à la moindre douleur suspecte (même si Docteur House et ses diagnostics différentiels n’ont pas fait que du  bien à mon esprit dérangé, il faut le reconnaître). Puis j’ai eu des enfants.

Et les peurs sont réapparues pour une deuxième saison.


*** GÉNÉRIQUE ***


La bonne nouvelle, c’est qu’une fois que l’enfant est paru, j’ai arrêté de me regarder le grain de beauté sur le nombril.

La mauvaise, c’est que mon esprit a développé de nouvelles obsessions.


Avant la naissance.

Parce que j’avais eu une expérience précédente qui s’était mal terminée.

Parce qu’entre un début de grossesse compliqué avec décollement de placenta, et la menace d’accouchement prématuré à 5 mois 1/2, j’ai dû avoir une semaine de répit.

Parce que mon papa n’a pu voir que le cliché de la première échographie de son petit-fils avant de mourir quelques semaines plus tard d’un cancer foudroyant.

J’ai vécu cette grossesse comme un long chemin de croix …

Alitée à l’hôpital, tout le personnel se relayait pour m’expliquer qu’il ne fallait pas que j’angoisse car cela pourrait affecter l’enfant. Donc, je me suis mise à stresser de ne pas arriver à déstresser (pff). Je te confirme que c’est possible, et que cela s’appelle un cercle très vicieux. Les monitorings quotidiens ne faisait qu’affoler mon compteur d’hypocondrie. Surtout que Fils Aîné était déjà adepte du cache-cache (plus tard, il l’a pratiqué en grandeur nature dans les magasins) (haha …ha). Inutile de t’expliquer que dès que le GPS (Le Gynécologique Positionning System) perdait le signal du cœur du bébé, c’est le mien de cœur qui oubliait quelques battements.

Heureusement, Fils Aîné est né en bonne santé et à terme.

Mais pour moi, c’était trop tard. L’angoisse était ancrée comme ma cellulite post-grossesse.


Les premiers mois.

Ayant eu moi-même un frère décédé de la mort subite du nourrisson, difficile de ne pas y penser … Genre … tout le temps.

Enfin dès qu’il dormait. Ceci dit, et sans doute pour rassurer sa maman, Fils Aîné ne dormait que très peu …

Ce qui signifie que je passais une partie de mes journées à pleurer pour qu’il s’endorme enfin, et l’autre partie à stresser qu’il ne se réveille pas  🙄

Avec le recul, je me rends bien compte que si en 2008, j’avais appris l’existence des systèmes à placer sous le matelas du bébé pour détecter la moindre anomalie dans leur respiration, j’aurais acheté les yeux fermés. Peu aurait importé le prix.

A la place, j’ai acheté un babyphone, histoire de l’entendre même si j’étais à l’autre bout de mon château (Appelle-moi Pénélope) c’est à dire à 10 mètres de son berceau. Grand max.

J’ai dû arrêter d’aller l’écouter respirer avant de me coucher … il y a deux ans. Ouais, j’aurais bien continué jusqu’à sa majorité mais nous lui avons acheté un lit mezzanine, et franchement, c’est beaucoup moins pratique pour le flicage parental de respiration …


La première fièvre.

Fils Aîné a eu sa première fièvre à l’âge de un an. Je lui suis gré d’avoir attendu 11 mois avant d’activer une nouvelle frayeur dans mon organisme.

Je me rappelle parfaitement cette première night fever (pour la musique dans la tête, c’est cadeau !), et de son premier doliprane. Déjà j’ai craint à une réaction allergique. Genre œdème de Quinck (ON SAIT JAMAIS !). J’ai donc décidé de le veiller toute la nuit. Raisonnablement. Hum. Ensuite, j’ai souhaité vérifier l’efficacité du médicament sur son organisme. J’ai donc pris sa température toutes les demi-heures pour pouvoir constater la baisse effective de la fièvre. Enfin j’appelais LdmJ à chaque prise pour lui donner le suivi de la courbe. Au quatrième réveil, il m’a retiré de force le thermomètre (des mains hein 🙄 ) et m’a conseillé de le laisser dormir d’aller me coucher.

Fils Cadet quant à lui a eu sa première fièvre vers ses trois mois soit une semaine après avoir débuté la crèche. Moi qui étais très fière de mon allaitement « all inclusive » et qui pensait que c’était cela qui avait protégé son frère pendant sa première année, j’ai compris que lorsqu’un enfant de trois mois commence la crèche en plein milieu de l’hiver … bah allaitement total ou pas, il va morfler. Et il a. Une grosse otite qui l’a fait hurler de douleur une nuit entière (c’est toujours la nuit BIEN SUR), et comme tout semble plus terrifiant la nuit, entre deux crises de panique (difficile de les savoir malades quand ils sont si petits et si fragiles ) j’ai pris la décision en pleurant de ne JAMAIS REFAIRE D’ENFANT. Trop d’angoisses à gérer.


Les peurs irrationnelles.

