[ La BANDE-ANNONCE VIDEO de cet épisode dont le son est la reprise par LdmJ d’un morceau de ARCHIVE est accessible en cliquant sur ce texte ]

 

 

Aujourd’hui, un billet spécial où tu auras le droit de t’exclamer « Ahhh, les gens ! » à chaque fin de paragraphe. Ne me remercie, c’est cadeau 😛

Je précise que j’ai entendu chacune des phrases évoquées dans cet article (et, concernant certaines, plusieurs fois).


*** GÉNÉRIQUE ***

Me prends pas la tête, merci.

***


Etant quelqu’un de plutôt introverti et cruche, j’ai toujours eu beaucoup de mal à remettre en place une personne indiscrète.

Voici toutes les réflexions auxquelles j’ai eu envie de répondre « Mais, F_ _ K YOU ! » (mais je ne l’ai pas fait, parce que ce n’était pas trop trop gentil)

Quand j’étais célibataire.

Alors ? Toujours pas de chéri ?

Je ne comprends pas cette question, parce qu’il est évident – si je suis suffisamment proche de la personne qui me la pose – que je l’aurais déjà renseignée en cas de rencontre sérieuse, et si je ne suis pas suffisamment proche de cette personne pour lui parler de mes affaires de cœur … je ne vois pas en quoi cela la concerne.

Et c’est toujours infiniment désagréable d’avoir à répondre  NON à ce genre de question, vu que ton interlocuteur enchaîne immédiatement avec :

T’inquiète, ça viendra au moment où tu t’y attendras le moins.

Encore une réflexion bien stupide, car je ne me suis jamais dit en réveillant : « AH,  je m’attends à rencontrer quelqu’un aujourd’hui ! » -__-‘

A moins d’être accro à l’horoscope, à la configuration des astres ou d’avoir une voyante qui déchire, tu vas forcément rencontrer l’amour à un moment où tu ne t’y attends pas.

Et puis pourquoi précéder cette phrase de « Ne t’inquiète pas » comme si toutes les filles étaient programmées pour désirer à tout prix être en couple ? Bon okay, j’avoue qu’à chaque fin d’année célibataire, je me sentais limite désespérée :

friends animated GIF

(j’étais donc désespérée … à 23 ans, hein) (avec le recul, je me rends compte que j’étais surtout stupide 🙄 )

Et ils ont toujours une idée précise d’où et quand :

Tu vas le rencontrer au lycée.

Raté. (Quoique …)

Il faut sortir ! Tu vas le rencontrer à des soirées étudiantes.

Raté.

Tu vas rencontrer ton futur mari à Lourdes !

Oui, bon, ce dernier point mérite éclaircissement. Je n’étais pas désespérée au point de faire brûler un cierge dans la grotte de Bernadette …

Chaque année, ma sœur et moi accompagnons le pèlerinage des malades easterosiens à Lourdes. Pendant une semaine, nous étions hospitalières (nous faisions le travail d’aide soignante auprès des pélerins). C’est vrai que plusieurs couples se sont formés là-bas parmi les hospitaliers (moins qu’à ‘Tournez Manège’ ceci dit). Mais enfin … prédire que nous allions rencontrer l’amour « à Lourdes » pouvait être mal perçu. D’ailleurs pour l’anecdote, mes camarades de classe et moi avions bien ricané quand nous avions appris qu’une de nos profs de seconde avait rencontré son mari à Lourdes. J’ai moins ri quelques années plus tard, quand je l’ai croisé en tant qu’hospitalière là-bas et que j’ai pris conscience qu’il risquait de m’arriver la même chose. Finalement, la grace divine ne m’a pas touché (LdmJ n’aurait jamais mis les pieds à Lourdes 😛 )

Parmi ce flot de bons sentiments teintés d’une pointe de pitié, j’avais aussi une copine plus désabusée :

NON ! Reste célibataire, les mecs sont tous des connards.

Un peu manichéen et tristounet quand même.


 

Quand j’ai rompu avec Jean-Bernard.

