Le président d’honneur d’un parti nauséabond dit beaucoup de conneries en ce moment. Remarque, ce n’est pas une surprise : il en a toujours dit. Mais c’est vrai qu’en vieillissant, les idées se radicalisent un peu sur les bords (et lui, il avait déjà un handicap de départ).

Comme il a une opinion sur tout, voici ces propos sur les enfants de profs :

Je note une chose que très peu de gens ont noté. Il y a une catégorie de privilégiés dans notre pays : ce sont les enfants des enseignants. Comme tous les autres, ils n’apprennent pas très bien à l’école. Mais ils ont eux la chance, le samedi et le dimanche, de retrouver papa et maman à la maison qui font des cours, qui sont des professeurs particuliers comme l’étaient autrefois ceux qui étaient mis à disposition des enfants de la noblesse.

En fait, c’est drôle hein. En lisant ces mots j’ai juste pensé :

Reaction GIF: laugh, facepalm, Ryan Gosling

…Mais KILÉCON !

Certes, ici le trait est grossier, mais j’avais déjà entendu ce procès sur les enfants d’enseignants : « coupables » de mieux réussir que les autres ; certains parlaient même de délit d’initiés … (pardon, mais HAHAHAHA).

C’est vrai que nous pourrions faire un effort.

Soit : ne plus nous reproduire (certains profs le font entre eux en plus !).

Soit : dire à notre progéniture que nous en avons assez de faire des heures supplémentaires le week-end et le soir et qu’ils seraient charmants de regarder une bouse de téléréalité plutôt que de lire un bouquin.

Soyons sérieux un instant (cela me changera). Nous faire le procès d’utiliser certaines de nos compétences en dehors de notre travail, c’est un peu comme dire à un garagiste : « Whoooo, c’est pas normal que vous répariez gratuitement votre voiture perso le week-end, vous devriez faire exprès de la planter  pour que nous soyons tous à égalité ! » ou dire à certains politiques : « KEWAAA, votre boulot vous permet de devenir l’unique héritier d’adhérents richissimes de votre parti ? C’est quoi ces avantages en nature ? » Ah oui, sur ce dernier point : c’est vrai.

Lire les commentaires, il y a deux ans, d’un article intitulé : « Pourquoi les enfants d’enseignants réussissent mieux que les autres ? » m’avait donné vaguement envie de vomir.

Par exemple :

Quand on a du temps pour s’occuper des enfants : en semaine, en week-end, en vacances, … Ça aide pour tout !
Si les enseignants bossaient 70 heures par semaine au travail, avec 2 à 6 mois par an en déplacement professionnel, avec des astreintes le week-end et avec des dîners d’affaires, ils seraient moins prompt à accompagner les enfants le soir, le week-end et pendant les rares vacances qui leur resterait.

Ou encore le charmant :

… s’ ils travailleraient à temps plein : ils auraient moins de temps pour s’occuper de leurs enfants.

Prenons du recul … On est en train de me reprocher de passer du temps avec mes enfants ou je rêve ? Pardon, mais je travaille à temps plein. Ras le bol de me justifier là-dessus. D’ailleurs Fils Aîné fait souvent ses devoirs en face d’un tas de copies de sa maman, qui a la chance, c’est vrai, de pouvoir faire une partie de son taf à la maison.

J’ai pu lire aussi :

Les profs sont plus soucieux de faire réussir leurs enfants que ceux des autres …

Hahaha. OUI, j’avoue tout : je préfère mes enfants à ceux des autres. C’est honteux, mais c’est la vérité. Une sombre histoire d’attachement parental. Par contre, j’essaie avec les moyens qui sont les miens, de faire réussir mes élèves : je ne laisse de côté personne, je ne favorise en aucun cas l’élite de mes classes, je fais des devoirs adaptés pour les gamins qui ont le plus de mal et les encourage chaudement à chaque progrès (et quand ils disent une connerie, je garde mes facepalm pour moi). Cependant, je ne les vois que 3 à 4 heures par semaine, alors que les miens : je peux les torturer jusqu’à 35 hours a week ! (ben voui : je suis tout le temps à la maison). Mais, jusqu’à preuve du contraire, je ne peux pas encore me substituer aux parents de mes élèves …

