LdmJ a suggéré que j’appelle cet épisode « Femme au volant … »

😐

Tu comprendras ma préférence pour un titre plus … sympa.

DONC nous allons parler bagnoles aujourd’hui !

Après tout, Fils Aîné n’a pas le monopole de ce sujet de conversation, même s’il me dit régulièrement : « T’y connais pas grand chose aux voitures, hein ! »

Bon OKAY, je ne sais pas différencier une Peugeot 307 d’une 206 coupé cabriolet (et je m’en tamponne velu) mais MOI, contrairement à mon petit d’homme qui croit déjà tout savoir, j’ai le permis … et accessoirement quelques anecdotes marrantes à raconter (ou pas) (tout dépend de quel point de vue on se place) (et à quelle place on se trouve dans la voiture).


 

*** GÉNÉRIQUE ***

Evidemment, j’étais O-BLI-GEE :


 

Mon père, pour des problèmes logistiques (il utilisait sa voiture pour se rendre sur des chantiers), a toujours possédé des voitures break très moches.

C’était moche, mais c’était pratique.

Mais c’était moche.

Imagine une 404 break qui sent le plastique et les pots de peinture. Voilà, tu y es.

Pour moi, la voiture a donc avant tout un caractère utilitaire. Frimer avec une belle bagnole m’a toujours semblé complètement con. Et j’ai un attachement particulier pour les voitures familiales et sécurisantes (et moches). A 18 ans, je n’étais pas franchement enthousiaste à l’idée de devoir apprendre à conduire.


Le permis.

J’ai pris mes premières leçons de conduite en 1998, à l’âge de 20 ans. Comme mon frère et ma sœur. Mes parents préféraient que nous soyons un peu plus âgés (ils se doutaient déjà que nous ne serions pas très doués) et ils souhaitaient que nous le financions nous-même. Ce fut ma première décision d’adulte responsable (hum).

J’avais mis un peu d’argent de côté grâce à des petits boulots d’été et j’avais également beaucoup économisé sur ma bourse d’étudiante. J’avais comptabilisé que pour pouvoir le financer entièrement, il ne faudrait pas que je dépasse 25 leçons.

Je pensais être large.

25 leçons plus tard …

… Je fais toujours autant flipper mon moniteur d’auto-école. Particulièrement le jour où, sous une pluie battante, j’ai tapé du frein violemment sur la voie rapide, car finalement : non, je ne pensais pas pouvoir doubler ce camion avant la voiture qui arrivait sur ma gauche (à 1 kilomètre). Nous avons zigzagé. Mon moniteur, qui ne s’attendait pas vraiment pas à ce coup d’éclat, s’est quasiment assis sur mes genoux pour récupérer le volant et je crois ne jamais m’être fait autant engueuler de toute ma vie. Comme c’était la première fois que j’accueillais un mec sur mes genoux, je n’ai rien osé rajouter.

 

 

Quelques jours plus tard, il perd sa licence de moniteur (il a été contrôlé par les flics avec un taux d’alcoolémie peu compatible avec son métier) (j’espère juste que ce n’était pas pour se remettre de ses émotions après un de mes passages dans sa voiture). Comme il ne peut plus donner de leçon de conduite pendant plusieurs mois et que j’espère quand même décrocher le permis avant la fin du siècle,  je suis obligée de passer récupérer mon dossier chez lui afin de changer d’auto-école. Jugeant sans doute mon cas désespéré, il semble soulagé de me le rendre. Il rajoute même un « Bon courage » des plus … euh …  encourageant.

Ma nouvelle monitrice, en me voyant arrivé, me sourit:

« Ohhh déjà 25 leçons !!! Je vais bientôt pouvoir vous présenter alors ».

Mais après un heure de conduite, elle me regarde gravement : « Je crois que ça va pas être possible … dans l’immédiat. »

Et effectivement …

… 25 AUTRES leçons plus tard : Ça y est le D-Day, je passe ENFIN mon permis.

Ma monitrice a été très encourageante : « Bah … On va quand même le tenter hein … » (Sur un malentendu, on ne sait jamais).

Je suis donc un chouia stressée. Un chouia. J’ai pas trop envie de rempiler pour 25 autres leçons (déjà que mes parents ont dû me financer les 25 dernières).

