[ La BANDE-ANNONCE VIDEO de cet épisode dont le son est la reprise par LdmJ d’un morceau de METALLICA est accessible en cliquant sur ce texte ]

 

 

J’ai eu une enfance heureuse. J’ai d’ailleurs partagé mes madeleines récemment et la plupart sont sirupeuses et tendres à souhait.

Mais honnêtement, si je réfléchis bien, ce ne fut  pas si magique que cela. Il faut aussi savoir se rappeler les mauvais côtés de l’enfance afin de pouvoir apprécier la liberté de sa vie d’adulte.


*** GÉNÉRIQUE ***

Non, rien de rien.


***


 

Voici tout ce que je ne regretterai JAMAIS de mon enfance :

Mon Look.

Triste période capillaire … vestimentaire … oculaire.

 

J’ai pris conscience récemment que gamine, je ressemblais à Georges Clooney … Ouais.

Une copine a déterré une photo de lui dans ses jeunes années:

ht_august_clooney_grade_school_photo_100224_ssv

Si, c’est Georges Clooney.

Oui, ça fait peur.

Maintenant tu peux jouer au jeu des 7 différences avec moi :

Capture

Même mèche mal coupée, même lunettes cerclées de ferraille grand format qui mange la moitié des joues (au moins mes lunettes ont le bon goût de ne pas être teintées)

Seule différence : il portait un col roulé en lycra et moi ma plus belle blouse (spéciale photo de classe) (celle avec le nœud pap’).


Etre la petite dernière.

J’étais la troisième, née 7 ans après Fille Cadette. J’étais également la dernière de toute une flopée de cousins garçons tous à peu près du même âge (celui de mon frère et ma sœur).

Quand l’été, les grands s’inventaient des scénarios à base de cow-boys ou d’espions, ma sœur était toujours celle qu’on ligotait à un pommier dans le pré (elle représentait la demoiselle en détresse) (genre Kirsten Dunst dans … tous les Spiderman) et moi on m’enfermait dans une chambre (j’étais le « bébé » à sauver). C’était super intéressant comme rôle tu en conviendras (bon j’admets que celui de ma sœur n’était pas terrible non plus).

J’ai longtemps eu l’impression d’être complètement passée au travers de l’Âge d’Or. Je rêvais d’étés, comme les décrivait la Comtesse de Ségur dans Les Vacances, et je trouvais la réalité un peu décevante … Ouais parce que jouer à Destins – Le Jeu de la Vie … toute seule, c’était un peu la lose tout de même (enfin, j’étais pas tout à fait toute seule) (je jouais contre mon ami imaginaire) (oui, oui, ça va maintenant). Mes cousins, frère et sœur devenus des grands ados n’avaient plus du tout envie de jouer une partie de Monopoly avec une gamine de 8 ans mauvaise joueuse. Étonnant, non ?

Sans compter que j’ai récupéré absolument toutes les merdouilles de mes aînés (fringues, vieux vélos, lits, astrapi …) (t’as déjà essayé de lire des magazines d’actualité enfantine avec 7 ans de retard ?) (ben c’est naze) .

tricycle-691587_640

J’avais le même (en 3ème fessier main cependant)


Les copines d’école qui n’étaient pas trop des copines (en fait)

Comme sans doute la plupart d’entre vous, j’avais des amies particulièrement moqueuses. La cour de récréation a toujours été une jungle … même en 1984.

Elle se foutaient de moi à la moindre occasion (okay, les occasions étaient nombreuses) Parce que  au choix :

  • J’avais des fringues moches.
  • J’avais des lunettes.
  • Je ne faisais pas « tennis » en activité extra-scolaire.
  • Je devenais pivoine dès qu’un garçon m’adressait la parole.
  • Je ne savais faire le truc compliqué à l’élastique (tu sais quand tu dois croiser tes jambes en te retournant et retomber sur les élastiques à hauteur de cuisses) (Tu y arrivais toi ?)
  • Je jouais à Santa Barbara dans la cour avec mes autres copines pas populaires (ouais, c’était peut-être la honte, mais je jouais le rôle d’Eden QUAND MÊME, oh !!!)

Remarque, cela aurait pu être pire : elles ne savaient pas que je jouais à Destins toute seule.


