J’ai trouvé l’idée du blog Petits Crayons de Soleil très jolie : retrouver dans ma vieille malle à souvenirs mes premières lectures.

Pour l’occasion, je me suis offert un petit voyage en enfance en recherchant ces livres chez ma maman. Mais certains n’étaient pas là, car beaucoup de mes lectures enfantines ont été empruntées dans la petite Bibliothèque pour Tous de mon village. Ma mère et ma soeur y travaillaient en tant que bénévoles. Je ne compte plus les nombreuses heures de lecture passées dans cet endroit. Je me vois encore sur un pouf vert dans un coin de la mezzanine dévorer des bandes dessinées.


 

– ATTENTION !!! – Ce billet contient des spoilers de romans de la bibliothèque rose ! – Passez votre chemin si vous comptez lire des romans d’Enid Blyton ou de la Comtesse de Ségur, prochainement.

 

Voici donc ma sélection en commençant par mes 6 ans :

1. ‘Oui-Oui décroche la lune’ – Enid Blyton

Mon tout premier livre. Je m’en souviens parfaitement, surtout de cet andouille de Oui-Oui qui voulait pêcher la lune dans une mare. D’ailleurs en repensant à ce livre, je revoyais parfaitement l’illustration dans ma tête. Quelle ne fut pas mon émotion, en la retrouvant telle que je l’avais vue dans mes souvenirs :

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L’histoire est bien niaise évidemment, mais quand tu as 6 ans c’est passionnant et, au pire, tu peux gribouiller sur le livre et colorier les dessins :

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Ce fut mon premier livre de la bibliothèque Rose, j’ai enchaîné avec ‘Fantomette et le Roy’ (à ne pas confondre avec ‘Angélique et le Roy’) et surtout l’intégralité des œuvres de la  Comtesse de Ségur. Parmi ces derniers, celui qui se démarque des autres est sans nul doute :


2. ‘Les Vacances’  – La Comtesse de Ségur

Troisième volet d’une série que j’ai lu une dizaine de fois, ce tome arrive après ‘Les Malheurs de Sophie’ et ‘Les petites filles modèles’.

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Ce que j’ai pu rêvasser devant l’histoire de Sophie et de son cousin Paul. J’ai ri à leurs mésaventures, tremblé quand ils se faisaient gronder, maudit la méchante belle-mère Fichini dont Sophie devait porter le nom (n’importe quoi !) (« De Réan » c’est tellement plus joli que « Fichini » … Oui, j’ai mes répliques cultes). J’ai rêvé d’être aussi jolie et gentille que Camille et Madeleine (j’ai longtemps voulu appeler une de mes filles Madeleine). Combien de fois me suis-je imaginée grandissant dans leur château de vieille noblesse française au milieu d’une campagne fantasmée. Je voulais porter un nom à particule, je trouvais le mien complètement nul (remarque bien qu’il était vraiment très nul).

J’ai dû lire le dernier volet ‘Les Vacances’ une cinquantaine de fois. Je l’ai adoré : je voulais m’inviter dans cette bande d’enfants adorables se retrouvant pour des vacances qui me semblaient merveilleuses. Ce livre sentait le bonheur, les cabanes en bois, les balades en forêt, les cerises, les premiers émois amoureux, mais aussi les orages de fin d’été. Je relisais certains passages à l’envi, comme le retour de Paul et du père de Marguerite que [ATTENTION : SPOILER de l’intrigue !] nous croyions disparus en mer. J’ai les larmes qui montent en écrivant tout cela. C’est grave si je le relis à 37 ans ?


3. ‘Les 20 meilleurs contes’ – euh … collectif

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Evidemment, j’étais fan de contes, surtout ceux parés de jolies Princesses. Qu’ai-je pu compulsé ce volume !!! D’ailleurs, je crois que son état actuel le prouve. En même temps, je n’ai jamais eu la réputation d’être particulièrement soigneuse …

Si j’ai autant apprécié ce recueil, c’est grâce à ses illustrations :  je trouvais que les Princesses et les Princes Charmants étaient trop beaux (j’avais 8 ans).

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Bon le Prince a l’air d’avoir 15 ans, mais quand tu en as 8, tu trouves qu’il est super vieux (et beau).

Fils Cadet, qui est très sensible aux illustrations des livres qu’il compulse, est également tombé en amour devant ce recueil, et souhaite que nous lui lisions deux ou trois contes à chaque visite chez sa Mamée.


4. ‘Les contes du Chat perché’ – Marcel Aymé

Ce recueil de nouvelles fut mon livre de chevet pendant très longtemps. Delphine et Marinette vivaient dans une ferme où tous les animaux étaient dotés de parole, mais seules les fillettes le savaient et pouvaient communiquer avec eux. Elles étaient très complices avec leurs animaux, et souvent ils s’opposaient à des parents assez rudes et autoritaires. Le point de vue adopté par l’auteur est clairement de se mettre au niveau des enfants. Je me rappelle, qu’en le lisant, les Parents m’apparaissait comme une unique entité sans visage, alors que j’associais à chaque animal une personnalité propre. C’est là que résidait en grande partie le talent d’auteur de Marcel Aymé.

