Comme je le confiais dans le précédent billet, le fait de devenir mère m’a permis de découvrir l’humilité (en toute simplicité 😉 ).

Je ne pourrais plus juger les autres parents comme je le faisais avant (et je ne m’en privais pas). Si je regarde en arrière, je prends conscience que mes beaux principes de nullipare ont quasiment tous disparus.

Finalement élever un enfant, c’est l’art de faire sans cesse des compromis …

Déculpabilisons ! Tout doit pouvoir être sujet à négociation (surtout quand nous sommes fatigués 😉 )


 

 

*** GENERIQUE ***

Don’t judge me (pour le choix de ce générique )


Jamais de tétine tu ne donneras.

C’est le premier principe que j’ai envoyé aux oubliettes (enfin pas totalement).

A la maternité, j’avais besoin de sommeil (48 h sans dormir c’est difficile tout de même), mais Fils Aîné pleurait beaucoup et je devais le laisser au sein à longueur de journée pour l’apaiser. Trois jours à ce rythme et j’étais vraiment fatiguée. Une première sage femme m’a proposé une tétine (enfin à mon bébé). Je lui ai dit que c’était inconcevable : mes enfants n’auraient jamais de sucettes. Ouais, je serai forte. 12 heures plus tard, j’ai supplié les sages femmes de la lui mettre dans la bouche.

Au final, malgré ma faiblesse, Fils Aîné n’a jamais eu de tétine. Il l’a toujours recrachée (et c’est pas faute d’avoir essayé de lui mettre dans le bec). Donc quelques mois plus tard, je pouvais pavoiser :

« Naaaan, Fils Aîné n’a pas de tétine, on est contre, m’voyez ! »

Ouiii, j’ai dit cela.

Hmmmmm. Même pas honte (raclement de gorge).

L’histoire ne précisera pas que Fils Aîné n’avait CERTES pas de tétine, mais qu’il lui a fallu, pendant deux ans, un (petit) biberon de flotte pour s’endormir (nan, c’est pas pareil).

L’histoire ne dira pas non plus que Fils Cadet a accepté avec bonheur la tétine le jour de ses 1 mois et l’a précieusement conservée pour s’endormir jusque … tard.

Bon, nous sommes quand même restés fermes sur certains points : pas de tétine en journée. Enfin … sauf en cas de gros bobos … ou de petits bobos … ou de gros chagrins … ou de petits chagrins … ou de  … Enfin bref, on va pas chipoter non plus.


Bon, okay il a eu une tétine MAIS :

De cette tétine tu te débarrasseras le jour de tes deux ans.

« Tu es grand maintenant, tu n’as plus besoin de tétine pour dormir, tu vas me la donner geeeeeentiment … sans me mordre, merci »

EPIC FAIL.


De cette tétine tu te débarrasseras le jour de tes trois ans.

Son troisième anniversaire étant arrivé super vite (à peine quelques mois plus tard), nous avons retenté l’expérience : « Tu es grand maintenant, blabla ».

Après quelques nuits hachées, nous avons reculé (encore). Ouais, mais le sommeil, c’est sacré (surtout le mien).

Finalement, c’est lui qui a décidé de s’en passer vers 3 ans et demi. Mais là encore, j’ai fait des concessions. Il ne l’avait plus pour s’endormir mais s’il se réveillait la nuit et qu’il me la réclamait pour replonger dans les bras de Morphée, je la lui donnais. Cela a duré encore quelques semaines. Puis, ce fut complètement fini.

Comme quoi, vouloir se débarrasser de la tétine du jour au lendemain aurait été une erreur avec lui : il a préféré s’en passer en douceur.


 

Jamais avec ton enfant tu ne dormiras.
Source : http://chroniquesetcrottesdebique.blogspot.fr

Source : http://chroniquesetcrottesdebique.blogspot.fr

Mais allaiter un nourrisson en position allongée, c’est quand même super pratique … En fait, je n’aurais jamais osé si, à la maternité, les sages-femmes ne m’avaient conseillée de le mettre dans le lit avec moi (en remontant les barrières latérales). Au départ, je ne voulais pas, mais après l’échec de la tétine, elles m’ont expliquée que la montée de lait serait facilitée et que je pourrais mieux me reposer. Ce dernier point a pesé dans la balance. Pour Fils Cadet, dès la deuxième nuit (la première il a dormi tout son saoul), j’ai moi-même remonté les barrières et je l’ai installé à mes côtés.

