Les peurs enfantines sont variées : qu’ils s’agissent de monstres, du vide, du noir, d’être seul, des gens, des extra-terrestres, des épouvantails … Quand l’enfant grandit, elles évoluent. Mais lui apprendre à apprivoiser ses angoisses l’aide à grandir. Encore faut-il être là pour l’accompagner.

J’ai écrit, il y a quelques semaines, un article concernant les peurs parentales. Des peurs souvent centrées sur la maladie, l’angoisse de l’avenir, et d’autres choses bien trop sérieuses. Les Mômes ont des peurs bien différentes des nôtres (sauf en ce qui concerne les araignées ) (et les insectes) (et les clowns) (en fait, je suis encore une enfant).

*** GENERIQUE **

Le groupe The National a peur de tout le monde :

***

Difficile de réaliser à quel moment nos Mômes ont eu leurs premières peurs. Tant qu’ils ne verbalisent pas : on peut juste supposer … et essayer de comprendre. Ceci dit quand ils verbalisent, ce n’est pas toujours évident non plus : « Y’a dé monchtres you ma li ! »

Euh Whaaat ?

 

La peur de la séparation et des étrangers

Vers 8/9 mois, on parle de la première peur enfantine comme celle la séparation . Je n’ai pas pris conscience de cela : les miens ont toujours été très sociables et ils passaient de bras en bras sans se départir de leur sourire.

Ils n’ont jamais crisé non plus quand je les déposais à la crèche (ou à l’école). La mère agaçante, qui s’en allait en moins de 2 minutes sans se retourner c’était moi . Pendant que ma voisine de casier devait détacher un à un chacun des doigts de sa fille accrochés à sa jupe, le mien avait déjà le nez dans la bassine de Duplo. Chacun ses emmerdes, en fait : si cela se trouve la sienne faisait des grasses matinées à n’en plus finir et était grognon d’avoir été réveillée ; le mien avait la pleine patate depuis 6h du matin  -_-  donc bon, hein …

Mais c’est vrai qu’en grandissant, Fils Aîné est devenu « plus sauvage » : il n’aime pas spécialement aller vers un adulte qu’il ne connait pas. Honnêtement, cela ne me dérange pas, c’est une peur plutôt saine (tant que cela reste dans une certaine mesure). Par exemple, je ne les ai jamais poussés à embrasser des personnes qu’ils rencontraient pour la première fois … On leur dit déjà tellement de choses contradictoires, donc :

-Ne parle pas aux inconnus !

suivi de :

-Va faire un bisou à la dame.

ne me semble pas très pertinent.

De même : vouloir absolument qu’il fasse une photo avec LE un Père Noel peut le traumatiser …

pere-noel-veut-pleurer-aussi

Fais un sourire, le Môme !

S’il a peur du gros barbu, on ne le colle pas dans ses bras : cela semble assez évident, mais bon …

 

Les peurs nocturnes.

La peur du noir.

La première peur dont j’ai pris conscience pour Fils Aîné fut la peur du Noir. Vers 18 mois, alors qu’il s’endormait très bien tout seul, il s’est mis à faire des crises  de plus en plus longues … chaque soir. Puis s’il se réveillait dans le courant de la nuit : c’était reparti … En bon primipares, nous étions désemparés (et fatigués).

Nous avons donc lancé des appels au secours  :

-Mais pourquoi , pourquoiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii il ne veut plus dormir ?

Un copain nous a répondu :

– Vous avez essayé la veilleuse ?

Ce conseil a sauvé nos nuits et nous a permis d’envisager un deuxième enfant. Après la mise en place de ce petit objet, notre fils a recommencé à passer de bonnes nuits. Magie lumineuse.

Encore aujourd’hui, à prés de 7 ans, il en a besoin pour s’endormir. Il y a quelques mois, après le dernier câlin du soir, je l’ai entendu râler que j’avais oublié de mettre sa veilleuse. Je retourne donc dans sa chambre pour réparer l’oubli. Mon Aîné, qui est quand même un grand garçon, fanfaronne :

– Tu sais je n’ai plus peur du noir, hein je suis grand !

– Tu n’as plus besoin de cela alors ? dis-je en agitant l’objet lumineux.

– Non, mais en fait je n’ai plus peur du noir CLAIR, mais j’ai toujours peur du noir SOMBRE. Mets la veilleuse, s’il te plait.

Après ces « éclaircissements », il s’est recouché satisfait.

