Non, je ne te confierai pas une recette de gourmandises easterosiennes. Je partage déjà suffisamment de cookies avec toi (huhuhu) (humour geek pourri) .

Dans ce billet, je vais évoquer mes Madeleines de Proust, celles qui me ramènent dans le cocon sécurisant de mon enfance.

Je suis une fille qui se complaît dans la nostalgie. Il m’arrive même parfois de vivre un chouette moment, et d’avoir une boule dans la gorge à l’idée que les souvenirs de cette journée me rendront nostalgiques … Oui, c’est très con   -___-   J’ai parfois du mal à profiter du moment présent.

Un geste, une odeur, une musique ou une sensation … cette petite chose qui fait resurgir des tréfonds de ma mémoire endormie des souvenirs souvent chargés en émotion. Je n’ai pas le talent de conteur de Marcel mais, depuis plusieurs semaines, je note tous ces petits événements qui me renvoient systématiquement dans le passé, et cela me fait plaisir de les partager ce soir.

 

 


 

*** GENERIQUE ***

Jingle !

***

 


 Les Madeleines qui me rappellent ma grand-mère paternelle.

Difficile d’évoquer mon enfance sans songer à elle. Elle habitait la maison derrière la notre et ma mère y tenait une boutique (et oui, cette dernière côtoyait sa belle-mère 6 jours sur 7, et presque  12 heures par jour) (elles ont survécu sans s’entre-tuer 😉 ). Chaque soir en sortant de l’école, je me rendais donc directement chez Mamie : j’y prenais mon goûter et faisais mes devoirs sur sa table de cuisine.

Elle fut la première personne proche que j’ai perdue.

Je pense encore souvent à elle aujourd’hui :

  • Quand je mets une rondelle de citron dans mon thé.

Elle nous proposait toujours de rajouter ce petit morceau d’agrume dans le thé qu’elle nous préparait. J’ai commencé à me shooter à la théine très jeune grâce à elle (ou par sa faute 😉 ) et je suis toujours aussi addict. Malheureusement, je songe rarement à acheter des citrons. Boire un Earl Grey agrémenté d’une rondelle de ce fruit et d’un demi-sucre me reconduit immédiatement dans sa cuisine.

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Instamiam

 

  • Quand je vois une rose.

C’est systématique. La rose me fait immédiatement penser à elle. Non parce qu’elle aimait cette fleur, c’est plus subtil (oui, je suis une fille subtile) (hum). Jeune ado, je mettais régulièrement un tee-shirt noir dont le motif principal était une énorme rose … rose (subtile, j’ai dit !) . A chaque fois qu’elle me voyait dans ce Tee-Shirt, elle me disait : « OHHHH, une rose sur une rose ! » (Sous texte : j’étais une rose pour elle) (je mets un sous-texte parce que LdmJ ne comprenait pas le sens de « Une rose sur une rose ») (boulet ♥ ). Cette remarque m’agaçait au plus haut point car je me trouvais particulièrement laide à 13 ans (si on m’avait demandé de me situer sur une échelle mesurant la beauté, je me serais placer entre Tory Spelling et Alf) (enfin devant Alf COMME MÊME !). Donc je répondais toujours à son compliment par un grognement impatient (avec lever d’yeux au ciel, évidemment) (j’étais adote  – contraction de ado et idiote – , je te rappelle). Donc quand je revois une rose aujourd’hui, je me dis que j’aurais mieux fait de lui faire un gros câlin.

  • Quand je joue aux cartes avec les enfants.

Rien que de sortir le paquet de cartes, dont les motifs bleus au dos ressemblent de façon troublante à ceux du jeu de cartes avec lequel nous jouions à la belote … avec sa meilleure copine (oui, je jouais aux cartes avec deux vieilles dames de 80 ans et j’aimais beaucoup) (l’adolescence est une période étrange). Je n’ai plus jamais crié « Belote et rebelotte » depuis qu’elle n’est plus là. Je n’ai pas encore appris ce jeu aux enfants mais ce sera une madeleine chargée d’émotions que de le redécouvrir avec eux.

  •  Quand j’entends le générique ‘des Chiffres et des Lettres’.

Ce jeu fut le fond sonore (très sonore) (le volume de son poste frisait les 130 décibels) de mes devoirs. Mais c’est sans doute grâce à cela, que je commence chacun de mes cours de mathématiques par un Compte est bon avec les élèves.

  • Quand je vois un hérisson dessiné.

Je nous revois alors moi et mes frère, sœur, ou cousins jouer au Mémory avec elle. Dans son jeu, il y avait deux paires de hérissons, légèrement différents et elle les confondait toujours. Quand elle se trompait, elle rouspétait (<– expression so eightees) : « Ohhhh encore ce maudit porc-épic ! » C’est la seule personne de mon entourage à avoir jamais utilisé ce mot. Donc quand je vois un hérisson dans une illustration d’histoire pour enfants, je dis toujours aux Mômes : « Oh ! Regardez le porc-épic ! » Ce mot fait toujours beaucoup rire les garçons. Alors je leur parle un peu de leur arrière-grand-mère.