A la maison, il ont également passé les premières semaines avec nous, puis nous avons transféré le couffin dans la chambre, puis le couffin dans leur lit à barreau … dans leur chambre. Les bébés font plein de tous petits bruits qui te donnent toujours l’impression qu’il se passe un truc pas normal (alors qu’en fait, il respire comme ça) (en grognant).


 

D’amuuur, tu ne l’étoufferas pas.

Avant d’avoir des enfants, j’aimais bien regarder certaines émissions un peu douteuses :  j’écoutais religieusement l’avis de Marcel Ruffo sur les petits (ou gros) tracas que certains parents venaient confier dans ‘Allo Ruffo’ Ne me tapez pas, j’étais null(e)i, je le rappelle.

Puis quand Fils Aîné fut parmi nous, j’ai commencé à remettre en question certains de ses propos. Par exemple, allaiter plus de 6 mois n’était pas le mal, comme il le suggérait fortement …

J’ai même commencé à le trouver franchement réac’.

Puis franchement con.

Je me rappelle particulièrement d’une maman qui lui avait confié (dans un accès de faiblesse) que son conjoint était inquiet quand à la relation qu’elle entretenait avec son fils. Ce dernier avait 7 ans et, le soir devant la télé, il aimait bien se coller contre elle et enrouler des mèches de cheveux maternels entre ses doigts. A écouter le Marcel, on aurait dit qu’il y a avait un manquement éducatif grave à laisser un enfant faire cela à sa mère. Il comprenait tout à fait le désarroi du père et affirmait qu’elle devait dire à son fils de cesser (il lui aurait parlé pédophilie, je me demande s’il aurait eu l’air plus inquiet). A l’époque, je l’avais trouvé un peu dur dans ses propos, mais je m’étais dit qu’à 7 ans son mioche pouvait comprendre quand même.

Sauf que …

Sauf que Fils Aîné a 7 ans. Samedi dernier, lors de notre traditionnelle soirée pizza, alors que j’avais la tête de Fils Cadet coincée sous mon épaule droite et celle de Fils Aîné coincé sous la gauche, j’ai repensé à ce pédo-psy de salle d’attente. Je me suis demandée s’il verrait d’un bon œil la place du père dans notre charmant tableau (LdmJ se contentant des pieds de Fils Aîné sur ses genoux, après avoir ramassé les miettes par terre avec la pelle et la balayette).

Mon 7-ans ne tripatouille pas mes cheveux (mon 38-ans si !)  mais il vient toujours me faire un dernier gros câlin avant chaque dodo. Ben, c’est drôlement bien, n’en déplaise à Marcel Premier.


*** COUPURE PUBLICITAIRE ***

Marcel a aussi un avis sur les notes à l’école (évidemment :p )


De purée maison et de lait maternel exclusivement tu le nourriras.

J’aimerais tout de même que me soit décernée une médaille car j’ai tenu 15 mois à ce rythme pour Fils Aîné, avec un travail à temps plein et des tirages de lait nocturnes.

Puis pour le deuxième, alors que j’étais mieux équipée (juste matériellement) (j’avais toujours les mêmes boobs hein), j’ai commencé à acheter des petits pots et à pratiquer l’allaitement mixte vers 5 mois (alors que je travaillais à temps partiel). Et j’ai amèrement regretté de ne pas l’avoir fait pour le premier car j’étais nettement moins fatiguée. Il faut rester à l’écoute de son corps.


Lors de tes vacances, à la crèche jamais tu ne le mettras.

Je ne comprenais pas mes collègues qui faisaient garder leur enfant pendant les vacances scolaires. Non, mais c’est vrai … Tu as fait des enfants pour t’en occuper non ? Je ne disais rien, mais j’étais très vieille conne réprobatrice envers ce genre de comportement, alors que WTF chacun fait comme il veut. Et surtout comme il peut !

Il y a 7 ans, dès que l’un de nous deux sortait du collège (on était à temps plein), il allait chercher Fils Aîné. Nous travaillions nos cours avec lui dans son parc, lui sur nos genoux, lui dans nos bras. C’était peu pratique, mais nous réalisions quelques économies et nous avions l’impression de faire ce qui était juste. Alors que concrètement, nous étions fatigués, sur les nerfs, nous ne faisions pas forcément correctement notre travail et donc le petit pâtissait sûrement de notre humeur de chien.

