[ La BANDE-ANNONCE VIDEO de cet épisode dont le son est la reprise par LdmJ d’un morceau de T-Rex  est accessible en cliquant sur ce texte ]

 

Tout a commencé en lisant les premiers mots de la quatrième de couverture d’un livre qu’on venait de m’offrir : « L’histoire se passe au début du siècle … », aussitôt je m’imagine un roman ambiance Downton Abbey, je visualise de jolies robes vintages et des coiffures rétro. Je continue ma lecture : « dans un lycée de Province » . Ouais bon, c’est Downton Abbey mais en France … avec des profs … en blouses bleues.

Je feuillette la première page : « L’an 2000 approchait… » Et là , le choc !  Fini Downton Abbey, l’histoire de ce livre se déroule au début de CE siècle, pas du siècle dernier.

Mais c’est vrai que pour moi, le siècle contemporain est celui au cours duquel je suis née.

Alors que j’expliquais ma méprise, Fils Aîné est venu enterrer enfoncer le clou : « Mais maman ? C’est vrai : tu es née au siècle dernier ? HANNNNNNNNNNNNNNN c’est vieux ! »

Et là je me suis imaginée être Violet Grantham racontant les eightees …


*** GENERIQUE ***

Sauf que Violet était une femme des années … 1880

***

Fils Aîné m’a donc demandé de lui raconté le siècle dernier, et j’ai commencé par un sujet qui le touche.


Les voitures

… étaient moches ! 

Oui, toutes.

Sans exception.

Leurs lignes tout en angles semblaient directement sorties d’un dessin de voiture d’enfant. A cette époque, tu aurais pu être designer automobile à 8 ans, Fils Aîné ! Un rectangle avec des roues et tu étais incroyablement novateur  🙄

Je te présente la  voiture de mon père : une 305 avec banquette en cuir brun à l’arrière :

Peugeot_305_GR_1981

(hummm je me souviens encore de la bonne effluve de plastique cramé quand elle restait trop longtemps au soleil)

(et le mal de crâne qui s’en suivait)

(sans compter que cela te brulait les cuissots).

Si ce n’est pas facile à dessiner une 305 ! Un bateau à l’envers, des phares rectangulaires et hop ! le tour est joué.

Bon okay j’avoue : la Corvette de Magnum était sympa …

screen-shot-2015-01-08-at-9-50-50-pm

Mais là, nous étions plutôt sur une ligne triangulaire … et … il s’agit d’une Ferrari sur la photo.

(HAAAAN, j’étais persuadée que Magnum avait une corvette ! )

Le siège-auto n’existait pas  et même PIRE : les ceintures à l’arrière n’étaient pas obligatoire. D’ailleurs la 305 n’en possèdait pas.

Quand on partait en vacances très tôt le matin,  j’avais donc le droit de terminer ma nuit en m’allongeant sur mes frère et soeur (privilège de Petite-Dernière). Mon repose-tête était les genoux de ma soeur, son bras gauche faisant office de bouclier central et mon repose pied étaient les genoux de mon frère. Certes,  il y a bien eu le funeste jour où, dans un virage, alors que j’étais nonchalamment appuyée contre la portière arrière droite, cette dernière a soudainement lachée sous mon poids l’effet de la force centripètoufuge. Je remercie chaleureuseusement ma soeur qui m’a rattrapée par la taille, sinon, je ne serais plus là pour te le raconter. C’était un bon bouclier central, tu vois !

… Ouais : les sièges autos c’est très bien finalement.

Les phares étaient jaunes poussin. C’était laid effectivement, mais à ton âge c’étaient les blancs que je trouvais moches, parce qu’ils éblouissaient drôlement plus quand nous croisions un abruti en plein phare (pardon, ce sont les propos de mon père) (jamais, je ne m’énerve en voiture personnellement) (JAMAIS BORDEL).


La télévision

Je vais te révéler un truc de guedin*  : nous n’avions pas de télécommande.

Il fallait donc SE LEVER pour éteindre l’écran/pour monter le volume/pour baisser le volume/pour changer de chaîne/pour Danette. En ce qui concerne le changement de chaîne, ce n’était pas si grave puisque, dans nos montagnes, nous n’en captions que 3 … et même aucune après un orage (notre relais se prenait A CHAQUE FOIS la foudre) (Il était donc HS les deux jours suivants) (au moins) (pour le réparer, nous imaginions qu’il fallait grimper en rappel une pente escarpé de 82%).

Ainsi petite, dans la cour de récré,  je jouais à Eden Capwell et non pas Samantha Micelli (poke Béa) : parce que le soir je regardais TF1 au lieu de M6 ! Comment cela tu ne connais ni Eden ni Sam, Fils Aîné ? Ouais remarque, toi tu ne regardes pas non plus PBLV. Tu aurais sans doute échappé à tout cela.