Ma monitrice est à l’arrière pendant l’examen, ainsi qu’une autre prétendante au permis, qui en fait est une amie du même village et qui est née le même jour que moi (bon trois ans après). Ouais … je suis une vieille de 21 piges.

Je démarre …  premier carrefour : quelques gouttes s’écrasent sur le pare-brise, je ne les vois pas, d’ailleurs je ne vois pas grand chose : je navigue dans un flou artistique. Ma monitrice le fait remarquer très discrètement  :

« Oh ben tiens, v’là qu’il pleut maintenant … »

Mon cerveau fait les connections synaptiques nécessaires et je mets en route mes essuie-glaces ainsi que mes feux de croisement. L’examinateur se retourne vers mon aide-mémoire et la regarde d’un air sévère. Cela commence mal.

Premier arrêt, je dois effectuer une manœuvre … la pire … ma redoutée : le créneau sur la gauche.

Je sens des gouttes de sueur dégouliner sur mon front, je me répète mentalement :

« Ne monte pas sur le trottoir : c’est éliminatoire ! Ne monte pas sur le trottoir : c’est éliminatoire ! Ne monte pas sur le trottoir : c’est éliminatoire ! … » comme un mantra.

Puis, j’enclenche la marche avant.

Ouais : la marche avant.

Pour un créneau.

Au moment où la voiture va bouger … donc avancer … alors que j’ai le regard rivé à l’arrière (y’a donc un léger problème de synchronisation) … je m’interroge sur le facepalm de ma monitrice.

DING ! Je percute ! Non, je ne percute personne, hein c’est juste une percussion mentale : j’enclenche la marche arrière. Le mec à ma droite ricane et gribouille un truc sur sa feuille, cela m’agace et, contre toute attente, je réussis la manœuvre en un coup. Même ma monitrice semble surprise.

Le reste du parcours se déroule plus sereinement (si on excepte le passage d’un feu un peu limite et ma vitesse de mamie) (mais bon, à 21 ans t’as le droit de rouler comme une vieille), puis je dois sortir de la ville. Je passe un pont et là, j’ai un gros doute. Je n’ai pas vu le panneau « village barré », mais je pourrais jurer qu’il est avant le pont, ou après. Rhaaa je sais plus ! J’augmente progressivement ma vitesse 50-55-60. Si je suis toujours en ville, cela craint gentiment, j’hésite. L’examinateur tapote discrètement sur le levier de vitesse. Ah ouais, je suis toujours en troisième. Bon s’il me signale que je devrais passer une vitesse, c’est sans doute que je peux accélérer. Donc, j’enclenche la vitesse supérieure et là, sans transition, il me dit de me garer sur le bas-côté.

Je ne le sens pas du tout, du tout. J’échange de place avec la prochaine challengeuse et m’installe à côté de ma monitrice. Je la regarde interrogativement, elle se montre désespérément encourageante :

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Alors que nous sommes repartis, l’examinateur se retourne vers moi et me tend un truc. Je ne comprends pas ce qu’il me veut. Le gars s’impatiente, et me dit :

« Ben alors, vous le voulez ou pas ? »

Je prends conscience que ce bout de papier est … rose.

La copine au volant me dit en rigolant : « Je le prends moi, sinon ». Ma monitrice a l’air de penser qu’il s’agit d’un malentendu (comme quoi …)

Trêve de suspense. J’ai décidé de prendre le bout de papier qui me permet de sévir sur les routes depuis 10 ans (et quelques  … ).

N’empêche : j’ai pu frimer pendant longtemps car j’ai eu mon permis du premier coup (Ouaiiiiis !!!)

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Et personne ne m’a jamais demandé combien de leçons il m’aura fallu (bon maintenant, toute personne qui me lit le sait).


LdmJ avons eu le permis la même année  : en 1999, souviens-toi :

Premier accrochage.

Quoiqu’il en soit, et malgré cette longue phase d’ajustement, je n’ai jamais eu de gros souci sur la route.

Bon, okay : le premier jour où j’ai utilisé la voiture de mon père , j’ai « griffouillé » une bagnole neuve sur le parking du CORA …

Flash-back 

Ma première pensée est que mon père va me tuer. Ma deuxième est que ma mère qui est assise à ma droite va me faire la morale (et c’est pire). Effectivement, voulant que j’assume mes actes, elle souhaite que j’attende la propriétaire de la voiture (je préférerais laisser un petit mot) (je suis de sang Bouv) (j’aurais d’ailleurs pu intituler ce billet « En Route »). Mais elle le regrette sans doute quand elle se rend compte qu’elle connait la conductrice de la voiture que je viens de rayer : c’est la secrétaire de son agence d’assurance : oui, précisément celle qui assure la … voiture.

