Quand j’ai su que j’attendais un deuxième garçon en mai 2010, il m’était impossible de me projeter avec un enfant différent du premier.

Pourtant dans ma propre famille, mon frère, ma sœur et moi ne pourrions pas être plus dissemblables les uns des autres (surtout physiquement) ; mais là pour mes garçons, je bloquais psychologiquement. J’imaginais déjà le même bébé, la même évolution, le même petit bonhomme de 2 ans et demi.

Et pourtant …


*** GÉNÉRIQUE ***

Un bel exemple d’amour fraternel (enfin, depuis ils ne se parlent plus)

 


 

Nos deux garçons sont très différents. Ils ont beaucoup de points communs mais un caractère parfois à l’opposé l’un de l’autre.

Il est illusoire de se désoler de leurs différences en se disant :  « Pourtant, je les ai élevés de la même manière ! ». Dans les grandes lignes sans doute, mais forcément leur environnement n’a pas été le même.

Les premiers mois.

J’ai connu un grand stress durant ma première  grossesse,  je ne pourrai jamais savoir si c’était lié mais Fils Aîné fut un bébé tendu. Il pleurait beaucoup et les premiers mois furent très éprouvants. A l’inverse, j’ai bénéficié d’une grossesse sereine pour mon deuxième. Malgré un accouchement pourri, souviens-toi, je dois reconnaître que son départ dans la vie fut beaucoup plus aisé. Ces premiers moments ont pu conditionner leur futur caractère.

Fils Aîné est toujours un enfant soucieux de bien faire et assez stressé : quand il est en difficulté il a tendance à se crisper et même piquer une colère de frustration. A l’inverse, Fils Cadet a toujours été bonne pâte, souriant et désinvolte. Mais attention, lui aussi peut avoir un fort caractère (que nous appelons son caractère de cochon Je veux-J’exige <3)

Pendant de longs mois, Fils Aîné ne s’est endormi qu’en tétant ou en étant bercé (entre 20 min et une heure) (priceless). Je m’imaginais donc, que c’était ainsi que s’endormaient les petits bébés (je n’avais pas d’autres exemples de nourrissons dans mon entourage proche).

Avec Fils Cadet, j’ai imaginé que tout se déroulerait de façon identique (j’étais préparée aux nuits pourries). Je me vois encore, en revenant de la maternité, poser Fils Cadet dans son couffin.

Déjà, j’étais surprise qu’il ne pleure pas.

Pourquoi il ne pleurait pas ?

Un bébé … qu’on pose … pleure, non ? (Tu auras compris que Fils Aîné a été beaucoup porté.)

Peu intéressé par mes questions existentielles, Fils Cadet ouvrait ses grands yeux ronds et me fixait paisiblement.

Bon. Je suis partie faire des trucs (genre vider une valise) et je me souviens qu’en revenant il roupillait pépère. Ce bébé venait de s’endormir SANS MON AIDE. Enfin, techniquement … si : je l’avais posé dans un lit, hein, pas non plus sur une planche de bois. Mais dans ma tête, j’étais tourneboulée : « Alors cela existe, les bébés qui s’endorment dans leur lit ? SANS DÉCONNER ? »

Oui, cela peut paraître con avec le recul mais je te jure que j’étais hallucinée.

Je me suis dit que c’était encore un tout petit bébé et que cela allait changer. Mais non, même en grandissant, il s’est toujours endormi seul (enfin … seul, avec l’aide d’une tétine) (enfin … seul, après trois câlins bisous) (enfin … seul, avec l’aide d’un disque de comptines) (enfin … seul, après s’être couché tôt mais s’être relevé régulièrement pendant une heure et demie).

 
Leur environnement est différent.

On ne peut pas élever un Cadet comme on élève un Aîné.

Nous avons toujours perçu l’Aîné plus grand qu’il ne l’était en réalité. A la naissance de Fils Cadet, nous trouvions que son frère était déjà un grand garçon. Pourtant lorsque notre dernier a eu l’âge que l’Aîné avait quand son frère est né (tu suis, ou bien ?) nous le trouvions toujours aussi petit. Difficile de sortir mentalement du clivage Grand/Petit et donc d’adapter nos réactions à leur âge réel.

Chaque place a ses avantages propres : un premier enfant bénéficie de la présence exclusive de ses parents. Un deuxième enfant bénéficie d’un grand frère. Dans cet environnement différent, ils ne peuvent donc évoluer de la même manière.

De même, alors que nous sommes toujours plus exigeants avec l’Aîné, le deuxième bénéficie de nos ratés et de nos réajustements. Un peu comme une leçon qui n’a pas très bien fonctionné avec ma première classe de cinquième et que je retravaille pour ma seconde classe 😉 . En même temps, je dois bien le reconnaître, parfois, je me dis qu’il nous faudrait un troisième enfant, pour vraiment réaliser le cours « parfait » (mais LdmJ n’est toujours pas sensible à mes arguments). Ceci dit, lorsque la troisième classe de cinquième déboule le vendredi après -midi après la récréation, on ne réalise pas le cours « parfait » malgré le soin apporté à la préparation.