Nous avions besoin d’une antenne parabolique pour capter les deux chaînes supplémentaires : d’après mes parents, il fallait donc être millionnaire (au moins).

Nous n’avions ni magnétoscope VHS, ni lecteur dvd (inventé à la fin du siècle, je le rappelle).

La télé en replay était de l’ordre de la science fiction. Tu ne pouvais donc rien mettre en pause : si t’avais envie de faire pipi pendant la diffusion de ton émission préférée … ben crois-moi que tu te retenais !

Quand on ratait l’épisode des Cités d’Or du mercredi après midi, eh bien ON RATAIT L’ÉPISODE ! On pouvait juste espérer le revoir lors de la prochaine rediffusion … l’année suivante, donc.

Là, tu prends conscience de la portée inimaginable de la punition « privée de télé le mercredi après-midi ! ». La punition de OUF, quoi 👿  !

Et tu comprends nos prières hebdomadaires pour qu’il n’y ai pas d’orages les deux jours précédant le mercredi.

 


Le téléphone 

On n’aimait pas trop ça.

Parce que … Les téléphones étaient reliés au mur par un putain de fil !

IMPOSSIBLE DE SE BARRER AVEC.

Personne ne pouvait s’isoler pour parler en toute intimité, car évidemment le téléphone se trouvait au milieu du salon ! Toute la famille profitait de tes discussions passionnantes. Ceci dit, les parents n’étaient pas mieux lotis. : ils devaient répondre à Mamie Simone avec en fond sonore la télé qui beuglait à plein volume, puisque que PERSONNE ne voulait se lever pour aller baisser le son.

Et puis comme si ce n’était pas encore assez indiscret, les téléphones possèdaient un petit écouteur rond à l’arrière, ainsi n’importe quelle personne de ton entourage pouvait venir écouter ta conversation, tranquillou bilou.

Quand je voulais téléphoner aux copines … c’était un supplice. Je devais forcément passer par leurs parents, et je détestais parler au téléphone à un adulte. Alors à moins de se donner un horaire d’appel, nous étions obligés de commencer notre conversation par : « Allo Madame Boulard ? Oh pardon Monsieur Boulard … 😳 Arghhhh, euhhhh,  c’est parce que c’est votre femme qui d’habitude prends le télé… oui, pardon : je pourrais parler à Brigitte s’il vous plait ? »

Ceci dit, on le faisait quand même, notamment pour rattraper les cours quand on était malade. Aujourd’hui, mes élèves sont surconnectés, ils ont même accès à leurs devoirs via internet mais curieusement : personne ne récupère plus rien. Rha de mon temps, au moins … QUOI ? ah oui, je radote.

Je te passe la période où, étudiante, je devais faire la queue aux cabines téléphoniques le mercredi soir, pour pouvoir parler à mes parents. Ah, tu ne sais pas ce que c’est ? Mais si …. Tu vois les cabines dans la rue où se cache Superman pour se changer ? Voilà. Et bien il y avait un téléphone dedans. Tout à fait, ce n’était pas un porte-manteau pour accrocher sa cape.

Le temps perdu également à attendre des copains devant la FNAC de Nancy parce que personne ne pouvait prévenir en cas de retard.

C’était l’époque ou les possesseurs d’un tam-tam me faisaient rêver. Nan, ce n’étaient pas des percussions. Disons que cela a servi à envoyer les premiers textos. Hein ? Ouais, des Sms si tu préfères …

tamtam_s

Cela a remplacé le pigeon voyageur, si tu veux …

Oh j’ai finalement eu droit aussi à mon téléphone-portable-frigo.

 en dernière année de fac.

C’est moche.


La musique

J’écoutais des faces A et des Faces B.

Sur un baladeur à cassettes.

Quand je voulais passer une chanson de ma compil  « L’année 92 »  je devais faire avance rapide : vvvvvvvvvvvvvVVVVVVvvvvvvvvvv, et bien sur j’allais toujours trop loin, alors je faisais retour rapide vvvvvVVVVVVVvvvv, et c’était fun, enfin long surtout quoi.

Certains copains avaient la fonction auto-reverse qui leur permettait de ne pas retourner leur cassette à la fin de la première face: 3 secondes de gagnées AU MOINS et la chanson n’était pas coupée ! Je les enviais grave.

Quand je voulais écouter une chanson que je ne possèdais pas  :  ben … je ne l’écoutais pas. Ou je priais pour qu’elle passe en radio. Mais bon, dans les montagnes, nous ne captions pas grand chose en FM. Quand enfin elle passait sur NRJ (ahem), je réussissais parfois à l’enregistrer grâce à mon enregistreur à cassettes séparé (oui, nous n’avions pas non plus de chîne hifi). Certes il me manquait le début de la chanson (le temps que j’installe mon bazar) et puis j’avais tous les bruits de fond de la maison  ainsi qu’un souffle permanent. Mais j’étais contente. Fallait savoir se contenter du minimum. Du mini-minimum.

