Il s’agit d’un des secrets les mieux gardés par son enfant. Que s’est-il passé durant toute cette journée de classe passée loin de nous  ?

Pour tenter d’y apporter une réponse, je n’ai pas hésité à réaliser une enquête de fond.

*** GÉNÉRIQUE ***

***

Quand je venais rechercher le Môme après une journée de crèche, les puéricultrices m’accueillaient avec un petit cahier. On me renseignait sur l’intégralité de sa journée, et principalement, oserais-je l’avouer … Oui : sur son parcours digestif, de chaque aliment avalé à chaque selle évacuée (ainsi que leur consistance) (miam).

Ensuite on m’informait des activités réalisées et je savais en décoder chaque mot:

« Il a fait un atelier dessin » (comprendre « vous risquez de retrouver des traces de peinture/feutres tout partout »)

« Il a fait un atelier pâtisserie » (comprendre « vous risquez de retrouver des tâches de chocolat tout partout »)

« Il a fait un atelier jardinage » (comprendre« vous risquez de retrouvez des traces de terre et d’herbe tout partout »)

« Il a fait de la trottinette » ( comprendre « vous risquez de lui retrouver des bleus tout partout »)

« Il n’a pas fait de sieste » (comprendre « vous risquez d’avoir une fin d’après-midi pourrie »)

Le moindre bobo était signalé : « A 15h12, une petite copine l’a poussé dans la piscine à boules et il s’est griffé légèrement l’auriculaire gauche … Si, si regardez bien à la lumière … Non plus haut … encore … oui là ! »)

Bref, je savais à quoi m’attendre. Aucune surprise. Aucun stress non plus.

Puis vint le jour de la première rentrée scolaire. Cette dernière ne m’a pas particulièrement inquiété :  je savais qu’allant à la crèche toute la journée depuis ses trois mois, tout se passerait bien.

D’ailleurs, tout s’est bien passé. Ni pleur ni angoisse de sa part. Cependant, il n’avait pas encore trois ans et j’aurais voulu connaitre chaque détail de ses premières journées d’école. J’étais avide de savoir. En arrivant le premier soir, j’ai compris que ce serait compliqué. Une vingtaine de parents attendaient les même informations que moi …

La crèche et une puéricultrice pour 8 grands VS l’école et une maîtresse pour une vingtaine -parfois trentaine- d’enfants.

Donc, au fil des jours, les informations que je ne pouvais glaner  auprès de la maîtresse (au mieux, je savais s’il avait dormi ou d’où sortait cette énorme bosse au milieu du front), j’ai dû tenter de les apprendre auprès du Môme. Et je me suis vite rendu compte que cela allait être problématique.

A la maternelle.

Le soir venu, le Môme n’a point envie de se replonger dans sa journée d’école. C’est bon, il vient d’y passer 8 heures, il a surtout besoin de changer d’air. C’est pareil pour moi, quand je sors du collège et qu’à peine montée dans la voiture, LdmJ me parle de ses élèves, ou pire … de ses copies, ou pire … de ses préparations de cours , j’ai souvent un fusible qui disjoncte. Je le dévisage d’un air hagard et il comprend qu’il doit se taire mais il râle quand même sur mon manque d’empathie.

Comme dit le proverbe bien connu : « Ce que tu ne veux pas qu’on te fasse, fais-le à tes enfants », donc à 16h30 tu poses LA question à ton Môme :

« Qu’as tu fait à l’école aujourd’hui ? »

Voici les réponses que je glanais auprès de Fils Aîné :

« Ze sais pas » , ou « Ze veux pas te le dire » ou le laconique « Rien ». Quelquefois, il me regardait en fronçant les sourcils, je songeais alors qu’il se concentrait afin de me renseigner sur une information importante (peut-être allais-je connaître les couleurs qu’il avait utilisées sur son dernier dessin ?) puis finalement il me lâchait :

On manze quoi au goûter ?

Cela avait un côté assez désespérant.

Cependant, je réussissais à obtenir quelques informations grâce à de brillantes déductions.