Ouais. tumblr_mc79kthorZ1riiw1do1_500

Dans cette agence d’assurance, ils assurent le suivi clientèle sur place. Il fournissent même les voitures à emboutir. Hahaha. Bon, on en rigolera (longtemps) après, mais sur le moment, on se sent conne.

Ceci dit, elle est charmante et m’explique qu’avec certains stylos spéciaux teintés, il est possible de récupérer des griffures. Et effectivement, elle nous appelle quelque jours plus tard pour nous rassurer : elle a réussi à masquer le méfait. Ma mère a tenu tout de même à lui rembourser l’achat du stylo.


 

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Elle a donc assuré.


Depuis ce jour, il ne m’est (presque) plus rien arrivé de désagréable.

Disons que sur les parkings, j’ai appris à me garer loin des autres véhicules.

Bon, okay il y bien eu quand même :

L’histoire du tupperware le plus cher du monde.

Tout a commencé de façon banale : une réunion tup’ informelle en salle des profs. Un craquage en règle sur une cloche à fromage censée retenir l’odeur des frometons à l’intérieur. En plus, elle était en « promo ». Je ne te dis pas le prix, c’est indécent. 30€. Hahaha (pardon rire nerveux, tu vas comprendre).

Quelque semaines plus tard, mon colis m’attend dans mon casier. Je dois aller chercher Fils Cadet à la crèche et je suis assez pressée, c’est donc seulement dans la voiture, une fois le petit récupéré, que je déballe ma cloche (à fromage). Et merdouille : j’ai deux tup dans mon colis, dont un que je n’avais pas commandé. Je décide de faire un détour et de repasser au collège pour déposer le tup’ en trop dans le casier de la collègue qui s’est occupée de répartir les commandes.

Je dois préciser que c’est la première fois que j’utilise notre nouvelle voiture : un Citroën Berlingo. Nous l’avions achetée quelques jours plus tôt. Une voiture familiale, sécurisante (et moche). L’empattement n’est pas du tout le même que ma petite Fiesta, mais mis à part cela, elle se conduit très bien. J’arrive sur le parking du collège, habituellement je me gare en marche arrière, car je trouve cela plus pratique. Mais pas ce jour là … Je suis pressée, j’en ai pour deux minutes … Je me gare donc en marche avant dans un placement en bataille. Je braque trop tôt comme si je conduisais la Fiesta (j’oublie mentalement tout l’arrière de ma nouvelle voiture). Et j’entends un léger grincement.

Verdict : La porte arrière gauche est légèrement enfoncée (ARGHHHH) (ma première pensée est que je vais me faire tuer par LdmJ) (ma deuxième est qu’il va me faire une leçon de morale – et c’est pire – : « Je te dis toujours de te garer en marche arrière : gnagnagna ») et dommage collatéral : j’ai « griffouillé » (encore) le pare-choc d’une collègue.

« Griffouillé » est vraiment le mot (enfin le néologisme). On ne voit quasiment rien. Je connais très bien cette collègue, je vais immédiatement lui en parler. On regarde ensemble. Je suis mortifiée, mais elle me rassure : y’a vraiment pas grand chose, je lui parle alors confiante du stylo magique. Elle me dit qu’elle verra avec son garagiste et de ne pas m’inquiéter. Ceci dit, je m’inquiète un peu, je pensais franchement que vu qu’on ne voit rien si on n’a pas le nez dessus, elle hausserait juste les épaules. C’est ce que j’aurais fait dans le cas inverse (les diverses griffures sur notre Fiesta me laissent indifférentes) (heureusement pour ma santé mentale).

Mais bon, nous ne sommes pas dans le cas inverse. Et puis c’est surtout le Berlingo qui est enfoncé (d’ailleurs à l’heure où je t’écris, le jeton est toujours dans la portière arrière droite) (au milieu d’autres, hein) (et c’est pas moi qui les ai tous fait).

