Après t’avoir dévoilé mon côté gaffeuse puis révélé que j’étais une fille nostalgique, je continue d’explorer certains traits relous de ma personnalité. Je suis de diverses manières et à différents degrés souvent frustrée dans mon travail (d’ailleurs il faudra que j’écrive un article sur les frustrations de la prof de maths), mais il m’arrive également d’être frustrée par mon activité extra-scolaire : ce blog.

Et comme la plupart de ces frustrations sont franchement ridicules, autant les partager.

 

 


*** GENERIQUE ***

« I just don’t know what to do with myself … »


Donc, en quoi une blogueuse lambda peut-elle éprouver de la frustration ? Je précise évidemment que toute ressemblance avec moi-même serait purement fortuite et complètement le fait du hasard. BIEN ENTENDU.

  • Quand l’inspiration s’invite à un moment inattendu.

Comme chacun le sait, l’inspiration ne se commande pas. Pour la blogueuse, elle vient souvent à des moments complètement incongrus. C’est ainsi qu’elle écrit souvent virtuellement des articles en faisant des longueurs de piscine le vendredi soir (cela occupe) (c’est chiant de nager). C’est tellement chouette ce qu’elle écrit, qu’elle ricane toute seule et effraie la mamie à palmes à côté d’elle. Puis, une fois sortie de l’eau, toutes les jolies phrases formées dans sa tête s’évaporent comme les vapeurs de chlore. Elle songe alors qu’il faudrait investir dans un dictaphone submersible (ou dans un baladeur sous-marin) (elle écouterait de la musique, ce qui lui éviterait de penser).

  • Quand elle n’a pas de papier sous la main pour noter.

Les bonnes idées ne se commandent pas non plus, et la blogueuse n’a pas toujours de quoi les écrire. Pourtant c’est la RÈGLE n°1 du blogging : toujours avoir un calepin sur soi pour noter ce qui traverse son génial esprit ou les bons mots de sa géniale progéniture. Exemple personnel : parfois le génial LdmJ me donne une blague pour la bande-annonce, on se marre comme des bossus, puis quand je lui redemande quelques heures plus tard, il l’a oublié  -___-  (bon, moi aussi) (mais c’est quand même sa faute).

  • Quand elle n’a rien à raconter.

Sa vie n’est pas très palpitante en ce moment. Et le comble pour une blogueuse parentale : ses Mômes ne font même pas leur relou ! Quand elle visite des trucs avec eux, elle prie pour qu’ils sortent plein de mots marrants, afin qu’elle puisse écrire un billet avec un chouette titre à rallonge du genre : Ceux qui visitaient la tour du Diable sur les remparts d’un Château-Prison ; ou mieux, elle sait apprécier les activités qui tournent mal comme la visite du Cirque de l’Angoisse ou La fête foraine Low-Coast, car cela donne des épisodes rigolos (même si, sur le moment, elle ne goûte pas vraiment le côté marrant du truc). Mais quand sa vie est toute calme et que ses enfants sont gentils et polis … c’est terrible. Elle se retrouve obligée d’écrire des articles sur elle et ses frustrations.

  • Quand elle n’a pas le temps d’écrire.

Ca y est, elle a un sujet ! Elle a déjà jeté sur son papier diverses idées qu’elle trouve, en toute modestie, très marrantes et se bidonne déjà à l’idée de les écrire. Sauf que … Elle ne trouve pas une minute pour ses poser derrière son clavier et le rédiger. Il semblerait que la blogueuse ait également une vie réelle à assumer, notamment un métier qui la mobilise un grand nombre d’heures et des enfants qu’il faut occuper. Alors elle écrit le matin tôt (entre 6h et 7h) et souvent n’est pas satisfaite du résultat final. Elle se dit qu’avec une paire d’heures en plus, son article aurait pu être vraiment bien (alors que, concrètement, elle aurait peut-être aussi perdu deux heures de plus de sa real life à écrire un truc inintéressant) (mais elle ne pourra jamais en être certaine).

  • Quand elle s’angoisse pour les premières lignes.

La blogueuse tient donc son sujet et a enfin trouvé du temps au calme pour écrire. Tout serait pour le mieux s’il n’y avait pas l’écueil des premières lignes. Comment réussir à les tourner joliment ? Elle sèche pendant presque une demi-heure – le lundi matin de 6h à 6h30 – pour écrire un paragraphe tout pourri, paragraphe que finalement elle réécrira complètement quand elle aura fini son billet. Chaque fois.

