Avant d’avoir des enfants (dans mon autre vie), je crois que j’aimais bien cuisiner. Je n’en suis plus très sûre, note bien. Tout ce qui concerne cette ancienne vie se perd dans le brouillard parfois opaque de ma mémoire.

Dans cet épisode, je ne vais pas évoquer le fait de cuisiner avec ses enfants … dans les jambes (ce que je fais régulièrement) mais bien de cuisiner en étant « aidée » par ses enfants (l’emploi du verbe « aider » étant ici complètement subjectif).


 *** GÉNÉRIQUE ***

A Winterfell, nous n’avons aucune illusion prétention sur les compétences culinaires des Mômes.

Nous ne sommes donc pas prêts de les inscrire à Master Chef Junior, n’en déplaise à la Fox.


Je dispose de deux Mômes gourmands. Je sais qu’il s’agit là d’une chance. Quand Fils Cadet est né, nous pensions qu’il serait impossible que ce dernier soit aussi facile sur les repas que son frère.

Nous nous sommes trompés.

Il est dix fois plus goinfre. Au troisième jour de sa vie, il dépassait déjà son poids de naissance (remarque, il n’avait guère relevé le nez de mon sein).

Il est devenu notre deuxième Môme glouton (c’est peut-être un trait génétique familial). En tout cas, c’est très pratique et cela nous a évité plein de soucis.

La cuisine est le QG des Mômes, notamment du plus jeune, qui souhaiterait y passer toute ses journée à boulotter des grains de raisins ou les tomates cerises que j’ai l’inconscience de laisser traîner sur le bar à sa presque-hauteur-pointe-des-pieds-bras-tendus.


C’est à la crèche qu’ils ont vécu leurs premières expériences de préparation culinaire. Je me souviens encore avec émotion du premier atelier pâtisserie de Fils Aîné. Sa puéricultrice m’avait expliqué qu’il avait boulotté la moitié des pépites de chocolat qu’il aurait dû mettre dans la préparation … Normal, quoi.

De fait, je n’étais pas pressée de commencer cette « expérience humaine » à la maison. Pourtant,  j’ai toujours entendu parler des bienfaits d’avoir de telles activités avec ses Mômes. Passer du temps avec eux, leur faire découvrir les légumes sous une autre forme (pas celle dégueu du truc verdâtre et mollasson rempli de flotte), développer leur motricité fine, les laisser lécher le saladier à la fin, etc, etc … Je suis persuadée que la liste des bienfaits est longue. Il est même probable que pour certains, faire malaxer une pâte à tarte à son Môme est une « activité Montessori » (hahaha) (pardon).

Seulement, il y a un envers à ce joli décor. Quand un de tes contacts Facebook poste une photo de son adorable enfant en train de cuisiner, on ne peut imaginer, qu’en arrière plan, la cuisine parentale pourrait postuler, non pas pour l’émission Un diner presque parfait, mais plutôt pour C’est du propre sur M6. Quoiqu’en regardant bien la photo, on peut apercevoir quelques lentes traces de farine dans le cheveux du Môme.

Personnellement, j’avais moyennement envie de disposer de commis de cuisine. Un préposé aux poubelles, pourquoi pas ? (LdmJ remplit très bien ce rôle). Mais une aide pour préparer des plats me semblait superflue. Je me débrouillais très bien seule, et surtout j’étais efficace. Cuisiner avec un enfant, c’est renoncer à cette efficacité.

Avec un Môme, je double le temps de préparation de chaque recette : TADAAAAM, magie.

Avec deux Mômes : je le triple.

Et j’ai énormément de temps à perdre, tu te doutes bien.

Certaines tâche deviennent rapidement insurmontables ou s’apparentent à des épreuves de Koh-Lanta
  • Casser un œuf.

Attention je ne te parle de séparer les blancs des jaunes, hein ! (#jeudiconfession : encore aujourd’hui, il m’arrive de rater cette manip’). Non, là je parle juste de  faire toctoc sur le bord d’un saladier et d’ouvrir délicatement le bazar en deux.

Fils Aîné arrive à casser un œuf proprement depuis cet été (à 6 ans donc), sachant qu’il m’aide à casser des œufs depuis qu’il a deux ans et demi …

Mais que s’est-il-passé pendant ces 4 années d’apprentissage d’ouverture d’un œuf ? Hein ? Oui, on se le demande …

Première cas de figure : le Môme écrabouille l’œuf entre ses mains. Tout part dans le saladier, le blanc, le jaune et la coquille (déchiquetée). L’enfant se met à pleurer, ce qui rajoute quelques larmes à la préparation à base de coquille d’œuf (free-sel ouééééé : économie). Puis le Môme décide courageusement de se rattraper en enlevant un à un tous les morceaux de coquille égarés. Morceaux qui lui glissent des doigts aussitôt attrapés. Activité très intéressante pour la motricité fine, mais qui place l’enfant dans un état de nerfs particulièrement flippant (et ce, très rapidement). L’activité « récupération de coquille » s’achève donc au bout de 2 minutes et 30 secondes éprouvantes et tu termines d’enlever les 80 morceaux seule pendant que ton Môme est parti regarder un épisode de l’Inspecteur Gadget pour se remettre de ces émotions.