Après avoir jeté un coup d’œil à la salle de classe et au calendrier, j’observais rapidement mon petit. Je remarquais la tâche de peinture sur son pantalon, la trace de gâteau au chocolat au coin de sa bouche, les deux bleus sur le mollet, et le coup de feutre près de son œil gauche.

Je tirais alors les conclusions suivantes :

« Tu as as fait de la peinture ce matin sans doute pour terminer les dessins représentant un …. truc animal (?) qui sèchent au fond de votre salle de classe. Puis, dans la cour, vous avez sorti les trottinettes et tu t’es encore mangé les pédales. Cet après-midi, vous avez fêté l’anniversaire des copains nés en octobre, puis après vous avez dessiné  et Léa t’a encore ennuyé en te coloriant dessus avec son feutre violet. »

 

Sherlock, sors de mon corps. ( Benedict Cumberbatch, tu peux entrer par contre)

 

En fait les 3/4 de mes déductions se révélaient fausses. Ce n’était pas si maternelle élémentaire que cela, mon cher Watson.

Mais en prêchant le faux, on obtient parfois le du vrai. De fait, Fils Aîné lâchait une information :

C’est pas un animal, me répondait-il en me montrant le dessin qui séchait, mais une maison.

Ah oui, oups , j’avais pris les fenêtres pour des yeux.

 

Parfois, nous glanions des informations de manière totalement fortuite. Ainsi un soir, dans son bain, Fils Aîné s’est fait la réflexion suivante :

– OHHHH, il y a des traits couchés sur mes testicules !!!  

C’est ainsi que nous avons appris qu’ils traçaient des « traits couchés » et des « traits debouts » en Moyenne Section. Huhuhu. Un de nos plus gros fou rire parentaux, d’ailleurs.

 

Parfois nous croyons obtenir des informations mais en fait non :

– Tu sais, Monsieur Lumière, il a inventé le cinéma !

– Ouah, tu as appris çà à l’école ?

– Mais nooooooooon, ze l’ai vu dans un Lucky Luke.

Ah oui, à l’école de la télévision, donc. C’est bien aussi.

 

Bien sûr, il y avait le fameux cahier de vie, que nous réussissions à ramener à la maison le 31 de chaque mois (les mois pairs). Et là pendant une heure, Fils Aîné se transformait en moulin à paroles, chantait les comptines qu’il nous cachait si jalousement en temps ordinaire : c’étaient vraiment de chouettes moments (mais trop rares).

N’empêche, beaucoup de copines profs en maternelle insistent sur le fait que les gamins balancent absolument tout ce qui se passe à la maison ; c’est quand même assez injuste que l’inverse soit si peu souvent vérifié …

Heureusement, nous avons Fils Cadet !

Il est actuellement chez les Moyens et, contrairement à son frère, c’est un gros bavard. Avec lui, nous en savons donc plus sur les mystères mystérieux qui se passent durant sa journée de classe. Enfin, ceci dit, il a un classement des priorités légèrement différent du nôtre. Donc à la traditionnelle question :

Qu’as-tu fait l’école aujourd’hui? (oui, oui, j’insiste !)

Voilà la réponse classiquement obtenue :

Oh, ben moi, en premier, z’ai mangé de la tomate, ensuite de la purée et de la viande, du fromage et … heu …  une compote. Voilà.

ECOLE = CANTINE donc.

Bon, il raconte deux/trois autres trucs quand même. Du genre :

« Amray, il a pas été gentil, il a été puni » ou encore « Z’ai déchiré ma feuille et la maitresse ne m’a pas grondé, parce que z’avais pas fait exprès »  -_-

Des choses supers importantes pour un Quatre-Ans, quoi.

Parfois,  il parle même trop. Par exemple l’année dernière, alors que complètement innocemment je lui posais la question de fin de journée il m’a répondu :

« Z’ai fait un cœur en pâte à sel et il est bleu, et il est beau et … OHHHHHH (mains devant sa bouche) : ON DEVAIT PAS EN PARLER AUX MAMANS ! »

—-> PLEURS

Parfois, il se balance tout seul :

– Ça va ? Tout s’est bien passé à l’école ?