  • Quand elle manque d’originalité.

En dehors du véritable plagiat, qui existe évidemment (et malheureusement), certains peuvent voir du vol d’idées partout.

Désormais il faut être original sur tout : le fond, la forme, les punchlines sur Facebook, le prénom de tes enfants …

« Rhaaaaaaaaaaaa ! Elle appelle son fils Chouchou comme sur mon blog ! Coïncidence ? Je ne le pense pas ! »

« Saperlipopette ! Elle parle de le pluie et du beau temps comme moi ! Elle me pique mes idées ! »

« Mordicus ! Elle a le même thème WordPress que moi ! Elle copie mon staïle ! »

Je peux bien l’avouer aujourd’hui : quand j’ai appelé mon amoureux LdmJ (Lumière de mes Jours) je me suis fortement inspirée de Princesse Soso qui appelle son chéri S&M (Seigneur et Maître) (et ce n’est pas du plagiat : c’est un hommage).

Autre confession : « Mordicus » est une des interjection préférée de Fils Cadet en ce moment. Je précise qu’il a lui-même piqué l’idée à Samy dans « Scoubidou et le Monstre du Lac ».  Copiteur de mère en fils.

Et enfin, je parle de la météo bloguosphérique, si je veux ! (Mais laisse moi la pluie et la neige) (j’habite en Easteros, j’ai priorité !).


 

*** COUPURE PUBLICITAIRE ***

Moi, vers 6h32 en semaine,

quand l’ordi ne répond plus : Mayday, Mayday !


 

  • Quand elle ne peut pas mentir.

… Parce qu’elle a un relecteur qui ne supporte pas le mensonge.

– Euh, cela ne s’est pas tout à fait passé ainsi ..

– Nan, mais c’est plus marrant raconté comme ça, hein ?

– Ouais … peut-être … mais c’est faux.

C’est con, cette fille a sans doute raté une grande carrière de blogueuse comique, car son chéri ne ne supporte pas qu’elle mythonne (sauf des bons petits plats).

  • Quand elle ne peut pas tout écrire (alors que c’est très TRÈS marrant) (encore).

… car elle est lue par sa famille, ses amis et ses collègues. Et que les gêner n’est vraiment pas son ambition sur la toile.

Mais c’est quand même bien dommage pour son one blog show comique.

  • Quand elle suit ses statistiques en direct live.

Elle vient de publier un article. Commence alors une longue angoisse : son billet va-t-il plaire ? Car plus que l’obsession d’avoir tout plein de lecteurs, elle craint de décevoir (ouais cette blogueuse a un côté gnangnan-connasse énervant).

Donc elle se rend sur Google Analytics, dans la catégorie Temps réel, et elle observe combien de personnes lisent son article. Quand le curseur reste planté sur 2/3 lecteurs alors qu’elle vient de publier le lien sur Facebook, elle s’inquiète : Est-ce que son GA marche bien (c’est un peu le même problème pour la fille qui attend un appel et qui vérifie que sa ligne téléphonique fonctionne correctement) (ici la blogueuse vérifie sa connexion internet).

Capture

Non, mais allo quoi ?

frustrated animated GIF

 

 

  • Quand son billet ne marche pas, alors qu’elle y croyait à fond.

Ne nous mentons pas, la blogueuse passe beaucoup de temps sur certains billets. Elle le relit de nombreuses fois, change des formulations, rajoute des petites mots amusants. Et parfois, elle est vraiment satisfaite du résultat obtenu (même si ce billet est peut-être un peu long). Elle croit franchement qu’il va … soit toucher, soit émouvoir, soit faire rire ses lecteurs. Et … rien ne se passe. Peu de vues, peu de réactions.

Je crois que c’est sans doute là que se trouvent ses plus grosses frustrations bloguesques.

Elle imagine immédiatement que le billet est tout pourri et que les personnes qui le lisent pensent des trucs du genre :

« Oh bah, il est pas terrible. Il serait temps qu’elle s’arrête, hein ! » (« six seasons and a movie ! »)

Elle ne peut même pas tenter un peu de misérabilisme sur les réseaux sociaux du genre : « Bouhouhou personne n’a lu mon épisode de 2500 mots » (pourtant il était court celui-là) , car :

1 : Cela ne se fait pas !

