Je n’ai pas toujours envie de lire « La Petite Poule Rousse » à Fils Cadet.

Oui, c’est un aveu très lourd, j’en ai conscience.

Mais il faut me comprendre : je n’ai presque plus le temps de lire autre chose que des histoires à mes enfants. Et parfois, c’est lassant. Aujourd’hui, la plupart de mes lectures, je les récite en modifiant ma voix. Parfois, le soir dans mon lit, il m’arrive de continuer à lire une ou deux lignes de mon bouquin à voix haute (la force de l’habitude sans doute). Cela passe mal auprès de LdmJ surtout s’il s’agit de chick lit ( <– j’ai mis un lien wiki sur ce dernier terme, au cas où tu ne connaîtrais pas ce « genre littéraire ») (ma seule excuse est d’être une jeune maman au cerveau ramolli).

 

*** GÉNÉRIQUE ***

Le pouvoir de la lecture sur Hollywood  :

(si tu es fan de GoT et que tu lis les livres de George R.R. Martin, je te conseille cette chanson qui devrait bien t’amuser)

(tu peux activer les sous-titres dans les paramètres)

 

 ***

L’année dernière, j’avais écrit cet article portant sur les lectures très enrichissantes des Mômes : Petit Ours Brun, Tchoupi, Monsieur/ Madame. Avec une joie non dissimilée, je t’annonce que ce temps semble révolu. Ce bon vieux Tchoupi traîne toujours sur l’étagère mais il n’est plus choisi SAUF quand Fils Cadet veut absolument apporter un livre à la Maternelle : il emmène régulièrement « Tchoupi  va à l’école » (en même temps, c’est un choix logique).

 

La boulimie.

Mes Mômes ont toujours entretenu un rapport boulimique avec les livres. Pour les calmer vers 2/3 ans (c’est donc encore d’actualité pour Fils Cadet) il suffisait de dégainer les armes de canalisation massive : des livres.

Quand Fils Cadet court partout en hurlant, je me sacrifie régulièrement en demandant d’un ton vaincu convaincu :

– Tu veux que je te lise un livre ?

Evidemment mon trois ans répond systématiquement un « oui » enthousiaste ! Mais il ne ramène pas un livre.

Non.

Il en ramène une dizaine.

Gloups.

Ensuite, il faut les lire dans un ordre suivant un algorithme bien défini mais connu de lui seul. Une histoire de Babar peut ainsi être suivie par « Grosse colère » de Mireille d’Alancé. C’est comme si je lisais « Les Misérables » après avoir lu « Le journal de Bridget Jones ». Fils Cadet est éclectique.

Le seul souci est le côté aliénant de cette activité pour le parent lecteur. Avant d’avoir des enfants, je me disais que les pauses lectures seraient forcément des moments appréciables. Mais, en réalité, au bout d’une demi-d’heure j’ai la gorge en feu (je suis douillette) et je trouve le temps extrêmement long.

Le lobby des lectures enfantines est puissant. Tu ne peux décemment pas refuser une histoire à ton Môme. Par contre, à partir du dixième bouquin, tu peux tenter d’ouvrir une négociation.

Le rituel du soir est plus dictatorial car nous avons mis en place des règles strictes : un seul livre par enfant. Et un seul parent par livre (ces règles ont été écrites sous contrat moral). Donc chacun des deux parents lit une seule histoire à un seul enfant, et on alterne chaque soir . Evidemment, les Mômes préfèrent quand c’est moi qui lit (phrase censurée par le parent relecteur).

Donc : un seul livre par enfant. Le problème réside dans le choix du livre. Parfois les parents s’échangent des infos d’une porte de chambre à l’autre :

-Il a choisi quoi le tien ?

– Héhéhé, « Patouch la Mouche » (8 minutes) Et toi ?

– Pfffffff, le dernier Pomme d’Api (35 minutes …)

– Pas de chance … (en vrai, l’autre parent s’en fout) (évidemment).

 

La période des questions.

Fils Cadet a trois ans et demi. Fils Cadet pose plein de questions.

Donc parfois, la lecture de l’histoire peut se révéler plus longue qu’initialement prévue. Si Fils Cadet choisit le livre d’Antoon Krings : « Patouch la Mouche » ; voilà ce que cela peut donner :

« Il était une fois une mouche qui s’appelaient Patouch. Elle … »

-Pourquoi ?

