Commençons par une  …

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Quand j’étais petite fille et que je voyais ma mère se priver de crêpes (ou de gaufres)  afin que nous en ayons plus, je me disais que je ne pourrais JAMAIS devenir maman. Je trouvais inconcevable d’imaginer pouvoir un jour donner ma part de bouffe à des mômes virtuels, aussi mignons seraient-ils … Mais dans mon esprit d’enfant,  la fonction maternelle semblait entièrement liée à ce sacrifice ultime !

Aujourd’hui, je me dis : « Mais si seulement je ne leur donnais QUE mes crêpes !!! »

Petit tour d’horizon sur tous les petits sacrifices consentis depuis que nous sommes parents (oui, j’aime exagérer, c’est plus percutant) (j’ai rajouté « petits » pour ne pas que des vilaines maman-parfaites-trolls viennent me dire que « NON, être parent ce n’est QUE du bonheur ! ») .

 


 

*** GÉNÉRIQUE ***


 Le sacrifice du paquet de biscuits.

Il devrait y avoir proportionnalité entre le poids d’un enfant et le nombre de gâteaux qu’il est censé engloutir : comme il pèse le tiers de ta masse, il devrait manger trois fois moins de Pim’s  ! (#FunWithMaths). Donc, jusque très récemment, sur un paquet contenant 12 gâteaux, nous en mangions 8 et les enfants 4 : tu remarqueras que, qrands princes de LU, nous leur accordions la moitié et non le tiers de notre part … mais un tiers du paquet (t’es déjà perdu(e) ?).

Mais à cette logique de proportionnalité simple, Fils Aîné préfère depuis peu la logique de la division. Dans un moment d’égarement, nous lui avons expliqué que la division servait à partager de manière équitable (tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents communistes). Donc à la dernière ouverture du paquet, il a crié bien fort :

« Il y en a 12, nous sommes quatre donc chacun en aura … 3 ! »

Eh merde.


Le sacrifice de la soirée pizza.

Les samedis soirs ont toujours été dédiées aux repas caloriques sur canapé (genre raclette/crêpes partie/ tartiflette/pizzas) devant une série ou un bon film. Nous avons longtemps fait perdurer cette tradition : les enfants mangeaient tôt et nous attendions qu’ils soient bien endormis pour sortir les agapes et nous goinfrer.

Depuis le début de cette année scolaire, nous avons (courageusement) (ne le nions pas) sacrifié notre soirée et rebaptisé cette dernière : La soirée pizza. Nous mangeons désormais tous ensemble au salon deux pizzas, nous sur la table basse, eux sur leur petite table jaune.

Reste le choix du film à regarder.

Nous avons trois options :

  • Choisir un film pour enfants mais qui nous plaise également, en suivant les conseils avisés de sites spécialisés, un peu comme celui-ci (il est tout nouveau, je le conseille).
  • Les laisser choisir un film tout pourri genre Scoubidou et le Monstre du Lac (on remercie bien fort LdmJ pour ses trouvailles en vide-greniers) et passer toute la soirée à jouer au mime Marceau dans leur dos :

Ce qui est peut être drôle (okay : cinq minutes)

  • Et enfin : les laisser choisir le film MAIS  boire du vin (beaucoup).

Nous optons régulièrement pour cette dernière option. LdmJ, s’occupant des courses le mercredi matin, sélectionne toujours soigneusement le nectar qui nous permettra d’apprécier le film des enfants.


Le sacrifice de mon sommeil.

Dans une autre vie, j’étais une marmotte.

Depuis que j’ai des enfants, je n’ai pas passé une seule nuit complète sans me réveiller : hé oui, je ne fais plus mes nuits ! De toute façon, je ne dors plus vraiment, je suis en mode « Veille ». Le moindre bruit me fait ouvrir les yeux. Je suis immédiatement et totalement réveillée, prête à intervenir sur tous types de situations d’urgence : vomito nocturne, perte de doudou, cauchemar, besoin de câlin tardif …

Par exemple, Fils Aîné aime bien débriefer ses cauchemars … vers 3h du matin. Oui, parce que le matin, il les a oublié, c’est donc moins pertinent -_-  Quand cela arrive, nous nous asseyons sur sa chauffeuse, et je le laisse me raconter ce qui l’a terrifié (j’ose pas trop l’envoyer bouler, je ne voudrais pas que ces cauchemars deviennent chroniques). La semaine dernière, son Bad Dream était particulièrement flippant : il avait  rêvé de deux lapins. Ouais. Je sais. Mais le premier lapinou avait fini sa course dans des sables mouvants, tandis que le second s’était retrouvé nez à nez avec un jaguar en rentrant chez lui. J’ai écouté sans broncher (et sans me moquer)  … longtemps (il était à moitié endormi, il parlait lentement et les yeux fermés) (d’ailleurs je me demande s’il était réveillé en fait), j’ai hoché la tête, fait un câlin, donné de l’eau, remis de la musique afin qu’il se rendorme plus rapidement  puis je suis retournée me coucher.