2 : Cela ne se fait vraiment pas ! Enfin, un peu de tenue !

Alors elle le remballe, et le rediffusera quelques jour plus tard (mais bon, cela ne se fait pas trop non plus).

images

Caliméro Staïle

A l’inverse, certains billets sur lesquelles elle n’aurait rien misé, connaissent une belle carrière. Les mystères de l’Internet.

  • Les commentaires …

Le gros kiff de la blogueuse c’est d’avoir plein de commentaires. Parce qu’à la base c’est un peu pour cela qu’elle a ouvert un blog : avoir des interactions avec d’éventuels lecteurs. Quand un article est peu commenté, la blogueuse est donc souvent de très mauvaise humeur (c’est son conjoint qui le dit) :

– Oh t’es grognon, ce soir, t’as pas beaucoup de commentaires hein ?

– Oh ça va ! Ne me parle pas d’abord.

(hum)

Angry Sailor Moon animated GIF

Autre frustration :  quand elle a des commentaires MAIS sur sa page Facebook. Ouais, parce qu’en plus la blogueuse est exigeante ! Les commentaires sur sa page disparaîtront alors qu’elle pourra garder amoureusement ceux sur le blog (et même les accrocher dans  sa chambre) (si elle veut, hein).

En même temps, elle-même ne prend pas souvent le temps de commenter sur les blogs qu’elle lit. Donc elle pourrait comprendre que ses lecteurs ne le fasse pas non plus (note l’utilisation du conditionnel).

  • Quand elle doit se conformer à certaines « règles »  :

– Elle ne doit pas dire qu’elle regarde ses stats, cela fait mauvais genre. Faut dire : « Nan, moi les stats du blog, je m’en fous je les regarde JA-MAIS ! » (hahaha).

– Elle ne doit pas demander aux lecteurs de commenter en fin d’article. Ca fait pitié.

– Elle ne doit pas faire de demandes de likes de sa page à ses contacts Facebook. C’est de l’invasion de vie privée (c’est vrai que supprimer une notification est super gonflant, hein).

– Elle ne doit pas dire que le but premier de son blog était d’être lue. Faut dire : « Au début, j’ai ouvert ce blog pour moi, j’avais envie d’écrire ce que je ressentais, je ne pensais pas du tout que cela intéresserait quelqu’un« . Mouais … sinon, il y avait aussi l’option « journal intime », hein.

– Elle ne doit pas être envieuse du succès d’autrui. Même si franchement : « Ce billet de blog était franchement racoleur et/ou pas très bien écrit : comment a-t-il pu être partagé plus de 1000 fois ? » Elle peut le penser (ou le dire à son chéri) (c’est une des utilités dudit chéri) mais surtout ne pas l’écrire. C’est tabou.

  •  Quand elle se confronte à ses propres contradictions.

Elle aimerait bien avoir plus de « J’aime » sur sa page Facebook ( <– Placement de produit, ni vu, ni connu) … en même temps cela l’effraie un peu (le retour de la blogueuse connasse). Trop de monde engendrerait peut-être l’arrivée de personnes pas forcément agréables ni sympathiques (c’est statistique) (encore).

Elle n’a jamais eu de clash sur sa page, et n’a pas trop envie d’expérimenter le truc.

Mais bon faut pas déconner, elle est quand même contente et excitée quand le compteur augmente (gros kiffage narcissique).

[ Apparté : L’année dernière, un de MES élèves, égaré, s’est retrouvé à liker ma page (sa mère venait de la liker suite à un gros partage et il a suivi le mouvement, je présume) : j’ai cru hyperventiler quand j’ai vu son nom apparaître. Je l’ai viré, sa maman aussi (sorry). Depuis j’angoisse un peu plus. Ce serait un motif de fermeture définitive du blog.]

  • Quand elle ne comprend rien à la dernière brouille entre blogueurs.

Et soudain … les réseaux sociaux parlent en termes codés. Pendant plusieurs jours, la blogueuse ne voit que des statuts-mystères qui parlent de vilains pas beaux, sans JAMAIS les citer. Elle résiste longtemps mais finit, consumée de curiosité, par demander en MP à ses copines ce qu’il s’est passé. Evidemment elle sera toujours très déçue de la réponse obtenue qui se révélera beaucoup moins excitante que prévue (en mode « cour-de -récré »).