Fils Cadet a toujours eu une veilleuse dans sa chambre (nous avons anticipé) et puis en fait c’est drôlement pratique le soir, quand tu vas t’assurer qu’ils dorment bien, d’avoir un peu de luminosité pour slalomer entre les petites voitures mal garées et éviter ainsi de t’écorcher les orteils (et de devoir te prendre le pied à deux mains, tout en vociférant des jurons silencieux) ou pour éviter de mettre en route leur livre musical négligemment ouvert sur le sol à la page du zoo (et réveiller le petit endormi par des barrissements d’éléphant).

Fils Cadet est toujours étonné quand il rentre dans notre chambre (vers 6 heures 30 du matin) (le week-end) :

-OHHHH tu n’as pas peur du noir ?

-Ben non, tu vois.

– C’est parce que tu dors avec papa ?

– Euhh non, je pourrais dormir sans ton papa et sans veilleuse.

– Oui, mais tu dors touzours avec Papa. 

CQFD.

La peur du MooOOOooostre (et autres Fantômes).
005

MooOOoonstre !

014 (560x800)

FantooÔÔoome !

 

A prononcer ainsi bien entendu.

Fils Cadet dessine des monstres tout le temps (voir ci-dessus), joue aux monstres dans la cour avec ses copains, veut toujours regarder « Scoubidou et le MooOOOoonstre du Lac » mais fils Cadet, en fait, il a grave la trouille de rencontrer un monstre en vrai. Même si bon :

– Ze sais que les MooOOoostres n’existent pas, mais la nuit z’ai peur qu’il y en ait dans la chambre.

 

La nuit : tout est différent. Un jour nous avons retrouvé le petit sanglotant et terrifié parce que va veilleuse projetait l’ombre de sa lampe de chevet sur le mur : honnêtement, on aurait juré un monstre en ombre chinoise. Comme quoi, parfois la veilleuse peut jouer de vilains tours.

Pour se convaincre que tout cela n’existe pas, nous avons expliqué ce que voulait dire le mot « imagination ». Et bien … c’est très compliqué à expliquer en fait. Mais Fils Cadet en a retenu l’essentiel :

– Les Mooonstres et les sorcières, cela n’existe que dans « l’imazinazination » de notre tête. Mais pas en vrai !

Ce à quoi Fils Aîné rajoute :

-Et les loups : ils existent … mais pas dans notre pays.

Tout ce qui fait flipper : les loups, les araignées qui mordent, les crocodiles : pas dans notre pays (nous avons simplifié …)

Nos enfants se sont inventés un jeu entre eux. Ils donnent le nom de quelque chose (objet, animal, …) et si cela existe, l’autre joueur doit répondre : « C’est folie » et dans le cas contraire : « C’est pas folie »   …  (ouais la règle est bizarre) (je sais).

Ce qui donne :

-Les sorcières : c’est folie ou c’est pas folie ?

– C’est pas folie ! Et les ours : c’est folie ou c’est pas folie ?

– C’est folie … mais pas en France. Hein maman ?

– Bah  … ils sont pas en Easterosie en tous cas (par contre à Harrenhal) (demande à Brienne) (pardon je m’égare encore)

Il peuvent jouer à ce jeu 1/2 heure en voiture. A la fin, tu as juste envie de leur demander :

-Et la folie, c’est folie ou c’est pas folie ?

Parce que leur jeu me rend folle (ou folie, si tu préfères).

 

La peur des insectes et autres araignées

Oui, je sais que les araignées ne sont pas des insectes : une sombre histoire de pattes. De toute façon elles en ont beaucoup trop. Tu auras compris que je ne suis pas très à l’aise avec ces dernières moi non plus. Ce qui explique peut-être la trouille de mes enfants.

Pour conjurer leurs peurs : ils chassent les araignées. Par exemple dans leur cabane en plastoc dehors, ils prennent des bâtons de bois et vont essayer de déloger celles qui ont eu la folie de se réfugier sous leur toit (quelle idée aussi) (les araignées n’ont sans doute pas d’oreille, car mes Mômes ne parlent pas dans leur cabane : ils hurlent). Ils frappent donc à côté de l’araignée afin qu’elle s’enfuie. Evidemment au bout d’un certain temps ce qui doit arriver, arrive : l’araignée  leur tombe dessus. Et là, c’est le drame. Mes deux garçons se mettent à hurler , se montent dessus pour atteindre la sortie de leur cabane (50 cm derrière eux), puis courent jusqu’à l’autre bout du jardin (sans s’arrêter de hurler).

