Pour rendre les épisodes de ce blog plus attrayants, je n’hésite pas à tester des situations déstabilisantes. J’ai donc dû me résigner à laisser mes Mômes UNE JOURNÉE COMPLÈTE afin de pouvoir écrire ce billet. Le sacrifice.

Tu vas comprendre.

Pour fêter le retour de Jack Bauer dans « 24 », nous avons décidé, nous aussi, d’accepter une mission de la plus haute importance : passer une journée … seuls …. entre adultes (consentants). 24 HEURES CHRONO garantis sans Môme.

Enfin presque. :/

 

*** GÉNÉRIQUE ***

Les événements racontés ici se sont réellement déroulés entre le Lundi 28 avril,11h du matin et le Mardi 29 avril, 11h.

 ***

 

 

Quand nous planifions une journée Môme-Free, nous sommes obligés de nous organiser assez longtemps à l’avance.

Ce lundi 28 avril, Fils Aîné devait se rendre chez sa marraine et Fils Cadet chez ses grands parents.

Les quelques jours précédant cet « événement » (n’ayons pas peur des mots) je suis devenue particulièrement angoissée :

« Ne sortez pas sans votre manteau !!! Vous allez attraper froid ! »

« Non ! Fils Cadet, ne mange pas les miettes sous la table, tu vas avoir mal au ventre après !!! »

« NE SAUTE PAS DE CE CANAPÉ ! Tu vas te casser un bras! »

Oui, une maladie des Mômes peut compromettre notre mission. J’ai encore le souvenir cuisant du jour où nous avions confié Fils Aîné pour la première fois. Je peux encore sentir mon téléphone vibrer dans ma poche à peine 2h après avoir laissé notre Môme à ses grands-parents : le petit avait 39° de fièvre … Sa première grosse température en 11 mois d’existence. Il avait attendu que nous soyons à 100 kilomètres, en train de réaliser nos achats de Noël, pour la déclarer.

Bref, au lieu de nous diriger vers un petit restaurant, nous étions retournés dans notre voiture.

Ce premier échec fut suivi de quelques autres, notamment ce jour d’anniversaire (le mien), où nous avions prévu un repas gastronomique en restaurant. Le programme fut légèrement modifié : j’ai dû éponger un repas gastro à la maison (Fils Cadet) (merci).

Partant donc du constat que les Mômes aiment pourrir notre groove quand nous avons quelque chose de sympa prévu, nous redoublons de vigilance les jours précédents.

Cependant, nous devrions savoir que les maladies infantiles attaquent toujours par surprise et le plus sournoisement possible (de préférence la nuit).

H – 24    Dimanche 27 avril, 11 heures du matin

Les Mômes sont en pleine forme. La maladie de dernière minute ne s’est pas encore manifestée.

Ceci dit un autre événement imprévu survient … avec 3 jours d’avance. Moi qui suis si fière de ma régularité … C’était censé intervenir APRES notre journée Mômes Free. Mon corps m’a lâché … l’enflure. En plus je commence à renifler, arghhhhhhhhhh, je m’étais trop focalisée sur les enfants, j’ai dû commettre des imprudences. Il est vrai que j’ai oublié 2/3 fois mon parapluie cette semaine (mais je n’ai mangé aucune miette sous la table) (et je n’ai pas sauté sur le canapé).

 

H – 10  :   Lundi 28 avril, 1 heure du matin

Fils Cadet est au pied de mon lit :

« Z’ai mal au ventre, ze veux faire caca »

Étrange … son cycle est déréglé (lui aussi …), normalement son horaire habituel est 20h30 (oui, comme Barney Stintson) et d’ailleurs hier soir, il a été particulièrement productif. Je l’accompagne donc au toilettes, où il blablatte :

– Ze suis content d’aller chez Papou et Mamou après le dodo. Moi, tu sais, tu sais, tu sais, ben moi, z’ai plus de tétines pour dormir, mais ze dors toujours avec Nours Bleu, parce qu’on peut dormir avec une peluche même quand on est grand, hein ? Oui, Batit’ y dort touzours avec son nournours , blablabla …

Il adore raconter sa vie sur le trône, sauf qu’au milieu de la nuit je suis moins « aware ».

Après l’avoir couché, je peine à me rendormir.