 

 

Les Madeleines qui me rappellent mes Dimanche après-midi d’enfance.

Tous les dimanche sans exception, nous passions l’après-midi chez ma grand-mère maternelle. Elle habitait un petit village perdu dans la campagne. Sa maison ne possédait pas de salle de bains (et ouais !), pas de télévision (ce qui était limite pire pour moi) et se situait au milieu des champs.

J’étais moins proche d’elle que de mon autre grand-mère. En même temps elle avait un énorme désavantage : nous l’appelions Mémère … (Bizarrement, cela ne semblait pas la déranger) (mais c’était une autre époque).

C’est curieux le tour que prennent parfois les souvenirs, car je n’appréciais pas particulièrement devoir me rendre chez elle tous les dimanche, et pourtant je ne me rappelle que des bons moments.

En voici quelques instantanés :

  • Quand le ciel est très sombre et qu’il pleut fort sur les vitres.

Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais immédiatement, je suis transportée dans sa petite salle à manger près de son poêle, mon père (qui était artisan) faisait ses comptes sur des cahiers d’écolier à côté de nous, et une tarte aux pommes trônait toujours au milieu de la table. Le temps ne nous permettait pas de sortir, il n’y avait pas de télévision pour nous occuper, alors nous restions là tous ensemble à discuter. Les dimanche pluvieux, en Easteros, étaient nombreux.

  • Le goût de la cerise.

Nous passions la plupart des dimanche de Juillet  à cueillir des cerises. Maman (qui nous chantait ça) avait hérité de son père d’un petit champs de cinq cerisiers qui donnaient des fruits délicieusement sucrés. Je me rappelle que nous étions régulièrement klaxonnés par les « locaux » quand nous garions notre voiture directement à côté des arbres fruitiers. Notre plaque d’immatriculation du département voisin nous faisait passer pour des maraudeurs 😉 . Ces dimanche à grimper dans les arbres et à nous exploser la panse de cerises restent parmi mes plus beaux souvenirs d’enfance. Malheureusement, ces mêmes étés, nous passions certaines fins de semaine à ramasser les haricots du jardin de ma grand-mère, ou pire à enlever les doryphores qui envahissaient ses champs de pommes de terre (bwahhh). C’était tout de suite moins drôle.

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A l’ombre des cerisiers en fleurs avec mon frère, ma sœur et ma grand-mère  (admire le style colorée de la plus jeune) (hum)

 

  • Quand je vois une fontaine.

La plupart des maisons de son petit village disposait d’un ruisseau et d’une fontaine particulière. Celle de ma grand-mère n’était ni la plus jolie, ni la plus grande, mais nous arrivions tout de même à nous y tremper les pieds quand il faisait très chaud. Chaque fois que j’en croise une dans un petit village, je me remémore la sienne et ces doux moments :

 

 

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Une fontaine de son village (la sienne a disparu) Source : lavoir.org

 

Ainsi, quand nous avons commencé les recherches pour trouver notre future maison, je rêvais d’un ruisseau traversant notre jardin comme chez elle (je n’avais pas encore d’enfant, donc je ne réalisais pas non plus la dangerosité du truc). Mais pour pouvoir disposer d’une source, nous aurions dû habiter dans un petit village et LdmJ n’était pas vraiment pour. Encore aujourd’hui, quand je vois ce genre de maison, j’ai des étoiles qui s’allument dans les yeux.

  • Les chemins de campagne.

Il suffit d’un rien : un petit chemin qui serpente dans les prés, des prairies à perte de vue et je me revois aussitôt dans les pâturages près de sa maison, quand nous faisions de longues balades à travers champs (et vaches). Nous passions près d’un ruisseau auprès duquel mon père affirmait avoir rencontré une famille complète de sangliers (légende familiale) et dans lesquels ma mère avait construit des barrages avec des enfants de son village (ambiance pub Herta). Nous passions près de grandes haies, où elle affirmait avoir un jour vu une longue couleuvre d’au moins un mètre se dresser devant elle (légende familiale bis).

Marcher dans les champs et les souvenirs que cela engendre me serrent à chaque fois la gorge.

Alors je fais des photos.

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*** COUPURE PUBLICITAIRE ***

Comment avec des souvenirs à peu de frais vendre du jambon industriel …

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Les autres Madeleines qui me ramènent en enfance :
  • Certaines chansons, dont la plupart de Jean-Jacques Goldman.

Je ne suis pas une vraie fan de JJG (oui, pardon), mais l’écoute de ses chansons me rend nostalgique.

Et je les connais par cœur.

Et elles sont supers faciles à chanter !