Deuxième cas de figure : l’œuf s’est ouvert proprement, mais l’intégralité de son contenu a filé en dehors du saladier, puis a glissé façon serpent sur ton plan de travail pour terminer sa course folle sur tes chaussons. Si tu as le combo gagnant :  l’œuf sauvage atterrit  sur les chaussons du Môme qui se met à hurler de terreur et de dégoût.

Il s’enfuit en hurlant :

« TOUT EST GÂCHÉ !!! ».

Tu retrouves donc du blanc d’œuf dans toute ta maison et notamment sur tes draps car il a préféré se jeter sur TON lit pour enfouir SON chagrin dans TON oreiller.

  • Utiliser l’éplucheur à légumes.

Soit mes Mômes ont vraiment un problème de coordination avec tous leurs doigts (c’est vrai que 10 ça fait beaucoup) soit je suis une piètre enseignante du maniement d’ustensile (de cuisine).

En utilisant l’éplucheur, Fils Aîné réussit le tour de magie de faire disparaître la moitié de la courgette. TADAMMM. Il ne reste bien souvent que la partie pleine de pépins. Miam.

Quand je leur confie des pommes de terre (je suis joueuse), ils s’épluchent des morceaux de phalange avec. Re-Miam.

Pour l’instant, nous sommes en stand-by : c’est moi qui utilise l’instrument de torture digitale … Fuck la motricité fine.

  • Garder les ingrédients au complet sur la table.

Un phénomène curieux se produit, principalement quand Fils Cadet est mon aide-cuisinier.

Le bol de mozzarella, destiné à garnir la pizza, peut mystérieusement réduire de moitié (et sans avoir été victime de l’éplucheur fou de Fils Aîné). TADAAAM (la magie est décidément présente dans ma cuisine) …  Le petit, quant à lui, a la bouille réjouie du chat lorsqu’il vient de grappiller des miettes sous la chaise des Mômes.

Dans ce cas de figure, Fils Aîné n’hésite pas à balancer son frère :

Maman !!!! Fils Cadet n’arrête pas de manger la mozza/le jambon cru/ la pâte à tarte / les tomates / la farine (?)

Oui, inutile de prendre un air étonné, Fils Cadet aime bien se faire un rail de farine de temps en temps.

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Je sais pas si tu as déjà goûté de la farine crue.

N’essaie SURTOUT pas.

Lui, il aime bien (mais bon ses goûts culinaires sont particuliers : il trouve que les croquettes du chat – celles au poisson – sentent  « trop bon ! »).

Il adore également verser du sucre en poudre sur la table et s’en coller plein ses doigts gluants. D’ailleurs il fait la même chose avec le sel.

Nous allons finir par ranger le sel et le sucre avec les produits dangereux (et le PQ) : hors de portée du Môme.

Ce souci de disparition de matière première peut commencer dès la cueillette. C’est ainsi que cet été, alors que nous ramassions des groseilles afin d’en faire un gâteau, nous avons remarqué que Fils Cadet confondait son estomac avec le panier de récolte. C’était ballot … (enfin plutôt ballonné pour sa part …) (glamour … toujours).

  • Étaler une pâte à tarte.

Toi, le parent, tu vas mettre 1 minute à l’étaler cette pâte à tarte (2 mn si tu décides de la faire légèrement feuilletée) (grand fou). Mais ton Môme (aux yeux de Chat Potté) te réclame le rouleau à pâtisserie. Tu craques évidemment.

L’enfant se met alors debout sur sa chaise et commence l’opération en tirant la langue. Au bout d’une minute d’effort intense (il est tout rouge), la boule de pâte ressemble à un long « rectangle » de 40 cm sur 10 cm et … d’un centimètre d’épaisseur (d’ailleurs dans ce cas, les programmes de 6ème nous obligent à utiliser le terme « parallélépipède rectangle » car on travaille un volume et non plus une surface) :

– C’est bien hein ? s’enquiert le Môme,  fier de lui (le Môme est toujours fier de lui).

A moins de vouloir confectionner un pâté lorrain, ça craint. Plutôt que de révéler la cruelle vérité, tu préfères pratiquer la pédagogie contradictoire (très inefficace) : tu le félicites chaudement MAIS lui conseilles de recommencer car tu aimerais bien un rond … en fait (et tu en profites pour lui faire une leçon sur les formes au passage).

Tu voudrais bienlui  faire une démonstration de ta dextérité d’aplatissage de pâte, mais peine perdue : le rouleau à pâtisserie est entre les mains de l’enfant et le Môme n’est point prêteur : c’est son jouet maintenant et il refuse de te le rendre, même 30 secondes. Il t’assure qu’il peut y arriver seul.