 

H – 8  :   Lundi 28 avril, 3 heures du matin.

Fils Cadet est au pied de mon lit :

« Z’ai mal au ventre, ze veux faire caca »     …. B…azar !

Là cela pue vraiment (et pas que littéralement). Après la pause : toilettes/blabla/recouchage, j’ai encore plus de mal à me rendormir. Mon cerveau tourne à 100 à l’heure. Fils Cadet est en train de faire un début de gastro, je songe déjà à notre future journée avortée.

H – 4  :  Lundi 28 avril, 7 heures du matin.

Les enfants sont au pied du lit. Ils ont hâte de partir, qui chez leur marraine, qui chez leur grands-parents.

J’ai mal dormi, j’ai mal à la gorge … quand à Fils Cadet, il semble avoir connu des jours meilleurs (surtout des nuits meilleures).

Heureusement, Fils Aîné semble très en forme … enfin à un détail près :

– Maman, j’ai une dent qui bouge !

Effectivement, elle bouge, beaucoup même, nous pouvons observer la dent d’adulte qui pointe derrière. C’est … donc …(attends je compte)  sa ( hum ….  20 – 10 + 5 -14 ) première dent qui va tomber, probablement dans les heures qui viennent ET NOUS NE SERONS PAS LA !

– Mais la petite souris ne vas pouvoir passer chez Marraine, puisque la petite souris c’est vous (oui, nous n’avons pas voulu lui faire croire à la petite souris)( ni même à la fée des dents) (vu qu’il croit encore au Père Noel à 6 ans et demi, nous n’avons pas voulu surcharger notre hotte à mensonges jolies histoires)

(en vrai quand je lui ai dit qu’une petite souris viendrait lui mettre de l’argent sous son oreiller, il a vraiment pris peur, donc je lui ai dit que ce serait moi, voilà).

Fils Aîné est un peu peiné, depuis le temps qu’il attend de pouvoir remplir sa tirelire avec de nouvelles pièces toutes neuves …

Fils Cadet n’a miraculeusement pas de fièvre et son petit déjeuner copieux (une banane et un peu d’eau)  est passé ^^’. Nous décidons de ne pas décommander Papou & Mamou, et croisons les doigts.

H – 2  :  Lundi 28 avril, 9 heures du matin.

Chaque fois que Fils Cadet grimace, j’ai l’impression qu’il va vomir. Je suis donc particulièrement zen.

Fils Aîné n’arrête pas de nous dire :

« Ah là là là vous allez être tranquilles tous les deux … sans Fils Cadet ! »

Il s’inquiète notamment de ce que vont penser les personnes qui vont nous croiser alors que nous serons sans eux :

Peut-être qu’ils vont penser que vous n’avez pas d’enfant ?

Étonnamment, cela semble le perturber.

Il s’interroge depuis une semaine sur ce que nous allons pouvoir faire sans eux. J’avais d’ailleurs posté ses propos sur ma page facebook une semaine auparavant :

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Oui, Fils Aîné espère que nous allons faire une cure de légumes en son absence, afin que nous ne lui en proposions plus à son retour.

D’ailleurs à ce propos, je dois réserver le restaurant pour ce midi. Il s’agit d’un établissement de Nancy réputé pour ses spécialités fromagères (et pas trop pour ses haricots verts). Cela fait 5 ans que je désire le tester. Lors de notre précédente journée sans enfant, nous n’avions pas pu car il était fermé. So bad. Je compte bien me rattraper aujourd’hui.

En cherchant leur numéro de téléphone sur leur site internet, j’apprends qu’il est fermé le lundi midi.

:/

Bien sûr.

Je sélectionne un autre restaurant dans le Guide du Routard, ouvert le lundi (c’est mon unique critère). Je note l’adresse.

H – 1  :  Lundi 28 avril, 10 heures du matin.

Fils Cadet monte dans la voiture de Papou et Mamou, il me fait un bisou en m’affirmant : « Z’ai un peu mal au ventre mais ça va passer. » Je ne sais pas trop si c’est de bon augure. Je  confie le petit avec un petit sac contenant doliprane, debridat, vogalène et 2/3 autres trucs… au cas où (le sac en plastique pouvant faire office de sac à vomi pour la voiture) … je souris … un peu confuse.