Puis la technologie a évolué. Au début de ce siècle, j’ai ainsi pu graver des cds, mais il fallait bien faire une simulation avant, parce que cela plantait une fois sur deux et on perdait un cd pour rien … Et il ne fallait surtout pas toucher au PC pendant la gravure sinon tout foirait également (et on perdait le cd donc).

Bon maintenant, toi t’as Youtube et des clés USB.

Et les vinyles de ton papa ?

Certes.


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En même temps, mettre une cassette dans un baladeur : ce n’était pas si facile (dirait Cookie Dingler)

 


Les Ordinateurs et l’Internet (oui, on dit l’Internet chez les vieux)

Petite je n’avais pas d’ordinateur à la maison.

Encore moins Internet.

Quand on voulait se documenter (pour un exposé par exemple) : on prenait la grosse encyclopédie en 20 volumes que Mamie nous avait offerte, et on vérifiait longuement toutes les références données par le sommaire (références écrites en taille de caratère 6, bien sûr) Volume 5 page 540c    Volume 7 page 218 a  … et d’ailleurs malgré cette lecture compulsive, on ne trouvait jamais exactement ce qu’on cherchait.

Quand on avait besoin d’un renseignement pratique, il fallait fouiller dans le monticule de prospectus qui traînaient sur la commode de l’entrée (et qu’ils ne fallaient surtout pas jeter !) ou, bien sûr, téléphoner.

Quand on était malades, on ne consultait pas Doctissimo mais Le Quid.

Puis le premier ordinateur a intégré notre foyer : enfin … un minitel,  responsable de certains de mes propos obscures actuels, du genre : « Nan, mais 36 15 Ta Vie, quoi ! »

C’est aussi à cause de cette antiquité, que j’ai ricané en entendant le nom de la dernière tempête qui s’est abattue en France … Ulla … Franchement (Je t’expliquerai plus tard).

En vrai, on ne s’en servait jamais, car même si cela ressemblait à un ordinateur, même si on se connectait à un semblant de réseau, en vrai : il ne servait à rien.  Il m’a cependant été utile 3 fois : lors de mes résultats de CAPES (mais bon, deux fois sur trois, j’ai eu envie de le jeter contre le mur du salon après l’avoir utilisé).

Puis Internet est apparu :

(merci aux traducteurs, cette vanne nous a fait la soirée)

J’ai découvert son utilisation à la fac. Jeune adulte, fraîchement diplomée ayant enfin acquis mon premier ordinateur, j’ai pris un abonnement.

Un abonnement internet.

Hahaha. Pardon. (Mais ceux qui ont connu les premiers abonnements savent).

Encore une fois, il ne fallait pas être pressé : 3 minutes minimum pour que cela se connecte, puis on voyait s’afficher sur l’écran : « Votre connexion a échoué » ! Parfois il fallait relancer la connexion 10 fois. C’était chiant mais c’était le jeu. Sauf qu’il n’y avait rien à gagner, mais beaucoup de temps à perdre …

Et pourtant, on n’en avait justement pas beaucoup … du temps, vu qu’on avait des forfaits de 2 heures par mois ! (oui, à peu près le temps moyen d’une journée aujourd’hui), autant te dire que nous n’avions pas intérêt à perdre trop de temps en surfant. Comme chaque page mettait 10 minutes à se charger, cela nous rendait légèrement dinguo. Il y avait tout de même des techniques pour aller plus vite : ton ordinateur te proposait de ne pas voir les images par exemple. Le site s’affichait mais juste en texte. Ce n’était pas très lisible, certes, mais plus rapide. Je me rappelle aussi que j’écrivais les réponses de mes mails sur Word hors connexion et ensuite hop copié/collé dans mon  navigateur. D’ailleurs, je ne faisais que du mail (du caramail, même) . Le reste était trop chronophage.

Bien sur, j’avais des copains (millionnaires) (au moins) qui avaient des connexions, genre de … 10 heures ! Mais bon, 10 heures quand ça rame : c’est long pareil.

 


Bref, tu l’auras compris Fils Aîné. Au siècle dernier, il fallait savoir être patient …

Un concept un peu dur à comprendre aujourd’hui, où tout est créé pour répondre au Culte de l’Immédiateté.

De mon temps, on  …. EHHHH POURQUOI TU PARS ???

 


*** GENERIQUE DE FIN ***

Bref après ces éclaircissements … Vieille ou pas vieille ?

 

***

(*) Les expressions notées en vert sont sooooooooooooooooooo XXème siècle !

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