Bref, nous partons en vacances d’été, je n’y pense plus. Le jour de la prérentrée, ma collègue m’attend avec des devis de trois garages différents : sur chacun est indiqué la même somme de … 400€

POUR UNE MINUSCULE GRIFFURE DE ME… euh pardon, une petite griffure. Mais à priori il y a une petite bosse en dessous. LdmJ est aussi horrifié que moi, il est persuadé que je lui ai menti en minimisant les dégâts. Nous nous rendons donc discrètement sur le parking et je lui montre la voiture de ma collègue. Je crois que sa mâchoire s’est accroché devant le visuel. On a dû se pencher à la lumière pour voir la marque dans le pare choc (et on cherche toujours la bosse). Pour le montant, on se dit que le garage doit changer directement tout le pare-choc …

Mais ma collègue a quand même procédé aux réparations. Et je lui ai fourni l’argent (ce qui était normal hein) (enfin, bon) (je lui en ai voulu quand même 😉 ).Par contre, j’ai pas utilisé l’assurance, j’avais quand même 200€ de franchise et nous aurions récolté du malus.

Depuis ce jour, chaque fois que je prends du fromage dans la cloche de mon frigo, je me dis : « Putain saleté de tup’ à 400 boules » (Tu parles d’une promo).


En fait j’ai plein d’autres anecdotes de voitures à raconter, notamment qu’il ne sert à rien d’hurler « NOOOOOOOON » dans sa voiture quand une autre véhicule recule sur nous sans nous voir : il faut klaxonner (l’autre conducteur n’entend pas le « NOOOOOOOOOOON » même si on le hurle). Inutile également de placer tes deux mains devant ton visage : il te percute quand même.


 

Même si je ne suis pas particulièrement douée au volant, j’ai horreur qu’on me fasse des réflexions sur ma conduite. Ainsi, il est parfois délicat de conduire alors que ma maman est sur ma droite. Bon okay, elle SAIT que j’ai passé plus de 50 leçons (vu qu’elle en a payé la moitié) mais honnêtement est-elle vraiment obligée de me faire des réflexions du style :

– Tu es sûre que tu ne devrais pas mettre tes deux mains sur le volant ???

(et à 10h10 aussi ?) ou encore :

– Ohhhh, ne va pas trop vite !!!

(alors que je roule à 50) ou le classique alors que je suis arrêtée à un stop : elle se penche à mort pour regarder si une voiture arrive sur ma droite bouchant ainsi toute ma visibilité, puis elle se redresse et me dit :

– Ben, tu pouvais y aller, là !

Mais le pire, ce sont ses cris (il paraîtrait d’ailleurs que je pousse les mêmes) quand elle pense que nous allons être percutés. Et elle le pense à chaque croisement, à chaque rond point, à chaque stop. Dès qu’une voiture se rapproche de la nôtre, elle pousse son petit « AHHHHH » super distrayant pour le conducteur. On voit qu’elle a confiance dans les qualités de pilotage de sa fille :p . Remarque, je me rappelle qu’elle faisait régulièrement le même coup à mon père.  Je me souviens particulièrement d’un dimanche soir, où nous rentrions alors que nous avions passé l’après-midi chez ma grand-mère maternelle. Nous roulions dans un bois assez sombre, sur une toute petite route, quand soudain :

– AHHHHHHHHH !!!!!

Mon père a fait une embardée et tapé du frein. Nous avons tous pensé qu’elle avait vu un gibier prêt à bondir sur la voiture, quand elle a rajouté :

– J’ai oublié le lapin chez Maman !

Bon, en un sens elle avait vu du gibier (mais mentalement).

 

Mon père, quand à lui, était plus discret quand il était assis à ma droite, il se contentait juste d’agiter son pied droit : il freinait violemment dans le vide à chaque intersection. Il faisait même de l’Air-débrayage avec son pied gauche. Lui aussi avait toute confiance en sa fille, c’est certain.


 

Je me demande comment je serai avec les Mômes dans quelques années. Espérons que je saurai être de bon conseil … Cela va venir vite : la conduite accompagnée se fera bientôt à partir de 15 ans !

J’espère qu’il seront plus doués que moi (ou que leur père) (pour des raisons d’harmonie dans notre couple, je ne parlerai pas de son permis 😉 ).


 

*** GÉNÉRIQUE de FIN ***

Allez les Mômes, vous pourrez bientôt ‘conduire ma voiture’ 😉

Bip-bip, bip-bip, Yeah !!!

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