Je me souviens particulièrement d’une nouvelle avec un problème de maths … c’était ma préférée … 😉

Il faut absolument que je relise ce livre également (avant de l’offrir à Fils Aîné) !

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5. ‘La Gloire de mon Père’ – Marcel Pagnol

Collégienne, je me suis passionnée pour les livres de Marcel Pagnol. Après avoir rêvé de vivre dans un château ayant appartenu à la vieille noblesse française, j’ai rêvé de vivre dans un mas provençal (remarque, il pouvait y avoir moyen de coupler les deux, comme dans ‘Le chateau de ma Mère’ où la maman de l’auteur fantasmait sur le vieux château qu’ils longeaient quand ils empruntaient – à pieds – le chemin des vacances.

J’ai toujours souhaité partir en vacances dans les villages provençaux décrits dans ces livres, voir s’ils étaient aussi jolis que dans mon imagination. Pagnol les rendaient si vivants que j’entendais chanter les cigales en les lisant.


 

6. ‘Mon Bel Oranger’ – José Mauro Das Vasconcelos.

Jusqu’à présent, je n’avais jamais rien lu de dramatique. J’aimais bien les histoires douces qui se terminaient bien (encore aujourd’hui d’ailleurs). Puis notre professeur de français de cinquième nous a mis entre les mains ce livre que j’ai dévoré et qui m’a profondément marqué.

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Point de nom à particule, point de jeunesse dorée, du soleil certes mais surtout beaucoup de misère. Zézé a 5 ans et vit au Brésil dans une sorte de favela. L’auteur décrit très bien l’endroit ou le héros vit mais curieusement, cela ne m’a pas donné des envies de vacances. Son père est au chômage, il boit je crois, Zézé est un enfant très intelligent qui préfère parler à un arbre plutôt qu’à une famille qui le maltraite (il a de nombreux frères et sœurs et peu sont bienveillants avec lui). Il se noue d’amitié avec un homme riche ému par sa détresse. Nous pensons que ce dernier va l’adopter … ou au moins veiller sur lui, on pense que l’enfant va pouvoir être enfin heureux et … son bienfaiteur meurt dans un accident de voiture … très bêtement.

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J’ai beaucoup pleuré en le lisant.

Je sais que ce roman a une suite que je n’ai jamais lue. Zézé ayant presque l’âge actuel de Fils Cadet, je vais attendre un petit peu avant de le relire.


 

7. Les livres dont j’étais l’héroïne.

En quatrième, j’ai découvert à la bibliothèque des livres de SF interactifs, du genre là :

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Ces romans  permettaient aux lecteurs de choisir, à chaque chapitre, parmi deux directions de récit. Je ne sais pas pourquoi j’en parle au passé, car le concept doit toujours exister. J’étais très, très fan.

Ces livres très cheap m’ont donné gout à la Science Fiction, puis plus tard aux récits de Fantasy. Au lycée,  j’ai dévoré ‘1984′ et ‘La Nuit des Temps’ … entre autres. C’est plus avouable.


 

8. ‘Le Crime de l’Orient Express’ – Agatha Christie.

Je l’ai lu en troisième et ce fut le début d’une grande histoire d’amour entre Hercule Poirot et moi (hummmm, cette moustache 😀 ), mais ce fut aussi la découverte d’un genre littéraire que j’affectionne particulièrement : les romans policiers.

Plus c’est tordu et échevelé, plus j’apprécie. Et Agatha est la Reine des scénarios impensables.

J’aime pas trop me triturer l’esprit et deviner avant l’heure qui est l’assassin, je préfère me laisser porter par ce genre de lecture et tomber des nues dix pages avant la fin quand tous les protagonistes de l’histoire sont réunis dans un petit salon anglais autour d’un thé.


 

9. ‘Au bonheur des Dames’ – Emile Zola.

Voici venu le temps du lycée et son flot de littérature classique. Je les trouvais tous plus rébarbatifs les uns que les autres. J’ai lu plusieurs Zola avant de tomber en amour sur ce dernier. Le seul de la série des Rougon-Macquart qui soit … presque optimiste.

Dans ce roman point de Gervaise verdâtre, mais une joliette Denise qui débute comme petite vendeuse dans un des premiers grands magasins de Paris. L’essor de ce dernier et la mort des petits commerces alentours est certes intéressante, mais j’ai surtout apprécié de lire l’ascension sociale de Denise … bon okay principalement parce qu’elle avait tapé dans l’œil du fils du patron, mais aussi grâce à sa fine intelligence (elle a su se faire désirer).


 

Et enfin, mon roman doudou, lu pour la première fois à 15 ans et une dizaine de fois depuis :

10. ‘Orgueil et Préjugés’ – Jane Austen

Je pourrais t’en parler pendant des heures (je l’avais d’ailleurs déjà fait  ici) mais Sheldon Cooper est bien meilleur critique littéraire que moi (et a poussé LdmJ à le lire aussi) :

 

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Effectivement, cela marche bien 😀


 

Et toi ? Quels livres ont marqués ta jeunesse ?


 

D’autres premières lectures ici :

 

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