Cette activité se termine souvent dans des cris de frustration chez moi. Mais bon, on persévère …


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(Private Joke pour LdmJ) Voilà ce qui se passe si c’est lui qui est mon aide cuisinier :

***


Le Môme aime partager ses microbes.

Je ne vais pas te mentir : il y a quand même des moments sympas … Oui, c’est dingue, mais cela arrive. Sinon, j’aurais arrêté depuis fort longtemps. Par exemple les regarder « relicher » le plat (mot de patois de grand-mère easterosienne). J’aime également passer du temps avec eux, papoter, les regarder s’appliquer 2 minutes puis se mettre de la farine jusque dans les cheveux.

Ce que j’apprécie moins, c’est quand le Môme « reliche » le saladier alors que l’intégralité de la préparation est encore dedans … (de fait il ne « reliche » pas : il mange).

Fils Cadet n’hésite pas à GOÛTER la pâte à TOUTES les étapes de la confection d’un gâteau  : il mélange la farine avec les œufs trente secondes : il goûte … Il rajoute le lait, il touille trente secondes, il goûte …  Il rajoute le sucre … Bref, tu as compris : il léchouille le fouet toutes les trente secondes environ puis le remet allègrement dans le saladier. Hummmm. C’est pas comme si les Mômes étaient des nids de microbes ambulants.

Ils se lavent toujours convenablement les mains avant de m’aider, mais quand ils reniflent au-dessus du plat et s’essuient le nez dans leur manche, c’est pas glop du tout. De même ils n’hésitent pas à remettre dans la préparation des ingrédients qui leur ont glissés des mains (et sans les laver, hein).

L’expression : « Tout ce qui ne tue pas rend plus fort » a vraiment pris son sens en les regardant préparer un repas. Les premières années de leur vie, j’ai connu quelques mésaventures digestives, aujourd’hui je suis un roc.

 Comme je suis sympa, j’ai tout de même dressé une liste de certaines activités culinaires dont le Môme est friand et pendant lesquelles il peut même se révéler utile (tout arrive).

Tu peux leur confier de nombreuses petites tâches. En général, les trucs répétitifs et bien relous : ils adorent. Profitons-en donc sans aucune arrière-pensée.

  • Malaxer la pâte à tarte.

Plus une pâte à parte est travaillée, meilleure elle est. Personnellement j’ai horreur d’y passer plus de 2 minutes, alors que les Mômes adorent le faire. Cela ressemble à une grosse boule de pâte à modeler. Une pâte à modeler drôlement bonne qui plus est ! Note bien que Fils Cadet mange de toute façon n’importe quelle pâte à modeler (elles sentent « trop bon » !) mais, celle-là au moins, elle est comestible.

Bon le truc pénible ensuite c’est qu’ils veulent l’étaler eux même … Confère chapitre précédent.

  • Essorer la salade.

C’est sûr qu’elle est bien essorée ta salade quand tu laisses l’engin aux mains de ton Môme. Il joue 1/4 d’heure avec le bidule qui tourne : il ne subsiste donc aucune trace de liquide dans la laitue et tu as pu avancer dans ta préparation pendant qu’il avait les mains occupés. Tout  le monde est content.

  •  Utiliser les emporte-pièces pour faire des biscuits.

C’est la partie bien pénible de la confection de petits sablés : leur donner une forme de cœur, de rond, de licornes, … C’est soûlant, mais en général les Mômes adorent faire cela. Donc, on les laisse le faire. Attention cependant à ne pas étaler la pâte trop finement, sinon, le sablé se casse et cela énerve l’enfant (peu patient en général) : tu te retrouves alors seul(e) en cuisine pour terminer les 15 douzaines de biscuits tandis que les Mômes sont partis jouer sur un laconique :

« Tu termines maman, hein ! » 

  • Dresser les pommes sur la tarte.

Le truc bien pénible : mettre les dizaines de morceaux de pommes bien en rond sur la tarte, ou pire disposer les  mirabelles coupées en deux. Personnellement moi, je retourne le saladier avec les fruits coupés sur ma pâte à tarte et je secoue dans tous les sens jusqu’à ce que cela ressemble à quelque chose (ou presque) (ou pas).

Sur ce sujet, mes Mômes sont plus patients et aiment bien que la tarte ressemble à un jeu d’illusions d’optique en fabriquant une jolie spirale.

***

De manière générale les enfants aiment bien que le résultat final soit joli à regarder. D’ailleurs, ils adorent cuisiner avec leurs grands-mères, car le plat ressemble toujours à quelque chose de sympa (contrairement à la maison ^^).

 D’ailleurs, pour terminer, je te propose en exclusivité quelques photos des derniers plats préparés par Fils Aîné et Mamou : des bonhommes, un collier et des champignons vénéneux :

 

PicMonkey Collage

 


 ***  GÉNÉRIQUE DE FIN  ***

Voici venue l’heure de noter cet épisode.

Alors combien me mettrais-tu pour la présentation, le contenu et l’ambiance de ce billet ?

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