Oui, sauf que la maîtresse, elle m’a puni avec Justine dans la salle de jeux, OHHHHH (mains devant la bouche) —> PLEURS

(du coup LdmJ a demandé des éclaircissements à la maîtresse le lendemain : ils jouaient à cache-cache au lieu de mettre leurs chaussons, rien de dramatique, mais —> RE-PLEURS quand il a vu son papa en parler avec son institutrice)

 

Et à l’école primaire ?

Depuis que Fils Aîné est entré au CP, l’année dernière, il nous parle plus facilement de ce qu’il fait. Il a grandi, c’est indéniable.

Les devoirs ainsi que les cahiers qu’ils ramènent chaque soir, nous font découvrir presque tout ce que nous souhaiterions savoir. Cette année (en CE1) (enfin son presque-CE1), il a un cahier du jour qu’il ramène chaque vendredi. Cela m’a replongé 30 ans en arrière, ce fut très émouvant la première fois. Ses cahiers n’étant guère différents des miens à son âge.

Bon parfois, il y a encore quelques bugs dans la transmission d’informations, comme ce mercredi midi. :

– Tu as fait quoi, ce matin ?

– Du Français. J’ai écrit le mot Français en rouge, puis j’ai souligné comme çà. (mime à l’appui)

Fin de la conversation. Nous n’avons pas insisté.

Il y a également un point sur lequel je n’arrive pas à en savoir exactement ce qu’il fait. C’est le mardi après-midi, qui est entièrement banalisé pour les TAE ou TAP ou NAP ou … bref tu auras compris (la flemme de chercher sur google) (pis cela change tout le temps de nom par chez moi). Bref les mardis, il fait du mini-tennis.

C’est chouette sur le papier, mais bon, leur faire pratiquer la même activité sportive durant trois heures me semble très ambitieux, donc je me doute qu’ils doivent faire autre chose, mais je n’arrive pas à savoir quoi …

– Tu as fait quoi cet après midi ?

– Ben j’ai appris à lancer la balle comme ça  (mime d’un geste qui ressemble à un lancer de crêpes) : c’est difficile !

– Ok, mais tu n’as pas fait que cela. Qu’as-tu fait d’autre ?

J’ai aussi appris à taper la balle comme ça (mime d’une … baffe ).

– Ok, mais tu n’as pas fait que du tennis ?

– Non, j’ai aussi tiré dans la balle comme ça …  (mime d’une figure de Kung-Fu Panda)

Bref, je n’ai pas réussi à en savoir davantage. Il fait peut-être du tennis pendant 3 heures, après tout.

Sinon en classe, tout a l’air de bien se passer. Il nous a dit très rapidement que la maîtresse l’avait placé près des CE2 (il est dans une classe de 19 CE1/CE2) ; nous nous doutions que cette dernière lui donnerait parfois du travail de CE2, c’était prévu. En fin de CP, après entretien avec la psychologue scolaire, nous étions tous défavorables à un saut de classe. Fils Aîné est de fin d’année (décembre … ), ses tests psychomachinchoses avaient révélé principalement des dispositions en maths (hahaha) , un profil équilibré et un enfant d’une maturité normale pour son âge. Pas de « précocité » particulière (je déteste ce mot, hein ^^). Donc tout roulait.

En ce début d’année, nous trouvions quand même que ses leçons étaient bien longues à écrire pour un CE1, mais bon, hein on ne discute pas les choix pédagogiques.

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Puis LdmJ a discuté avec la maîtresse un mercredi à midi. Et c’est ainsi que nous avons appris que depuis la deuxième semaine de cours, il faisait le même travail que les  CE2, il avait les mêmes devoirs que les CE2, et qu’il était parmi les plus en réussite de son groupe (même s’il écrit plus lentement) (mais bon, c’est un peu normal).

Voilà. Comme quoi des fois, il vaut mieux discuter directement avec la maîtresse plutôt que de se contenter d’écouter son petit.

Aujourd’hui, je suis partagée entre la fierté exacerbée pour notre pas-encore-7-ans et un sentiment de stress. L’impression que nous allons devoir prendre une décision importante à la fin de l’année scolaire et que nous n’aurons plus vraiment le choix.

Mais c’est une autre histoire …

*** GÉNÉRIQUE de FIN ***

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