– Pourquoi quoi ?

– Pourquoi elle s’appelle Patouch, la mouche ?

– Parce que sa maman et son papa l’ont appelé Patouch, ils trouvaient ce prénom joli.  « Elle habitait …

– Pourquoi, sa maman, elle trouvait Patouch zoli ? C’est pas zoli Patouch !

– Et bien c’est vrai, c’est moche Patouch tu n’as pas les mêmes goûts que sa maman, c’est tout. Regarde toi : tu t’appelles Maxence, parce que ton papa et moi trouvions ce prénom joli, mais il y a peut-être des gens sans goût  qui trouvent que Maxence c’est moche.

– Pourquoi y’a des zens qui trouve QUE Maxence QUE c’est moche ? (pardon pour la formulation de la phrase mais la syntaxe à 3ans et demi est un concept assez flou) (ceci dit, c’est le même problème pour des élèves de 5ème).

– Parce les goûts, cela ne se discute pas.

– C’est quoi l’égout ? C’est la plaque qui sent pas bon au garage et qui a débordé ?

– Mais noooooooooon. Enfin si (charmant souvenir d’ailleurs). Enfin ici : ce n’est pas ça. Bon oublions l’égout et reprenons l’histoire, tu veux ?

– Oui.

« Elle habitait une bicoque plutôt cracra où elle ne devait pas faire le ménage. »

-Pourquoi ?

– POURQUOI QUOI ?

– Mais pourquoi elle ne faisait pas pas le ménage ?

– PARCE QUE C’EST RIEN QU’UNE UNE GROSSE FEIGNASSE ! MAINTENANT TU ME LAISSES LIRE CETTE HISTOIRE AU DELÀ DE LA PREMIÈRE LIGNE, MERCI !

– Parce que la saleté ne la dérangeait pas ; d’ailleurs écoute la suite :  » Mais, comme elle n’était pas d’une nature propre et ordonnée, elle…

– C’est quoi une « naturepropreetordonnée » ?

Face palm.

 

…… Parfois l’histoire de 8 minutes en prend 30 et tu vois ton conjoint revenir te narguer : « Ben quoi t’as pas fini ^^ ? »

 

 

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Le phase « des pourquoi » vus par Les Wriggles :

 

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Les BD de Fils Aîné.

Depuis que Fils Aîné sait lire, il passe beaucoup de temps le nez dans ses BD. Il s’est découvert une passion pour les Picsou Magazine et autres Lucky Luke, Boule et Bill et Gaston Lagaffe.

Son père lui en ramène chaque dimanche de ses virées vide-grenier (1 à 2€ la BD). Donc son stock commence à devenir conséquent.

Même l’histoire du soir est maintenant devenue une BD. Après d’âpres discussions, nous avons obtenu 8 pages maximum par soir (il est dur à la table des négociations enfantines). Ceci dit, 8 pages, c’est vraiment un maximum : car ce n’est pas très amusant de lire une BD à voix haute. Comme elles sont constituées presque exclusivement de dialogues, c’est très balèze. Tu es tout le temps obligé de changer de voix, ce qui est assez ardu pour tes cordes vocales (surtout pour la voix de Donald).

Pendant 3 semaines, il a voulu lire exclusivement des pages de « La caravane », une aventure de Lucky Luke. Comme nous alternions chaque soir, je lisais toujours les mêmes parties de l’histoire. Du coup , je ne sais toujours pas aujourd’hui qui est « le méchant » de l’histoire. Il y a un traite parmi la caravane, mais n’ayant point lu les 5 dernières pages, son identité reste pour moi un mystère. Quand j’ai fait part de cette constatation à LdmJ, il a rétorqué :

– Ah bon, ben moi, je l’ai lu au moins 5 fois la fin …

– Bah oui, forcément …

Quelle logique, mon mari.

Bref. Il m’a fait remarquer que je n’avais qu’à lire les 5 dernières pages toute seule, je lui ai rétorqué que je n’allais pas faire des heures supplémentaires. Non mais …

 

La conception de l’apprentissage de la lecture par Fils Cadet.

