Nous avons vécu de chouettes vacances à Saint-Cyprien. Pour terminer en beauté notre séjour et faire plaisir aux enfants, nous leur avions promis une balade en soirée à la fête foraine de ce village balnéaire (en réalité, nous avions pensé y échapper mais, depuis que Fils Aîné sait lire les banderoles des avions publicitaires, c’est moins facile).

Nous pensions tout de même passer un bon moment en famille. Nous étions naïfs.


*** GÉNÉRIQUE ***


Lundi 21 Juillet 20h30

Chaque tour de manège étant hors de prix (fête foraine + bord de mer + été = attrape-nigaud), les enfants sont donc limités sur le nombre d’attractions (4 chacun)(et pas de deuxième service)(sauf pompon). Ce n’est pas un souci pour Fils Aîné, qui a toujours été très raisonnable dans ce genre de sortie. C’est plus difficile pour Fils Cadet. Mais bon, nous sommes habitués à devoir tout le temps répéter les règles à notre petit despote.

Fils Aîné veut absolument réaliser  le parcours du Palais du Rire. Il l’a déjà fait avec son père à Winterfell et il a adoré. Vu le tarif de l’entrée (je te dis pas le prix, c’est indécent) (4,50€) LdmJ juge que notre Aîné est suffisamment grand pour y aller sans lui.

Il a tort …

Fils Aîné ne rigole pas longtemps dans le Palais du rire  (mouhaha) (non, en fait c’est pas drôle …). Au tiers du parcours, il veut sortir  : il a  peur des bruits à l’intérieur… C’est ballot. D’autant plus qu’à côté, Fils Cadet s’éclate dans un parcours en mousse avec baballes et toboggans (que nous avions pourtant conseillé au grand) et qu’il réalise à plusieurs reprises (en faisant le parcours à l’envers et remontant les toboggans) (il a le droit, hein) (je demande deux fois au gars de l’entrée, histoire d’être sûre) (oui, je ne suis pas une rebelle).

Première déception de l’Aîné. Premiers pleurs. Il n’est que 20h37.

Après deux tours de manège chacun et en attendant l’ouverture de THE attraction du soir : le Train FantooÔÔoome, nous leur proposons une sucrerie. Fils Cadet choisit une Barbe à Papa et Fils Aîné tergiverse longtemps . Il n’a jamais mangé de Barbe à Papa auparavant, donc il hésite avec la traditionnelle gaufre…

Finalement, et de manière assez surprenante, il fait le choix de l’inconnu. Le choix d’être déçu. (Oui, je suis une poétesse) (une poétesse ratée).


 

*** COUPURE PUBLICITAIRE ***

Voici venir les Barbapapas !


 

Les Barbes à Papa étant venues, je prends mes garçons en photo pour immortaliser cette instant de grâce (avant l’enfer).

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Fils Cadet est particulièrement mignon  (je suis aussi une photographe ratée)

 

A la première bouchée de Fils Aîné, je sais que cela n’ira pas. Il grimace fortement … En même temps c’est dégueu une barbe à  papa. Et puis cela lui colle aux doigts et il déteste ça. La fatigue ajoutée à la déception d’avoir choisi la mauvaise sucrerie ainsi que la mauvaise attraction au début … oh, je ne le sens pas, là. Il se met à chigner : le genre de « chignottements » très pénibles pour les parents, et surtout inconsolables. Il refuse que j’échange mon nacho bien gras avec sa sucrerie au sucre : j’étais pourtant prête au sacrifice maternel ultime, tu vois ! LdmJ, pour sa part, n’est pas disposé à échanger sa gaufre (faut pas déconner non plus) : le sacrifice paternel n’existe pas. #ThéorieDuGenre

Soudain, Fils Aîné porte la main à son cou et s’écrie :

– AHHHHHHHHHHHH, un morceau de barbe à papa s’est collé dans ma gorge !!!

Il se jette par terre en hurlant : « DE L’EAU ! » (logique)

Son père, excédé, lui dit que nous avons de l’eau dans la voiture et, puisque c’était ainsi, nous allons y retourner.  Pendant que Fils Aîné fait mime de s’étouffer avec son morceau de Barbe à Papa (ce qui aurait pu être drôle, mais en fait c’était vraiment tragique) (pour nous), je lui explique que c’est  techniquement impossible de s’étouffer avec un truc gluant et mou.

Puis, comme dans une suite de réactions chimiques, tout s’enchaîne : Fils Cadet se met à hurler à son tour, quand il comprend que nous allons rentrer sans avoir testé SON train fantooÔÔoome. Les deux Mômes passent en mode « Crise Intensive » en l’espace de deux minutes. J’ai la Barbe à Papa du grand dans la main et je vois celle du petit commencer à piquer dangereusement du nez derrière les fesses de LdmJ (oui, ce détail est important pour la suite de l’histoire). Je récupère donc la sienne également le temps qu’il se calme.

Je tiens donc les deux Barbes à Papa d’une main et Fils Cadet de l’autre et nous rebroussons chemin vers la voiture.