Tout dans la mesure, donc.

On dirait leur mère.

Dans le même genre, j’ai retrouvé Fils Cadet sanglotant et tétanisé dans sa chambre. Il ne bougeait plus et son visage était figé dans une expression d’horreur. Inquiète je lui demande de me parler afin de m’expliquer ce qu’il a vu (je dois avoir la même expression quand je regarde un retournement de situation sanguinolent dans GoT). Finalement, sa main se lève … tout … doucement … et son doigt m’indique quelque chose sur son tee-shirt.

Je m’approche et découvre

un peu de toile d’araignée roulée en boule.

C’est vrai que c’est fourbe une toile d’araignée. C’est collant et cela s’accroche partout et puis au centre de la boule, si cela se trouve l’araignée attend  … tapie. Cela me fait également criser quand je marche tranquillement et que je me retrouve avec une partie du corps prise au piège. Notamment quand cette partie est le visage. Brrrrr ! Vision d’horreur.

Bref, autant dire que mes enfant sont dans l’incapacité d’aller rechercher quoique ce soit qui a roulé sous leur lit ou sous un canapé, même si l’objet est encore visible :

-Z’ai peur, y’a peut-être une toile : vazy toi !

Ce qui me rappelle une autre anecdote. Le mois dernier, chez Mamée, les enfants ont découvert le bruits des grillons. Ce sont des insectes très peureux qui se cachent dans leur trous à la moindre vibration. Autant dire que mes Mômes ne peuvent s’en approcher à moins de 50 mètres.

trou_grillon

Petit, petit petit ?

 

Je leur explique comment je procédais – petite fille – pour pouvoir les observer. Nous nous plaçons donc devant un trou de grillon avec une grande herbe, j’y introduis la partie non piquante. Normalement si l’insecte est embusqué dans sa galerie, le chatouillement doit le faire sortir.

Puis soudain je me souviens de la dernière fois où j’ai tenté de faire sortir un grillon : à la place de l’insecte chanteur, une grosse araignée était apparue (type tégénaire) : un coup de malchance, elle avait dû se réfugier là par hasard. Mais le souvenir est bien présent. Du coup, ma main tremble légèrement. Je choisis un brin d’herbe très très long et quand enfin je sens quelque-chose entrain de bouger dans la galerie, je panique et me recule effrayée (de 5 mètres). Fils Aîné pense maintenant que les grillons font peur et je crains ne lui avoir transmis cette (fausse) phobie … vu qu’il a catégoriquement refusé d’aller chatouiller l’insecte dans son repaire. Nous sommes donc revenus broucouille de notre chasse.

Il en  a quand même vu un dans la cour de sa grand-mère. Ce dernier avait dû être « abîmé » par un des chats de Mamée car, malheureusement, il avait dû mal à se déplacer : nous l’avons remis dans l’herbe vers laquelle il se dirigeait tant bien que mal.

 

*** COUPURE PUBLICITAIRE ***

Le petit Sheldon a peur des oiseaux :

***

Les peurs particulières.

Gamine j’avais la phobie des clowns. Leur maquillage ressemblait à une grimace flippante. Je craignais également les marionnettes. Déjà le fait que quelqu’un soit derrière pour les animer était dérangeant, mais leur voix était toujours effrayante surtout si le marionnettiste était ventriloque. Et que dire de leur TÊTE ?

e5cwn66v

La marionnette dans « Buffy contre les vampires »

Cela se passe de commentaire …

Ceci dit à mon époque les marionnettes avaient une bouille plus sympa :

Nestor le pingouin :

Source : Eighties.fr

Source : Eighties.fr

Et (bien sûr) Tatayet :

source : regain2012.com

source : regain2012.com

Gamine, j’ai également souffert d’un autre type de phobie assez peu commune. Souvenez vous, j’avais placé ce statut facebook l’année dernière :

Fils Aîné s’approche les mains dans son dos :

– Tu sais, l’autre matin, papa m’a mis le disque qui te fait peur.
– Ah ? 

[le temps que mes neurones se reconnectent, je pense à des disques bruyants et pénibles genre noise rock].

– Oui et moi, je n’ai pas eu peur !

[Ouais, ce qui est un peu étonnant vu qu’il est du genre à sursauter au moindre bruit, mais bon.]

– C’est quoi ce disque ?

Et là il me dégaine un vieux 33T de :

….