Je l’ai déjà écrit dans ce blog, mais Fils Cadet ne reconnait que très peu de lettres.  Il connait le M parce que c’est « ma première lettre de mon prénom », le A parce que c’est « ma deuxième lettre » et le S parce que « Ah oui, ça c’est facile : on dirait un serpent ! ». C’est à peu près tout.

Nous avons comme principe de ne pas « pousser » nos enfants : les apprentissages de Fils Aîné se sont fait par questionnements de sa part. Nous espérons qu’il en sera de même pour Fils Cadet. Tant que les lettres ne l’intéressent pas, eh bien tant pis pour les lettres ! Par contre quand il demande : « C’est quoi cette lettre? », on devient fou furieux : « Attends, je vais te chercher l’ABCdaire » le temps de revenir avec 2 plateaux de jeux et le dictionnaire, il est déjà parti à une autre occupation (genre dessiner un monstre).

Malgré ce manque flagrant d’enthousiasme pour les demoiselles qui forment les mots, Fils Cadet aimerait savoir lire. Il essaie régulièrement de nous faire croire que

« Çay est, ze sais lire, regarde ! »

Il suit du doigt un mot sur une bouteille en carton, puis récite en s’appliquant très fort : « Zus d’oranze »

C’était écrit : « Tropicana » mais bon l’intention était mignonne (ouais t’as vu, je fais du placement de produit sur mon blog) (gratuitement) (alors qu’on leur donne plus de 10€ par semaine).

En l’écoutant, je me suis souvenue de la même anecdote : à 5 ans j’avais prétendu à à mes parents qu’il était écrit « eau de source » en lieu et place de « Cristalline ». Il tient de moi ce petit.

En tout cas, il a réussi à mystifier totalement son frère récemment. Un matin, Fils Aîné est venu me voir en courant :

– MAMAN !!!  Fils Cadet : il SAIT LIRE !!!

Je l’ai suivi curieuse. Nous avons retrouvé le petit entrain de « lire » à son Nours Bleu l’histoire de Flash Mac Queen (le bolide rouge dans « Cars ») (au cas où)  :

Tu peux écouter toi aussi, il suffit de cliquer sur la flèche rouge :

Je traduis :

« Il monte sur une plateforme péro pétrop pétrolière pour espionner le professeur Z et ses malfrats : Les tas de boue. Il prend en photo une mystérieuse caméra vidéo mais soudain il est repéré : vite il s’échappe en se transformant en sous-marin. Avant de ?????????????,  Martin a préparé une fête pour le retour de son ami Flash : il veut passer tout son temps avec le bolide, mais Flash a un rendez-vous amoureux avec Sally. »

Fils Aîné est émerveillé : « Regarde : IL LIT !!! »

– Euhhhh non, pas vraiment : il connait l’histoire par cœur (en même temps, nous lui avons lu un demi-million de fois) ! Ecoute par moment il fait du yaourt …

– Du Yaourt ???

– Ben oui, quand il a oublié il dit n’importe quoi :

Traduction « Professeur Z???????????????????????????????????? sur les tas de boue pour les arrêter hoooooooo »

– Ah oui … Il ne sait pas encore lire alors ?

– Non, l’apprentissage de la lecture intuitivement sans connaître les lettres est impossible.

– Ah oui ? Il n’est pas prêt de savoir lire alors…

Qui sait. Il est capable, rien que pour nous faire mentir, d’apprendre toutes ses lettres en une journée (son côté boulimique).

 

***

 

En attendant que Fils Cadet sache VRAIMENT lire, j’ai trouvé un bon compromis avec Fils Aîné. Quand je ne peux pas répondre présente aux désirs de lecture compulsifs de Fils Cadet, j’envoie son frère me remplacer. Et comme il adooOOOoore lire des histoire à son frère, il ne marchande même pas 10 pages de Lucky Luke.

Il a encore 2/3 choses à apprendre en négociation familiale  😉

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Ils sont mignons, hein ? (même de dos)

Bon évidemment il lit beaucoup trop vite et ne fait pas aussi bien les voix que moi, mais cela ne dérange pas son frère (complicité fraternelle sans doute).

En regardant cette photo, je me dis que bientôt, ils liront tous les deux et se passeront complètement de nous.

Ouais.

Je vais aller lire « La Petite Poule Rousse » à Fils Cadet finalement.

*** GÉNÉRIQUE de FIN***

 Le pouvoir des mots :

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