C’est sur Au bout de mes rêves que j’ai pensé pouvoir devenir une chanteuse célèbre. Jusqu’à ce que je comprenne que ma voix ne dépassait pas deux octaves, comme Jean-Jacques. Cela a limité le champs des possibles … à ma salle de bains.

  • Mettre un morceau de chocolat sur une tartine beurrée.

C’est ainsi que maman me préparait mes tartines du goûter. Non ! Ce n’est pas dégoûtant (et il y a pire, je connais une copine qui mettait du Nesquick sur ses tartines beurrées). Aujourd’hui, je le fais rarement, car nous avons proscrit le beurre à 16h (trop gras). Donc si je veux me shooter aux souvenirs, je suis obligée de le faire en cachette.

  • Une cagette.

La vue d’un cageot me ramène en enfance. Ouais. Ma mère était commerçante : elle était donc notre dealeuse en cagettes de toutes sortes. Avec ces dernières, nous construisions des maisons … Nous arrivions même à monter les murs de plusieurs pièces ! Il fallait trouver des grosses pierres qui nous permettaient de bien fixer les cagettes au sol et entre elles, puis nous terminions en disposant des vieilles couvertures sur l’édifice. Ce n’était pas forcément très stable (ni très joli), mais j’ai passé la plupart des beaux jours estivaux à construire ces cabanes en bois dans le pré derrière la maison avec ma voisine ou des amies. Un seul regret  : personne ne les ai jamais prises en photo (heureusement, mes copines d’enfance s’en souviennent 😉 ).

  • La confiture de mûre

C’est toujours ma bonne maman qui nous prépare nos confitures (oui, je sais, il faudrait que j’apprenne sinon il ne restera plus que Bonne Maman pour nous les préparer). Quand je mange sa gelée de mûre, c’est immédiat, je me revois aussitôt dans mon lit, petite, avec une belle angine. Je détestais les médicaments pour les maux de gorge à part le bonbon Solutricine (que je léchouillais consciencieusement : d’abord le côté brun, puis le côté jaune) ; mais on est bien d’accord, la Solutricine ne servait à rien médicalement parlant. Ma mère avait une autre recette beaucoup plus efficace : elle me collait une grande cuillère de gelée de mûre dans la bouche, et ça marchait : le mal de gorge reculait pendant de longues minutes bienfaisantes. Donc en manger aujourd’hui me rappelle mes maux de gorge d’antan, et oui, c’est une madeleine, car j’adorais rester à la maison sous la couette et être chouchoutée 😉 . What Else ?

  • Le myosotis

Quand je dis que c’est ma fleur préférée, on me regarde en général bizarrement. C’est vrai que disposer ces petites fleurs dans un vase serait un peu ardu. Je les préfère sauvages dans les champs. Le pré de mon enfance en était envahi. Leur floraison annonçait le retour des après midi ensoleillés et donc des jeux dehors ! Chaque fois que je vois ces fleurs, cette sensation de bonheur réapparaît (et je chante ça).

D’ailleurs, dans plusieurs langues, on appelle ces fleurs : « Ne m’oublie pas »  :

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  •  Les malheurs de Sophie.

J’ai lu ce livre ainsi que les deux romans qui en constituent la suite (dont mon préféré Les Vacances) une cinquantaine de fois. C’étaient mes livres doudous quand j’avais entre 8 et 12 ans. Les revoir, même dans une nouvelle édition, me transporte immédiatement dans ma chambre de petite fille modèle avec la perspective d’un après-midi entièrement consacré à la lecture (LE rêve). J’ai la même sensation, quand je revois Les Contes du Chat Perché de Marcel Aymé.

Et surtout …

  • Regarder vivre mes enfants.

La vie est un éternel recommencement ! Certes je n’avais pas accès à internet à leur âge, mais je me revois dans la plupart de leurs jeux et de leurs occupations. J’en avais déjà parlé dans ce billet. Quand Fils Cadet me tend un bouquet de pâquerettes coupées ras de la tige , je me souviens avec émotion avoir fait de même dans la pelouse de l’école maternelle. Ce petit pré donnait directement dans la cour de ma maison (oui, notre habitation jouxtait l’école maternelle) (et accessoirement, la maison des maîtres et maîtresses). Donc j’attendais de voir ma maman passer et lui offrais mon bouquet au travers du grillage.

 

 

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Si  cela te tente, n’hésite pas à me raconter tes madeleines, j’adorerais te lire !

Et si tu as un blog (même si ce dernier est tout nouveau, tout beau)  et que tu souhaites partager les tiennes dans un billet, dis-le moi, je rajouterai un lien ici.

D’autres madeleines chez :

 Petits crayons de soleil.

Céline et son Bric à Brac en Vrac.

Mes Blablas de Maman.

Maman Poule et Cie.


 *** GÉNÉRIQUE de FIN ***

Enfin, comment ne pas conclure avec LA chanson madeleine par excellence ♥

 

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