Le Jardin de ma Grand-Mère.

11270182_833289640086785_7350825025444338542_n

Ou autrement surnommé : Jardin de l’Angoisse.

Aucun enfant n’aime manger des haricots. Certes. Mais j’avais une raison toute particulière de détester ce légume abominable.

Ma mère cultivait une partie du jardin de ma grand-mère, et y plantait principalement des haricots. L’été, nous passions de nombreux dimanches après-midi dans ce faux eden Capwell. Ramasser quelques haricots sur deux rangées aurait pu être sympa comme occupation de plein air (à défaut de faire du tennis) (« Oh regarde, je m’éclate dans le jardin !! »). Le problème, c’est qu’il y avait plusieurs rangées longues de 10 mètres chacune (au moins) … remplies de ces fucking légumes verts.

Ces deux heures de cueillette en pleine cagne étaient une véritable épreuve.

Surtout quand tu as 10 ans.

Surtout quand les bras te démangent jusqu’au menton (la feuille de haricot a un côté obscur piquant).

Surtout quand tu trouves cela dégueulasse le haricot.

Venait ensuite le lundi matin.

AHHHHH les lundis matins d’été ♥

Quand les paniers de haricots nous narguaient dans un coin de la cuisine. Et là, je te parle pas de mignons petits paniers en osier, mais plutôt de GROS cylindres tressés dont la base avait un rayon de 30 cm, et d’une hauteur d’environ 80 cm (je te laisse calculer le volume de légumes cueillis) (#FunWithMaths).

Quand ma mère renversait un seul de ces paniers sur la table, ma sœur et moi poussions des soupirs très éloquents devant la montagne verte ainsi formée. C’était bien simple : on ne se voyait plus.

Nous passions ensuite tout la matinée à équeuter les bestioles pour les mettre dans des sachets de congélation.

Mais c’était pas le pire finalement.

Le pire, c’était sans doute d’écouter La Valise RTL en même temps 🙁

Nous héritions du trio gagnant quand ma mère décidait de faire, non pas des sachets de congélation, mais des conserves. Après l’équeutage, nous devions alors enfiler les haricots par poignées au fond des bocaux, en alternant le sens de remplissage.

Il fallait ensuite appuyer comme une dinguotte sur chaque poignée placée pour en mettre le maximum possible dedans. Je me vois encore debout avec mon poing au fond du bocal en train d’hurler à la radio rageusement: « MAIS POURQUOI ILS NOUS APPELLE JAMAIS FABRICE ? SI ON GAGNAIT CETTE FOUTUE VALISE ON POURRAIT S’ACHETER DES BOITES DE HARICOTS !!! »

Ce à quoi ma mère répondait doctement :

« Allons, allons, c’est pas bon les haricots en boîte »

Ouais, ben ses conserves non plus. Encore aujourd’hui rien que de voir des haricots dans une bocal j’ai la nausée. Beurk et rebeurk.

 

Mais dans le jardin de ma Grand-Mère, il n’y a avait pas que des haricots ♥

N’est pas le jardin de l’angoisse, qui veut.

Il y avait aussi des pommes de terre. Et qui dit pommes de terre, dit … doryphores. Les bestioles pas du tout gerbantes qui bouffent les feuilles de patates.

Doryphores2

Les larves avec, c’est cadeau.

Mes aïeules ne mettaient aucun produit chimique sur leurs légumes. Donc les doryphores, on les enlevait à la main un par un (ou deux par deux s’ils avaient décidé de nous faciliter le travail en copulant), puis on les faisait cramer dans un seau d’eau brûlante. Priceless.

Bon okay toute gosse, j’aimais bien ramasser les doryphores, je trouvais cela marrant (oui, il n’y avait pas que mon look qui était space).

Puis j’ai grandi et j’ai trouvé cela franchement dégueu.

Ado, j’étais à la limite de l’évanouissement à chaque descente dans les raies de patates :

« Haaaaaaaaaaa, non, mais c’est pas possible, regarde il m’a fait pipi dessus !!! Et les larves sont … gluantes ! »

« HIIIIIIIIIIIIIIIIIII, celui là s’accroche à ma main !!! »

« Han mais pourquoi doit-on les tuer après ? C’est trop injuste ! »

En vrai, même si je prônais leur liberté de vivre, j’t’aurai foutu un bon coup de Round Up sur tout ça moi ! (QUOI ?)