  • N’aurait-il pas une paupière qui tombe plus à gauche qu’à droite ?
  • Ne boîte-il pas légèrement ? Serait-ce un rhume de hanche ou s’est-il fait mal en tombant ?
  • D’ailleurs  pourquoi il tombe tout le temps quand il court ? C’est sûr il a un problème d’équilibre, peut-être l’oreille interne, ou plus grave ?
  • Il a toujours mal au ventre à droite après être allé faire pipi, qu’est-ce que cela peut bien être ?

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Mais ma pire phobie reste le saignement de nez. Fils Cadet y est assez sujet à ma grande désolation. L’hémorragie nasale me rend complètement hystérique. C’est complètement irrationnel mais je crains à chaque fois que cela ne s’arrête pas. Un début d’épisode de Six Feet Under m’a traumatisé, je crois.

Une phobie que j’ai bien entendu transmise à mon Cadet. Il faut dire qu’avoir une mère dont l’angoisse totale se lit sur son visage quand tu saignes du nez ne doit pas être particulièrement apaisant. Comment peux-tu être détendu en te tenant le nez avec un mouchoir quand ta mère roule des yeux affolés en face de toi tout en répétant comme un mantra : « C’est bientôt fini, oui, c’est bientôt fini », plus pour se convaincre elle-même que pour te rassurer  …

Je tiens à préciser que j’ai énormément de mal avec les saignements de nez de mes élèves également. Mais j’arrive bravement à leur tendre des mouchoirs (en couinant).


La chute sur la tête et le possible trauma crânien.

La première fois que c’est arrivé à Fils Aîné … Imagine un enfant de 18 mois qui se retourne prestement pour descendre de tes genoux et qui s’éclate la tête contre le coin de la table basse (saleté de tables basses  … toujours dans un mauvais coup). Bref, cette première fois … il était 20h30.

Je pose d’ailleurs ici une question importante issue de ma modeste expérience : pourquoi un enfant tombe toujours sur la tête JUSTE AVANT LA NUIT. Quand plus aucun médecin n’est disponible, que la fatigue de fin de journée de ton petit te semble soudain complètement anormale, et qu’il va falloir le faire dormir alors que justement il ne faudrait pas qu’il dorme !

Ce soir-là, j’ai donc appelé Médigarde. Après quelques questions, le médecin m’a expliqué que :

« Bah y’a rien à faire, juste le surveiller ». Ah.

« Toute la nuit. » Aaaah.

« Il faudra le réveiller toutes les deux heures » Aaaaaaaaaaargggh …

« Et puis continuer de le surveiller les trois prochains jours aussi. »  AAAAAAAAAAAH … TROIS JOURS QUAND MÊME !!!

Putain, cela va être long trois nuits sans dormir 😫

Evidemment, si toi tu ne dors pas durant la nuit qui suit, ton enfant n’apprécie que modérément de se faire réveiller durant sa phase de sommeil profond …

A minuit, nous nous sommes donc retrouvés,  essayant de réveiller l’Enfant Premier profondément endormi … Au bout de 5 minutes, au désespoir, nous avons opté pour la solution du gant de toilette humide dans sa face. Comme il ne se réveillait toujours pas complètement, nous avons hésité entre aller aux urgences ou se convaincre que le fait qu’il ait tenté de m’arracher le gant des mains en me griffant trois épaisseurs de peau … avant de se rendormir 😫 … signifiait qu’il n’avait rien. Un dilemme parental de plus (mais nous sommes restés à la maison).

Récemment, c’est Fils Cadet qui s’est explosé l’arrière de la tête à la piscine (en courant entre le vestiaire et les douches) ( et pourtant il sait bien qu’IL NE FAUT PAS COURIR A LA PISCINE BORDEL !) (pardon) Il ne nous l’a pas dit tout de suite. Son père s’en est aperçu en lui séchant les cheveux : il avait une extension de crâne à l’arrière de la tête, façon extra-terrestre dans Mars Attacks (pour te dire qu’il ne s’était pas loupé). Évidemment il était 19h … Difficile de savoir s’il allait bien ou pas, sachant qu’il refusait totalement d’expliquer comment c’était arrivé (le bougre avait peur d’être puni). Et devant son enfant mutique qui a soudain trouvé très judicieux d’enfiler ses vêtements avec un seul bras (juste parce que c’était rigolo) difficile pour LdmJ de ne pas imaginer un trauma crânien. Je l’ai donc retrouvé complètement paniqué en rentrant. Ce fut reparti pour une nuit surveillance (ouèèèè) (mais je dois avouer que maintenant, je les secoue légèrement, et s’ils grognent, je considère que c’est okay) (comme quoi, même l’hypocondriaque peut se raisonner)(surtout quand elle est fatiguée …)


La peur des microbes

Plus particulièrement ceux liés à la gastro. Surtout qu’un de mes collègues a failli perdre sa fille d’une gastro violente à 18 mois. Je te passe les détails, mais pourquoi l’hypocondriaque trouve toujours un proche avec un truc  horrifique à lui raconter, hein ?

En tout cas depuis que j’ai entendu son histoire, le moindre vomissement me donne des vapeurs (et la nausée).