La copine qui t’aide à ne pas l’oublier :

OHHHH, mais quel dommage, il était TOP Jean-Bernard ! Il était … [Place ICI toutes les qualités merveilleuses de JB]

La copine qui veut t’aider mais qui ne t’aide pas du tout :

Ben tant mieux, c’était quand même un gros connard Jean-Bernard ! Je voulais pas te le dire, mais  le mois dernier, je l’ai vu avec l’autre pouff de Barbara et … Ben pourquoi tu pleures ?

L’ami compatissant :

Ohhhh ma pauvre !!! Ne t’inquiète pas, je suis sûre que vous allez vous remettre ensemble très rapidement.

A chaque rupture, quelqu’un m’a affirmé que mon couple allait se reformer dans les plus brefs délais. Alors, je signale quand même, que nous ne vivons pas dans une série télévisée … seul endroit où les couples se forment (au bout de deux loooOOOOooongues saisons) se séparent (naaaaaaaaaaaaaaaaan!)(une saison plus tard) et finalement se remettent ensemble (à la fin de la dernière saison). Dans la vraie vie avec des vrais gens, quand on se sépare, c’est terminé, fini … OVER. Surtout quand Jean-Bernard t’a quitté en affirmant :

« En fait, je suis pas amoureux de toi. »

Non mais quel connard, ce Jean-Bernard !


 

Quand je parlais de mon futur métier.

Tu veux être prof de maths ? AHHHH, tu veux faire comme ta sœur …

Encore un qui a tout compris. J’ai maudit toutes les personnes qui me l’ont dit. Alors certes ma sœur et moi exerçons le même métier et, certes, elle est plus âgée que moi, donc on pourrait penser qu’elle a eu l’idée avant moi. Cependant, elle a suivi cette voie à la fin de ses études alors que d’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu enseigner les maths. C’était donc très pénible à entendre … J’avais l’impression qu’on me soupçonnais de n’avoir aucune ambition personnelle et d’être un petit mouton.

 Prof de maths ? Ah bon ? Tu ne veux pas reprendre le magasin de ta maman ?

Les clientes-petites mamies de ma mère avaient au moins le mérite d’être rigolotes. « Non Madame, je n’ai pas une maîtrise de maths (une quoi ?) pour devenir droguiste » (oui, ma mère était droguiste) (non, elle ne jouait pas dans « Weeds »).


 

Quand c’est devenu sérieux avec LdmJ.

Au bout de 6 mois :

Alors, vous vous mariez quand ? (ma mère)

Au bout d’un an :

Alors, vous vous mariez quand ? (les copains)

Au bout de deux ans :

Alors, vous vous mariez quand ? (ma boulangère)

Au bout de 3 ans :

Alors, vous faites un bébé quand ?

… Alors que nous comptions nous marier l’année suivante. Mais cela n’intéressait plus personne : nous étions manifestement passés au level supérieur.

 


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Si j’étais un peu douée en dessin, je pourrais compiler ces réflexions dans une BD que j’appellerais : « La Vie Secrète des … Presque Jeunes ».

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Après mon mariage 

Bon alors ce bébé, c’est pour quand ?

La question que JAMAIS je n’aurais osé demander à qui que se soit. Après tout, rien ne te dit que la personne à qui tu la poses, n’essaie pas d’avoir un enfant depuis de longs mois.

Mais certains pensent que ta vie doit ressembler à leur fond d’écran d’ordinateur : d’abords des selfies d’eux par centaines, remplacés par des photos de leur chat, puis par des photos de couples et ENFIN des photos de bébé.

Je pense que les personnes supra-intéressées par ta vie privée ne te lâcheront pas tant que tu n’auras pas de bébé sur ton fond d’écran, peu importe que tu préfères en rester aux clichés de ton chat.


Après une fausse-couche assez traumatisante.

Je n’avais pas envie d’en parler, de gros câlins suffisaient. Mais nous avons quand même entendu de nombreuses fois :

Vous êtes jeunes, vous en aurez plein d’autres !

Ce sont des mots très difficiles à entendre, parce que :

a/ Je n’en voulais pas d’autre, je voulais celle qui n’était plus là.

b/ A moins d’être devin, on ne balance pas un truc qui n’est pas sûr de se réaliser. D’ailleurs, deux mois plus tard, mon utérus a fait son rebelle et un obstétricien l’a sauvé de justesse. Alors quand j’ai encore entendu cette phrase quelques jours après, ce fut une des rares fois où j’ai répondu de manière TRÈS désagréable à la personne concernée. Et je ne regrette pas.