CHANTAL GOYA avec un lapin ou un chasseur et des bonhommes étranges tout autour. Je frissonne.

– Attends on va trouver autre chose mon chéri…

Je suis toujours chantalophobe. Désolée, mais une dame qui s’habille en fillette et qui s’amuse avec des lapins parlants, c’est flippant (exception faite de Blanche-neige).

Lot-De-4-Disques-45-Tours-De-Chantal-Goya

« Où est Charly ? » version Chantal Goya

 La peur mignonne (mais qui sent pas bon)

Je ne résiste pas à l’envie de te raconter la peur d’un des enfants d’une amie. Tout a commencé un jour de grand vent (on dirait le début d’une histoire de Winnie l’Ourson ^^) Ma copine marchait dans la rue avec son fils de 2 ans, quand soudain, une poubelle géante à roulette s’est détachée du mur et a commencé sa lente progression vers eux (genre à 2km/jour). Mon amie a choppé son fils et s’est mis à courir un peu effrayée.

Depuis, chaque fois que son petit voit l’un de ces monster-trucks à déchets , il lui dit :

– Z’ai peur !

et il veut s’enfuir en courant.

Elle a réussi à lui transmettre la poubellederuephobie. Poke Béa. :p

 

Quelques lectures ?

Je ne peux rien faire pour les peurs étranges genre poubelles ou Chantal Goya. Cependant, il existe un nombre incalculable de livres jeunesse centrés sur les peurs enfantines. Nous possédons à la maison quelques uns d’entre eux :

Lou et Mouf : Ça fait peur ! de Jeanne Ashbé

Un livre pour les tout-petits. Il a rencontré un vif succès ici : Lou, accompagné de son doudou Mouf, se rend compte que les choses que l’on aime et qui semblent anodines peuvent parfois devenir effrayantes (genre papa avec un masque).801891

 

Va-t-en mon cauchemar, de Véronique Chéneau.

Un grand classique chez nous. Je pourrais t’en réciter chaque ligne. Les enfants y trouveront plein d’astuces pour se débarrasser de leur cauchemar.

Cheneau-Va-T-En-Mon-Cauchemar-Livre-846695409_ML

 

Peur du Noir ? de Laurence Gillot et Florence Langlois

Pour les plus grands, un livre très complet qui détaille de nombreuses peurs que les enfants peuvent ressentir dans la noir (les voleurs, le monsieur du tableau dans le couloir, les extra-terrestres, le monsieur caché derrière les rideaux, …). Et pour chacune d’entre elles, un remède loufoque est proposé. Un bon moyen pour parler de leurs peurs (et d’en rire).

De plus, nous avons rencontré Laurence Gillot lors d’une séance de dédicace et elle est très sympa. Elle a trouvé que LdmJ imitait parfaitement les voix des monstres (il fallait bien occuper Fils Cadet pendant que je patientais pour faire signer leur livre 😉 )

53519298_p

 Benji à la belle étoile de  Guido van Genechten 

Où tu apprends qu’en fait les parents aussi ont peur du noir.

Benji est un petit lapin courageux qui veux passer la nuit seul sous la tente. Mais la nuit tout devient effrayant (même ses parents).

vangenechten

Même pas peur des araignées (cahier d’activité Minus Edition)

Top, top, même si une fois complété Fils Aîné a toujours aussi peur des araignées. Cependant, il s’est beaucoup amusé ! Et il est maintenant capable de donner le nom des araignées les plus courantes. Récemment il m’a montré une épeire, dans le jardin. Il est aussi capable de reconnaître les tégénaires (brrrr).

Je parle de ce cahier plus en détail ICI.

Ghesquiere_20121025_12-24-55_Minus_Editions

 

Un visiteur inconnu de … Disney ,

Je termine par un livre de Winnie l’Ourson. Oui. J’assume. Jean-Christophe explique à l’ourson-con-con préféré des enfants ce qu’est un inconnu et pourquoi, il faut s’en méfier. Le livre se termine par les règles de prudence à respecter et c’est bien fait (si ,si). Bref, si comme LdmJ, tu trouves ce livre en vide-grenier : n’hésite pas !

un-visiteur-inconnu

 

*** GENERIQUE ***

Winnie a peur des Ephélants et des Nouifs :

(ouais mais ils n’existent que dans la Forêt des Rêves Bleus)

(et ils sont drogués) (c’est pas folie).

***

 

Rendez-vous sur Hellocoton !
23 Comments