Et puis franchement … Si l’otite de Fils Cadet m’a fait comprendre qu’un enfant n’était pas envisageable pour ma santé mentale, la première gastro familiale m’a entièrement conforté dans ce choix (ce jour-là, j’aurais pu me ligaturer les trompes avec du fil barbelé …) (ouais, enfin … si je n’avais pas eu aussi mal au ventre).

Bref, nous sommes devenus obsédés par les mains propres. Au point qu’au restaurant, quand je sors des toilettes devant les enfants, j’ai presque envie de leur crier « NFS, chimie, iono !!  » (oui, je sors les mains levées et je pousse la porte avec mon postérieur pour ne plus rien toucher) (seuls les vieux fans d’Urgence me comprendront).

Sinon, évidemment, je fais toujours bien attention aux dates de péremption des aliments frais … Enfin sauf aujourd’hui justement.

 

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Quand tu comprends que ton enfant vient de manger le dernier Petit Suisse périmé depuis trois semaines, que tu laissais traîner dans ton frigo par excès de flemme.


La lecture de la notice des médicaments.

A chaque nouveau médicament, je dépèce la notice. Surtout deux points :

Quels sont les effets secondaires ?

Histoire de bien délirer à chaque prise sur une éventuelle allergie, de traquer le moindre bouton rouge suspect (ceci dit, c’est arrivé avec les antibiotiques à base de pénicilline pour Fils Cadet).

Par contre, tous les médicaments où il est clairement indiqué « risque de somnolence » (qui est clairement un effet secondaire désirable le soir) (oh ça va 😛 ) n’ont jamais rien provoqué chez eux, et d’ailleurs ils ne les ont jamais soignés non plus. On ne fera jamais croire que le sirop antitussif ait la moindre utilité (et il ne fait pas dormir mes gosses) (arff).

Est-ce que le médecin ne s’est planté dans les doses à administrer ? Bon okay, la seule fois que les doses données sous ce toit ont été fausses, je l’ai raconté ici, et c’était absolument de ma faute, mais bon ^^’ :  tout le monde peut se tromper.

Bref, c’est compulsif : il faut que je lise les notices, histoire de rajouter une couche de stress.


Quand les médecins ne font pas d’efforts.

Mais finalement pour l’hypocondriaque, le pire est la communication  avec le médecin de son enfant.

Bon c’est vrai je suis du genre relou. A poser des tas de questions (souvent à côté de la plaque) ou à donner des précisions complètement hors sujet :

– Oui bon, il a vomi ce matin mais il avait eu également un caca liquide il y a dix jours …

(Je suis une relou glamour).

Mais tout de même certaines paroles des médecins sont là pour nous embrouiller, non ?

Par exemple, après le déplâtrage du bras (coude inclus) de Fils Aîné, il avait beaucoup de mal à tendre le bras (le mécanisme  semblait complètement grippé), je me suis dit que c’est sans doute normal après une immobilisation d’un mois mais je craignais que le problème initial persiste (il avait eu un petit arrachement osseux au niveau du coude). Pour me rassurer complètement, j’ai demandé au chirurgien qui semblait pressé de terminer la consultation :

– C’est normal qu’il ait mal en tendant le bras ? 

– C’est logique …

Me voilà donc rassurée :

 close call relief sarah chalke phew sweet relief GIF

« Tu vois Fils Aîné, il ne fallait pas t’inquiéter » (hum)

Mais il a continué :

C’est pas normal, mais c’est logique.

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Sur ces paroles sibyllines, il nous a reconduit vers la porte. Et j’ai même pas osé lui dire que je n’avais pas compris.

Par contre, une fois rentrée, je me suis demandée s’il fallait que Baptiste voie un ostéo, ou un kiné ou … MERDE. Je me fatigue toute seule.


Bref dans l’ensemble, je panique facilement alors que mes enfants n’ont jamais eu de gros souci de santé.

Je sais que c’est nul mais je n’arrive pas à contrôler mes angoisses les concernant. J’aimerais arrêter d’avoir les mains qui tremblent et le QI qui se barre à chaque fois que leur température monte. Je voudrais être l’un de ces parents super zen, qui contrôle tout. Une mère calme et rassurante.

Je lance donc un appel à témoins, façon « C’est mon choix » (ou toute autre émission de début d’après midi un tantinet voyeuriste)

  • Ton enfant a mal au ventre depuis 5 minutes, et tu imagines déjà que c’est l’appendicite ?
  • La fièvre sans aucun symptôme te rend hystérique ? MAIS QU’EST-CE QU’IL A ENFIN ????
  • Tu as les mains qui tremblent quand le téléphone sonne et que tu vois écris « école » en numéro entrant ? (alors que tu avais juste oublié de signer le mot de la veille).

Bref, si tu te reconnais, n’hésite pas à m’en parler. Viens on se fera une thérapie pourrie, à base de « Mais pourquoi ? »

(Tu peux aussi me contacter en MP si toi aussi tu as été traumatisé par la dernière saison de Homeland 😯  )


*** GÉNÉRIQUE de FIN ***


A la semaine prochaine 😀

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • Cette dent noire, le dentiste nous a dit de la surveiller, mais quand est-ce que je dois m’inquiéter ? Concretement ?

 

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