Arrivés en bout de fête foraine, exténués (alors que nous avons marché une petite centaine de mètres), une petite mamie s’arrête devant Fils Cadet et lui dit sévèrement:

– Mais enfin, il faut arrêter de pleurer !

Je crois que si j’avais un bazooka sous la main, je la dézinguerais (fatigue + hurlement d’enfants dans mes oreilles + « Mais de quoi elle se mêle la vieille, on s’en va de toute façon »). Elle doit comprendre à mon regard, qu’il vaut mieux pour elle de s’éloigner.

Digression : C’est d’ailleurs assez dingue cette capacité qu’ont certaines personnes à penser qu’elles feraient mieux que les autres en matière d’éducation, sans connaître l’historique (ne serait-ce que celui de la journée : réveil à 6h30, pas de sieste, …) du vécu des gamins. Cela me rend dingue de recevoir parfois des conseils de certains qui n’ont pas eu à s’occuper d’enfants depuis fort longtemps ou qui n’en ont jamais eu. Ils pensent toujours avoir une légitimité pour telle ou telle autre mauvaise raison. En attendant, à moins que je ne demande clairement un conseil, je me passe fort bien de ceux des autres, à priori ceux des inconnus dans les fêtes foraines (ou dans la rue, comme ça nous est arrivé encore la semaine dernière). Fin de la digression.

De guerre lasse, je me débarrasse dans la première poubelle venue, de la Barbe à Papa de Fils Aîné, quand ce dernier s’arrête miraculeusement de pleurer : « hallelujah » minauderait Jeff Buckley :

– Oh ça y est ; je ne sens plus la barbe à papa dans ma gorge. Elle doit être dans mon estomac maintenant … On peut aller dans le Train Fantôme finalement.

LdmJ, dont de la vapeur sort encore des naseaux narines, ne veut plus, mais il se laisse convaincre par nos regards de Chat Potté :

 

Alors que nous remontons calmés vers le manège, avec un LdmJ grommelant, Fils Cadet s’écrie soudain :

– Mais elle est où ma Barbe à Papa ?

Fatal Error.

Je prends conscience que j’ai jeté les DEUX put#%¤ de Barbes à Papa dans la poubelle !

Notamment, celle du petit.

Qui adore ça.

Il se remet donc à pleurer.

Pour rester dans la thématique du chat, voici mon état d’esprit du moment :

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Facepalm

Je m’aperçois qu’il reste un gros morceau de Barbe à Papa collé sur le derrière du pantalon de LdmJ (au niveau des fesses) (façon queue de Bunny) (rose) : je la récupère discrètement et la donne au Cadet en lui affirmant que c’est tout ce qu’il reste de la sucrerie et que la baguette (qui n’est pourtant pas magique) a disparu.

Voilà comment je réussis à calmer le petit (30 secondes) (même pas honte).

Le Train Fantôme réussit à le calmer complètement (1mn30).

Je ne te dis pas le prix que nous payons, c’est indécent (10€). Alors que nous sommes installés, l’adolescent – qui venait de nous encaisser dans la guérite – se dépêche de passer devant notre wagon et entre dans l’attraction en enfilant le masque du tueur dans Scream …    -_-

La porte s’ouvre, notre benne s’avance et le jeune caissier nous tombe dessus en faisant « BOUHAHAHA » (Whatasurprize !!!)

Bon, les Mômes sont quand même surpris et crient (ils sont bon public, bon public, bon public).

Après être « montés d’un étage », avoir poliment sursauté devant deux araignées et une sorcière, j’aperçois, notre ami le caissier courir vers la sortie de l’attraction. Nous le retrouvons donc muni d’une tronçonneuse un peu plus loin. Comme sa machine en plastoc heurte (très légèrement) la tête de Fils Cadet, celui ci hurle de toute ses forces et se remet à pleurer … La porte finale s’ouvre. Le tour  se termine donc au bout d’une minute trente (peut-être moins), j’ai mes 10€ en travers de la gorge et les pleurs de peur du Cadet dans les oreilles.

Après ces émotions, c’est soulagés que nous prenons le chemin de la sortie (avec deux enfants reniflants) et une question existentielle :

« Mais elle est OU ma Barbe à Papa ??? »

 


  Moralité : on aurait mieux fait de siroter un apéritif en laissant les Mômes regarder la soirée spéciale Pokémon sur Gulli.

Mais, on ne nous y reprendra plus. Ce n’est pas comme si nous étions des habitués des sorties pourraves (souviens-toi)!


*** GÉNÉRIQUE de FIN ***

 Je laisse la conclusion à LdmJ qui a eu cette phrase finale, tellement vraie, alors que nous remontions dans la voiture  :

« Quand je pense que cette sortie hurlante nous aura coûté le prix de 2 bouteilles de Banyuls …  Grande réserve … »

PS : LdmJ ne fut pas vraiment ravi de découvrir le lendemain des traces de Barbe à Papa collante sur son pantalon. (J’avais omis de lui en parler).

PPS : Fils Cadet me demande encore où est passé la Barbe à Papa de la fête foraine … Deux mois plus tard.

PPPS : Cette semaine, j’ai adoré cet article de « Ma vraie vie de MaF » qui n’apprécie pas non plus ce genre de sortie.

 

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