La blogo, cet univers impitoyable …

  • Quand elle nourrit son troll.

La blogueuse attend toujours avec curiosité (voire impatience) son premier troll. C’est pas très compliqué, surtout si elle est prof : il lui suffira de publier un article sur son métier et d’attendre quelques heures. Le troll viendra à elle. C’est là que cela devient frustrant car même si on lui a dit et répété : « Don’t feed the troll » elle ne peut s’empêcher de lui répondre. Evidemment, le troll ne lira jamais sa réponse ou continuera à lui développer SES idées sans jamais changer d’avis. Il s’en fout, lui.

Dont’ feed the troll cat !

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  • Quand elle relève son courrier sur la boîte mail de son blog.

A la base, la blogueuse imaginait que cette messagerie lui permettrait de communiquer avec de gentils lecteurs, pas qu’elle deviendrait une énième boîte spams remplie de Communiqué de Presse inintéressants. Elle reçoit également :

  • Des invitations à des spectacles pour enfants à Port Réal auxquelles elle ne pourra se rendre, malheureusement.
  • Des invitations presse (?) pour la découverte de produits aussi excitants que de la bouffe industrielle, auxquelles elle ne pourra se rendre, fort heureusement.
  • Quelques demandes de partenariats (peu) auxquelles elle répondra quasi systématiquement par la négative : « Non Monsieur, je ne suis pas intéressée pour parler de votre sopalin sur mon blog. Okay ( <– Encore un placement de produit, t’as vu ? Appelle-moi Don Draper ou Peggy Olsen !) parfois je cherche de l’inspiration pour mes billets mais certainement pas dans les toilettes » (quoique) et puis elle finira par ne plus répondre qu’à ceux qui auront au moins eu la politesse de chercher son prénom.

Ouais parce que se faire appeler Maman par un mec de 30 ans, c’est moyen.

Si, si (photo réalisée sans trucage) : bonjour maman

 

Il peut y avoir quelques exceptions : par exemple, si un jour elle reçoit le courrier suivant :

Bonjour Game,

Nous vous proposons de tester une semaine dans un de nos Hotels Club en Espagne. Vous pourriez ainsi écrire des épisodes très drôles (surtout si vos enfants sont relous durant ces vacances) (et que votre mari vous laisse mythonner en paix). Qu’en pensez-vous ?

… la blogueuse reviendrait alors certainement sur ses grands principes  (c’est pas grave pour le prénom) (un partenariat ? Pourquoi pas ?). Elle se permettrait même quelques hiiiiiiiii hystériques.

  • Quand elle se remet en question.

Soudain, une question existentielle envahit son esprit : « Mais POURQUOI, pourquoi je blogue ? »

A quoi ça sert ? Où vais-je ? Qui suis-je ? Blabla, j’en passe et des plus chiants. La blogueuse se dit souvent qu’elle devrait arrêter, que c’est quand même un peu too much de se mettre ainsi en avant, de parler de sa vie avec des inconnus.

Elle a tout intérêt à se programmer une porte de sortie. A savoir : ne pas faire la saison de trop (tout est planifié ici) (c’est d’ailleurs spoilé à un autre endroit de l’article).

Mais elle pense aussi à toutes les chouettes personnes rencontrées, à toutes ces pages écrites qui forment finalement des petits livres témoins de ces années. Petits livres qu’elle pourra offrir aux Mômes plus tard,  et elle se dit que tout ceci n’est pas vain.

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Qu’enfin, elle a réussit à créer quelque chose, qu’elle n’a pas lâché en route, qu’elle a tenu les objectifs qu’elle s’était fixées, qu’elle a découvert des facettes de sa personnalité qu’elle ne connaissait pas. Qu’elle s’en fout des gens désagréables et aigris.

Et elle se dit qu’elle n’est pas si frustrée que cela …


*** GÉNÉRIQUE de FIN ***

 

…Oh puis si ! Je suis frustrée de ne pas trouver un générique qui me plaise vraiment !

Si tu as d’autres frustrations à partager, vas-y : lâche toi 🙂 (Ouais, je sais que cela ne se fait pas de poser des questions en fin d’article) (j’assume)

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