Avec Fils Cadet, nous avons changé totalement de façon de faire : il était gardé 10 h sur 4 jours quelque soit notre emploi du temps. Les bénéfices ?  Du temps pour réaliser notre travail correctement (j’étais à 80% mais j’avais demandé mon mercredi matin pour m’occuper d’eux), des moments complices avec juste l’Aîné le soir et – BONUS ! -pendant la première semaine de chaque période de vacances, il passait les matinées à la crèche et nous n’avons JAMAIS culpabilisé de faire ainsi. C’était vraiment plus facile et, quand je le regarde aujourd’hui, je ne crois pas qu’il soit traumatisé.

Maintenant, quand j’observe des collègues faire de même dès leur premier enfant, je me dis qu’ils ont drôlement raison.


De repas équilibrés tu les nourriras et toujours en famille tu mangeras.

Je crois avoir été traumatisée par certaines séquences de ‘Super Nanny’ (oui, je regardais vraiment des emmissions de chiottes) (c’est bon, ça va) . Nous y voyions régulièrement des enfants manger seuls et de façon anarchique à différents moments de la soirée. Je trouvais cela hyper tristounet …

Pis bon …

C’est sympa de manger juste entre adultes : sans cri, sans pleur, sans morceaux de repas qui tombent au sol, sans assiette à terminer … et chaud.

En semaine, nous mangeons les repas du soir sans nos enfants alors qu’ils sont couchés. Ils mangent vers 19 heures ensemble mais sans nous (enfin physiquement au moins un de nous deux est dans la cuisine).

Quand au repas équilibré le soir ? La plupart du temps, c’est okay, mais je reconnais que parfois, ben … comment ça les chips, c’est pas des légumes ?


Une salle de jeux, mon salon ne sera pas !

HAHAHA, mais ceci dit, j’ai presque réussi ; ce n’est pas une salle de jeux : c’est une ludothèque/médiathèque ou une salle d’attente de pédiatre.

Tout est à leur disposition : leur coin lecture, une dvd-thèque et bien sur les bacs de jeux. J’ai appris récemment que c’était très Montessori Friendly notre organisation. Et toc !


Aucun écran avant trois ans il ne regardera !

exercise animated GIF

Entièrement réussi pour le premier, nous sommes trop forts (si on excepte les bouses sur M6 que je regardais en l’allaitant) (encore!) (mais cela ne compte pas vraiment, non ?)

Par contre, il faudra m’expliquer comment tu réussis à appliquer la même règle pour le second , HEIN !!! Tu le mets où le deuxième pendant que le premier se mate un petit ‘Cars’ au salon (pendant que ses parents corrigent des copies) ?

Ceci dit, tu as toujours l’option ne pas avoir d’écran DU TOUT chez toi. Si tu es du genre radicale, bien entendu.

Pareil, nous n’avons toujours pas de console de jeu à la maison, mais j’ai dans l’idée qu’une fois qu’elle sera là, le petit voudra y jouer en même temps que le grand. Donc trois ans plus tôt que lui (théorie de la relativité).

 


 

Et je pourrais enrichir cette liste :

  • Jamais mon enfant ne criera en public (no comment).
  • Uniquement des dessins animés de qualité millésimés TT du Télérama, il regardera  (ouais, et Dora l’exploratrice elle emballe l’âne Trotro dans du papier alu …)
  • Jamais le chantage, tu ne pratiqueras (je crois qu’un certain lama aurait des trucs à raconter à ce sujet)

Enfin bon, la liste est comme une division décimale par trois dans deux tiers des cas de toute façon (c’est à dire « infinie » pour ceux qui ne suivent pas).

Faire des concessions avec des idées rigides est une question de survie et de bien-être ! Rester « figés » sur certaines règles est très contre-productif (et fatigant), il faut tester, observer et rester bienveillant (surtout envers nous-même) (bon, envers eux aussi 😉 )


*** GÉNÉRIQUE de FIN***

Ma nouvelle philosophie est moins contraignante !

Rendez-vous sur Hellocoton !

26 Comments