Pour relativiser, ma mère a vécu l’horreur la plus totale, quand elle a perdu mon frère âgé de  7 semaines de la Mort Subite du Nourisson. Et pourtant, une de ses clientes lui a dit :

Heureusement qu’il était encore petit, vous n’aviez pas encore eu le temps de vous attacher …

Réflexion d’une cruauté et d’un manque d’empathie inimaginables, millésimée 1976.

Après ma fausse-couche, j’ai repensé à ma mère et au traumatisme bien plus violent qu’elle avait subi.

Je me suis demandé si, à sa place, j’aurais pu continuer à vivre et à me battre. Et heureusement qu’elle l’a fait, sinon, je ne serais pas là pour te l’écrire.


 

Parfois dans la vie, tu enchaînes les périodes difficiles. C’est ainsi que quelques mois plus tard :

A l’enterrement de mon père.

Une réflexion qui ne m’a pas été adressée directement : elle a été dite à ma mère par une de ses « amies ». Et je trouve que c’est quand même un MUST de la réflexion déplacée.

C’est votre fille cadette ? Je l’aurais jamais reconnue !!! Elle qui était si jolie à son mariage …

Ouais, je n’étais particulièrement à mon avantage ce jour-là. J’avais troqué ma jolie robe de mariée contre un ensemble pantalon noir de grossesse peu saillant, et mon joli sourire contre une mine de papier mâchée aux yeux bouffis. C’est vrai que j’aurais ou faire un effort, tout de même …


 

Après la naissance de mon premier enfant.

Vous en voulez combien ?

Me demander cela, alors que mes cernes criaient clairement que je ne dormais que trois heures par nuit (et que Fils Aîné hurlait une grande partie de la journée), me donnait juste envie de répondre « Un seul » et de me ligaturer les trompes.

Et le deuxième c’est pour quand ?

Ils demandaient mais en fait « tout le monde » avait son avis sur la question et tenait à  partager son opinion avec moi (même si je m’en foutais):

Les faites pas trop rapprochés ! C’est trop fatigant !

Le faites pas trop tard, ils ne seront pas complices !

N’en faites pas qu’un seul, il s’ennuiera !

N’en faites pas un nombre impair : il y en a toujours un qui est à part.

Sans oublier le merveilleux :

Ne tardez quand même pas trop : vous ne rajeunissez pas.

… par une quasi-inconnue. Priceless.


Après la naissance de mon deuxième enfant.

Là je pensais vraiment être peinarde avec les questions pénibles sur ma vie privée. J’avais un mec, deux gosses et j’avais bien précisé à TOUT LE MONDE (même à ma boulangère) que nous n’en voulions pas d’autres.

Naïve que j’étais, j’avais oublié un fait essentiel : j’avais deux enfants oui ! Mais deux GARÇONS. Et donc …

Alors la petite fille ? Vous la faites quand ?

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Entendue environ 3 000 fois pendant les trois premières années de la vie de Fils Cadet. A chaque fois, je répondais par une grimace … J’ai toujours rêvé d’avoir une petite fille … et  je savais aussi qu’on ne fait pas un dernier enfant pour … « faire une petite fille ». Donc cette réflexion m’a toujours profondément attristée et j’aurais dû le dire à mon interlocuteur. En même temps, je n’avais pas envie de m’épancher auprès de la première personne venue.

Ceci dit, depuis 2 ans plus personne ne me le demande ! C’est donc officiel, je suis devenue trop vieille pour qu’on s’intéresse à mon utérus ou à ma vie sentimentale.

Que nenni, certaines personnes sont encore très en forme :

Tu sais qu’à votre âge soit on divorce, soit on fait le troisième ! Alors ?

Alors ? Ben, j’hésite 😛


Je n’allais pas te quitter sans te confier une des expressions les plus gênantes que j’ai eu à entendre, et qui m’a été adressé par une charmante enfant de 6 ans :

(En pointant du doigt mon popotin) Mais pourquoi c’est gros, là ?

Et, c’est encore plus savoureux lorsque cette remarque est distillée en plein cœur d’un dîner familial …


 

*** GÉNÉRIQUE de FIN ***

BREF …

***

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