Moi par contre, je ne me suis pas rendormie rapidement. Je me suis pas rendormie du tout d’ailleurs -_-

Hier soir, le cauchemar de 4h du mat était un serpent blanc tout vilain qui lui avait frappé la main. Sale bête !


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En fait Fils Aîné a soit rêvé d’un lapin Garou :

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Ou d’un lapin crétin :

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Le sacrifice du goûter.

Ils me manquent beaucoup ces goûters en couple du week-end devant une série, avec paquets de biscuits (divisé en …deux) et thé à volonté. Nous avons regardé Six Feet Under ainsi. Que de bon souvenirs.

Aujourd’hui, mes goûters du week-end, je les passe debout à la cuisine à enchaîner les tartines de confiture et les tartines de miel, jonglant entre le grille pain et le micro-ondes censé me délivrer le chocolat chaud de son altesse royale Fils Cadet à la bonne température (chaud, tiède ou froid, selon l’envie du moment) (et le coefficient de marée).

C’était mieux avant.


 Le sacrifice des randonnées sympas.

J’aimais bien marcher. D’ailleurs, c’était le seul sport que je pratiquais régulièrement.

Avant :  nous marchions d’un pas égal dans un silence bienheureux à peine troublé par le bruissement du vent dans les feuilles et les pépiements des oiseaux.

Aujourd’hui : nous n’entendons plus que des voix aiguës venant du (presque) sol :  « J’ai mal aux pieds » (après 500 mètres de chemin légèrement descendant), « Je veux de l’eau » (tous les 200 mètres), « Chuis trop fatigué » (après avoir couru en hurlant deux secondes auparavant), « J’ai faim : c’est quand qu’on goûte ? » (à 14 h).

Avant : nous marchions d’un pas alerte et régulier, les mains posées sur un léger sac à dos.

Aujourd’hui : nous traînons à tour de rôle un enfant récalcitrant d’une dix-huitaine de kilos. La plupart du temps, nous faisons office de remorqueur et c’est lourd , mais attention ! Parfois l’enfant change soudainement de rythme et de trajectoire (en fonction du nombre de bâtons croisés sur son chemin) et projette violemment notre épaule droite vers le sol … ce sont des exercices de cardio assez rudes pour quelqu’un de non-préparé.

J’ai tout de même un peu d’espoir, car Fils Aîné est devenu un très bon marcheur. Nous attendons que la grâce divine du Dieu de la Randonnée  atteigne également Fils Cadet.


Le sacrifice du thé froid.

Je te l’ai déjà confié : je suis addict au thé. J’en bois jusqu’à 3 par jour. Mais dorénavant, je n’arrive plus à les boire chaud. Entre le moment où je dépose le sachet dans le mug et celui où je porte le divin breuvage à mes lèvres, je suis obligée de faire 10 000 trucs (lire un Tchoupi/jouer au jeu des sept familles/séparer deux Mômes en train de se hurler dessus). Bref, quand je retrouve mon copain le thé : il est froid.  Et moi, contrairement à Fils Cadet, j’aime mieux le boire chaud.

Parfois, je commence de le déguster à la bonne température, puis je dois réaliser une action extrêmement urgente qui nécessite l’utilisation de mes deux mains (mettre en route un DVD/ramasser un Journal de Mickey qui traîne/trouver une pièce de légo manquante) je pose donc mon mug quelque part, puis je l’oublie (appelle-moi Dory) : il restera donc posé toute la journée dans un endroit incongru.

Nous le retrouverons de longues heures plus tard froid et abandonné. Papacube l’avait très bien raconté dans ce billet.


Le sacrifice de mes sens.