En dehors du fait qu’ils trusteraient les premières places,  les enfants de profs ont certaines particularités parfois agaçantes :

– Ils sont toujours malades pendant les vacances. Ainsi, Fils Aîné n’a raté aucun jour d’école cette année, il a attendu courageusement samedi matin (vacances de la Zone A) pour nous faire un petit 39. Pour Fils Cadet : même constat. Il a fait une seule gastro cet hiver, alors que sa classe avait été décimée pendant toute la semaine précédente, il s’est « retenu » (hum) jusqu’au samedi soir.

– Ils veulent des notes ! A force de voir leur(s) parent(s) dans les corrections, d’observer leurs copies et les 12/20 ; 8/20 ; 17/20  attribués, ils rêvent de pouvoir avoir ENFIN des notes. Ici, ils vont être déçus … Plus de notes dans tous les collèges en 6ème à partir de 2016 … J’ai pas encore osé l’annoncer à Fils Aîné.

– Ils se trouvent entre eux, dès le plus jeune âge. Le premier « vrai » copain de Fils Aîné en PS était fils d’un prof d’éco-droit et la première vraie copine de Fils Cadet … fille de PE. C’est assez bluffant, tout de même. Il ont un sacré pif pour se retrouver entre eux. Peut-être parce qu’ils se ressemblent tout simplement.

 

Personnellement, je suis la fille d’un artisan qui bossait plus de 70 heures par semaine pour s’octroyer un salaire qui était loin (très loin) de ressembler à celui d’un cadre sup. Ma mère a fait plusieurs métiers : de secrétaire à commerçante (tout en étant conjoint-collaboratrice), elle travaillait également énormément pour pas grand chose, mais avait la chance d’avoir son petit magasin dans la maison de ma grand-mère, ce qui nous permettait d’être réunies le soir chez ma mamie. Donc elle supervisait mes devoirs tout de même (encore une nantie).

Je me souviens avoir toujours été dans une « Classe Camif » avec au minimum 5 fils et filles d’enseignants. Ils étaient très complices entre eux et nous laissaient un peu de côté. Nous les trouvions assez méprisants envers les autres, mais ce n’était pas grave car j’avais moi-même des amies très proches (filles de salariés d’entreprise pour la plupart). C’est vrai qu’il y a forcément une reproduction sociale et elle commence dès le plus jeune âge.

Cependant, j’ai toujours suivi correctement à l’école, pourquoi ?

Certainement parce que mes parents nous ont enseigné des choses essentielles :

– Avoir le goût de l’effort (que ce soit pour le travail scolaire ou pour nous confier certaines tâches de la vie quotidienne)

– Avoir du respect pour mes enseignants.

– Nous donner le  goût pour la lecture en nous offrant des livres et en les lisant avec nous dès le plus jeune âge  (ce qui était un petit budget pour eux, alors qu’aujourd’hui avec les vide-greniers c’est franchement abordable).

– Nous accompagner dans la scolarité, ne pas hésiter à revenir à chaud sur un point du programme qui aurait été mal compris.

– Faire en sorte que nous ayons un projet d’orientation avec des objectifs clairs.

– Avoir confiance en nous, en nous laissant de plus en plus d’autonomie au fur et à mesure que les années passaient, tout en restant disponibles et soucieux de ce que nous faisions.

– Suivre avec intérêt notre progression et nous féliciter chaudement à chaque progrès ou réussite.

– Jouer à des jeux de société avec nous, sortir en famille …

 

En fait, pour donner le maximum de chance scolairement à son enfant : il suffit simplement de faire preuve de bon sens.

Peu importe ton métier.

jp7XkNeYgI-A_AllSFQXsDKZIrNT7kksom81r6X-K7nD=w1153-h865-no

 

 

PS pour les trolls : tout commentaire dénigrant ne sera pas publié, inutile donc de perdre du temps à l’écrire ♥

 

 

Rendez-vous sur Hellocoton !
39 Comments