Le deuxième enfant fait tout plus tôt. Nous avions attendu que Fils Aîné ait trois ans pour le mettre devant la télévision (hahaha). Je ne te dis pas à quel âge Fils Cadet a commencé à regarder les vieilles VHS Disney avec son frère, c’est indécent. Fils Cadet a vu son premier film au cinéma un an avant son frère (c’était trop tôt d’ailleurs !). Le grand n’a toujours pas de console de jeux à la maison, ni même de tablette. Comme il n’en réclame pas, nous faisons comme si cela n’existait  pas. Mais il est probable que dès qu’une console pénétrera dans la maison, ce sera pour nos deux garçons directement (et leur papa) (même si nous adapterons le temps d’utilisation à leur âge) (nous avons des principes quand même) (pas plus d’une demi-heure pour LdmJ) (après, il est serait tout énervé).

 


*** COUPURE PUBLICITAIRE ***

Des autres exemples :

Des frères aussi différents que le jour et la nuit (hahaha) :

 

Capture

 

 

How I Met Barney’s Brother :


Des traits de caractère différents.

Evidemment, ils sont aussi différents par nature. Chaque jour, nous constatons des divergences dans leur caractère ou dans leur manière d’acquérir des apprentissages.

  • Fils Aîné est timide / Fils Cadet est extraverti. La maîtresse de MS était très étonnée d’une différence aussi marquée entre les deux. Fils Cadet est intarissable (tu le sens le futur élève bavard ? 😉 ) quand il faut extorquer les mots de la bouche à l’Aîné.
  • Fils Aîné apprenait à lire à quatre et demi / au même âge, Fils Cadet apprend les lettres majuscules (ce qui est plus logique d’ailleurs).
  • Fils Aîné était très passif devant les dessins animés en long métrage (il n’a jamais vraiment réalisé que la maman de Bambi était morte) (et pourtant je n’ai pas, comme la mère de Barney dans HIMYM, raconté qu’elle était partie dans une prairie magique) (déjà qu’il ne croit plus au Père Noël, on ne va pas tout balancer d’un coup) / A l’inverse, Fils Cadet vit complètement le dessin-animé regardé : il en apprend les dialogues par cœur et pose des milliers de questions quand il ne comprend pas ce qui se passe .
  • Fils Aîné ne dessinait que des lettres et des chiffres jusqu’à ses 5 ans / Fils Cadet ne dessine que des monstres, des fantômes et depuis peu des bonhommes. Des lettres ? Quel intérêt ?
  • Fils Aîné a toujours été très raisonnable sur à peu près tout / nous sommes constamment obligés de rappeler les règles de vie au Cadet.

 

Et leur ressemblances ?

J’allais écrire qu’ils avaient tout de même des points d’intersection (???) (ma leçon de géométrie de 5ème faite ce matin laisse des traces …) (ou alors je suis trèèès fatiguée)

  • La première ressemblance est leur ressemblance physique (bon sang, ce billet est divinement bien écrit !). Pour résumer, si je mélange les photos « de quand ils étaient tout-petits », il m’arrive de me planter de bébé. Enfin, ceci dit, si je les mélange avec des photos de moi-même à l’âge de 4 ans ( je suis joueuse – confère chapitre 6 du cours de troisième : Probabilités), on peut me confondre avec Fils Cadet aussi (bien sûr il y a toujours l’aspect vestimentaire pour faire la différence : mes enfants ne sont pas obligés de porter de sous-pulls orangés) (so 1982). Mais bon, j’évite quand même de jouer au Mémory avec nos photos de famille.
  • Ce sont des morfalles (sans commentaire, j’ai déjà écrit plein d’articles sur leur appétit gargantuesque).
  • Ils ont la même foutue peau de type atopique chiantissime (bref, ils ont la peau de leur maman) qui nécessite un graissage des cuissots chaque soir.
  • Ils adorent se mettre des bols en plastique sur la tête et crier avec une voix bien débile : « Je suis le capitaine Dubois !!! » Je ne sais pas pourquoi, ne m’en demande pas plus. Tout ce que je sais, c’est que cela les fait vraiment rire.
  • Ils veulent toujours le jouet qui est dans les mains de l’autre.

 

Je crois que, bien souvent, ils se complètent :

  • Ils peuvent se répondre en utilisant des dialogues de films durant 5 bonnes minute.
  • Fils Aîné écrit des chansons / Fils Cadet les chante.
  • Fils Aîné se couche par terre / Fils Cadet s’assoit sur son dos.

 

Pour terminer, je dirais que ce sont des vases communicants.

Quand l’un est intenable, l’autre se fait un devoir d’être la gentillesse incarnée … jusqu’au prochain retournement de situation.


 

*** GÉNÉRIQUE de FIN ***

So … What Difference Does It Make ?

Rendez-vous sur Hellocoton !
12 Comments