Mon odorat :

Avant, je ne supportais pas que la moindre odeur, un tant soit peu désagréable, ne vienne chatouiller mes narines. Après avoir essuyé des bouses atomico-explosives, ramassé des boumis, dû faire face  à 1 000 prouts … je dois avouer (non sans honte) qu’il faut mettre la dose pour que cela me gêne.

Mon audition :

J’ai déjà consacré un billet complet à ce souci.

Fils Cadet ne parle qu’en hurlant : il semblerait que le deuxième enfant d’une fratrie ait besoin d’un plus grand espace sonore afin de trouver sa place. Je pense qu’il l’a trouvée et l’a entièrement re-sonorisée …

Il y a également un autre détail qui me fait songer que j’ai dû perdre une partie de mon audition : parfois, alors que je suis en pleine conversation, mon interlocuteur s’interrompt et me fait comprendre qu’un de mes enfants veut me parler. Il semblerait que ce dernier crie « Maman !!! » depuis deux bonnes minutes et pourtant je pourrais jurer ne pas l’avoir entendu. LdmJ a une théorie à ce sujet : d’après lui,  je l’ai entendu, mais mon cerveau a classé l’information dans le dossier « bruits indésirables ».

Mon goût :

Euh … Oserais-je l’avouer ? Mais quand je termine l’assiette de mes enfants (il ne faut pas gâcher de bons légumes) … que je soupçonne des morceaux pré-machés et que je les avale quand même, c’est que mes papilles gustatives se sont fait la malle depuis longtemps …

Ma vue :

C’est un peu l’histoire de la robe blanche ou de la robe bleue : tout objet/dessin/truc fabriqué par mes enfants devient magnifique à mes yeux. Peu importe ce qu’en pense le reste du monde.

Par exemple, observe cet animal fabriqué dans de l’argile :

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Tu vois un chat avec une tronche ratatinée, n’est-ce pas ?

PAS DU TOUT !!! C’est un lapin de Pâques très choupi. Et je l’ai décelé au premier coup d’œil.

Par contre, ma vue reste correcte quand je regarde les machins hideux ramenés par les gamins des autres. Nan mais sérieusement ?

Le Toucher.

Ma plante de pied est devenue insensible aux attaques groupées de playmobils et autres pièces de légo égarées.

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Même pas peur.

Contrairement à celle de Fils Cadet :

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Le sacrifice des soldes

Je pars faire les soldes avec des envies de nouvelles robes, de jolies tuniques, et éventuellement d’un petit chapeau pour l’été ; je reviens avec un pantalon taille 7 ans et une casquette Spiderman. No comment.


Le sacrifice de notre vie sociale.

Inutile de dire que sortir en couple relève de l’utopie grave.

Quand à sortir en famille …

Nous hésitons à nous rendre chez des amis sans enfants, car ils n’ont pas de jouets dans leur maison.

Nous hésitons à nous rendre chez des amis avec des enfants, de peur que les nôtres associés aux leurs retournent leur maison.

Nous hésitons à inviter des amis à la maison, car nous sommes fatigués le samedi soir et qu’il faudrait faire du ménage AVANT (ce qui est très con, vu l’état dans lequel sera la maison APRES).

Bref, à force d’hésiter, on ne fait pas grand chose.


 Le sacrifice de … mon corps de rêve.

Non, non, je ne me prends pas pour Barbie Pétasse : il s’agit d’une Private Joke et je sais que je vais faire hurler de rire quelques personnes en écrivant ceci 😉

Mais c’est en partie vrai. J’aimerais rien retrouver mes jolies formes d’avant grossesse. Je n’ai jamais réussi à perdre les quelques kilos pris suite à l’allaitement du deuxième. Donc cette année, je fais plus de sport et je fais attention à mon alimentation. J’ai arrêté de grossir, mais je ne maigris pas vraiment non plus.

 

Comme nous sommes dans une série américaine à gros budget (laisse moi rêver), il faut que je termine cet article par un flot de bons sentiments. Donc je dirais que malgré tous ces sacrifices :

 


*** GÉNÉRIQUE de FIN ***

 

Dis donc : demain, c’est déjà les vacances pour la zone A (d’ailleurs l’année prochaine, on migre en zone B) ! Comme d’habitude, la série sera donc en pause deux semaines.
Si j’ai le temps (et surtout l’inspiration), j’essaierai de publier quelques billets en bonus DVD.
Bonnes vacances à ceux qui ont la chance d’en avoir et à très vite 🙂
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