Les visites chez le dentiste.

Ma mère m’a toujours prétendu que notre dentiste était un as. Le meilleur. Personnellement je trouvais que le père de Vic (dans La Boum) (sans commentaire) était infiniment plus sympathique que ce vieux grincheux qui râlait tout le temps, mais bon.

Quand j’ai vu un autre dentiste pour la première fois, j’étais étudiante. Et je me souviendrai toujours de la remarque de ce dernier en découvrant mes dents :

– C’est qui le boucher qui m’a précédé ?

Au temps pour le virtuose de la fraise que m’avait décrit ma mère (surtout que depuis, chaque dentiste rencontré m’a dit la même chose en découvrant mes dents).

Je t’explique.

J’avais les mâchoires qui tendaient à s’inverser (héritage de mon père ♥ ) : celle du bas menaçait de passer devant la mâchoire du haut ce qui m’aurait fait ressembler au mieux à un bouledogue, au pire à un Minion violet :

MIN17-LOGO-360x360

Même à cette époque lointaine, très lointaine, plusieurs protocoles de soin existaient pour enrayer ce phénomène, notamment la pose d’un appareil dentaire. Bah, avec mes lunettes de l’espace et ma frange asymétrique, j’aurais eu le look « horror » intégral, et au moins j’aurais pu être sacrée Reine d’Halloween chaque année. Ah ouais, on fêtait pas Halloween en 1984 en Easteros.

Mais mon dentiste a dû avoir pitié de ma future vie sociale adolescente et a choisi une autre voie : il a décidé de m’ôter plusieurs molaires définitives pour espacer tout cela et permettre à mes mâchoires de se réorganiser dans le bon sens. Je ne peux pas dire que cela n’a pas fonctionné : aujourd’hui ma mâchoire supérieure est belle et bien devant.

Le soucis réside dans le fond de ma bouche.

Tu as 32 dents ? Moi j’en ai 24  … En gros j’ai une molaire tous les quinze mètres …

Je te rassure : on s’habitue à avoir les noyaux de cerise qui se coincent entre deux dents, hein.

620e94a93fe7a2ff5e48d25df58adc81

 

Pendant une année complète j’ai vu le dentiste presque chaque mercredi après-midi. BON OKAY je ne jouais pas au tennis, mais j’avais Dentiste en activité extra-scolaire 🙄

Les arrachages de dents ne se faisaient pas sans douleur. Cependant ma mère m’expliquait que j’aurais dû m’estimer heureuse, vu qu’il endormait ma gencive (avec une aiguille monstrueuse) (certes).

OUAIS BEN HEUREUSEMENT !

Les années 80, ce n’était pas l’âge de pierre non plus. Ceci dit, il faisait quand même extrêmement mal. La légende urbaine (ma mère quoi) prétend qu’un jour je l’ai mordu très fort alors qu’il me triturait une dent. Remarque j’ai bien un vague souvenir où je le vois se tenant la main :

– Mais c’est pas vrai : elle m’a mordu !!! Votre fille m’a mordu !!!

Assez jouissif comme souvenir.

BREF.

Je plains mes enfants de devoir également en passer par là (Fils Aîné a déjà eu le bonheur de se faire soigner sa première carie) (depuis il est devenu un acharné du brossage de dents). Mais heureusement, même si notre dentiste actuelle n’est pas une personne très aimable (je crois qu’elle n’aime pas les enfants), c’est une excellente praticienne ! – et toute ressemblance avec des faits déjà arrivés serait purement fortuite –


J’ai d’autres mauvais souvenirs à partager avec toi (la liste est longue en fait)

Si ce billet t’a plu, je les évoquerai peut-être dans un autre épisode !

Et toi que ne regrettes-tu pas de ton enfance ?


*** GÉNÉRIQUE de FIN ***

LdmJ m’a suggéré ce générique :

(moui, peu probable que j’y eusse pensé moi-même) (je n’ai aucune idée du temps que je viens d’employer) (Karya va me faire une réflexion sur ma non-maîtrise de la conjugaison, JE LE SENS 😛 )

 

***

Rendez-vous sur Hellocoton !
25 Comments