Une fois le petit parti, nous emmenons notre Aîné chez sa marraine.

 

H 0  :  Lundi 28 avril, 11 heures 15 du matin.

Nous le déposons donc chez ma sœur dans la banlieue de Nancy : câlins/bisous/à demain :

 

Ça y est : nous sommes libres !

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En fait non.

J’ai oublié mon sac à main chez ma sœur.

Faux départ.

Re-bisou/câlin/à demain, je ferme la porte.

We are free. Mômes-Free.

Nous nous dirigeons vers Nancy.

H + 1 :  Lundi 28 avril, 12 heures 15.

Nous marchons dans les rues nancéiennes, où nous faisons pleins de trucs de rebelles-sans-Môme : je n’hésite pas à employer le mot « Bordel ! » dans la conversation au lieu du traditionnel et ridicule « Bazar! », nous avons des conversations d’adultes (enfin d’adolescents attardés), on traverse les rues alors que le petit bonhomme est rouge. Bref la grosse éclate, tu auras compris.

On ne pense plus aux enfants, enfin presque, car soudain nous réalisons que nous avons oublié de prévenir ma sœur pour la dent bancale de Fils Aîné (je ne voudrais pas qu’elle soit surprise de la découvrir dans son assiette ce midi). Je l’appelle, mais Fils Aîné l’avait déjà rencardée. Ce qui est logique, vu que c’est un événement de la plus haute importance dans sa jeune vie (c’est le dernier de sa classe à ne pas avoir perdu de dent) ( quand je pense que son père a perdu sa dernière dent de lait en quatrième, je me dis qu’il va devoir être patient de toute façon).

Nous arrivons devant le restaurant noté comme ouvert le lundi … Restaurant qui est finalement fermé le lundi.

:/

Bien sûr.

On se rabat sur celui d’à côté, où le temps frisquet nous pousse à commander une choucroute garnie (pas vraiment excellente, mais on mange une délicieuse visitandine en dessert).

Nous passons tout de même un excellent moment (y compris lorsque nous débattons des différences entre de l’Easy-Listening, du Hard-FM et autres joyeusetés musicales) (c’est la faute à RFM au dessus de nos têtes). Notre repas se transforme en repas d’affaires, lorsque l’on  jette des idées de thèmes pour les épisodes à venir du blog et qu’on réfléchit à des choix de musiques pour les bandes-annonces.

On parle un peu des Mômes pour faire bonne mesure (à peine les 3/4 du repas). Je sais pas chez toi, cher lecteur, mais ici nos enfants se parent de toutes les vertus quand ils sont hors de notre vue : ce sont les plus beaux, les plus intelligents et les plus amusants. Notamment, quand nous en discutons autour d’un bon verre de vin. Dès qu’ils reviennent dans notre champs de vision, nous redécouvrons leurs défauts. Bizarrement.

En attendant de les revoir, nous débattons donc de leur « merveillosité ».

H + 3  :  Lundi 28 avril, 14 heures 15.

Nous optons pour une séparation stratégique : je vais écumer les boutiques de vêtements, pendant que LdmJ se rend chez des disquaires.

Je passe au préalable par la place Stanislas et j’y reste quelques instants le temps de réaliser quelques clichés sous les nuages. Elle a la réputation d’être LA-plus-jolie-place-au-monde. N’ayant visité que très peu de « places-au-monde », ce n’est certainement pas moi qui vous dirai si cette réputation est usurpée. En tout cas c’est bien agréable :

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Au loin, j’aperçois le petit train de la ville. Tiens, les deux derniers passagers ne me semblent pas inconnus …

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Oui, il s’agit bien de ma sœur et de Fils Aîné. Ils me font des coucous de loin, je m’approche incrédule et je reste à leur hauteur durant une bonne minute (le train est ultra-lent).

C’est assez rigolo, on s’échange deux/trois nouvelles sur les dernières heures écoulées les uns sans les autre.

– Hiiiiiii maman, regarde : j’ai toujours ma dent ! dit-il en ouvrant grand sa bouche.

-Super, moi non plus, je n’ai perdu aucune dent au restaurant !

Bref, des informations de la plus haute importance. Je les laisse s’éloigner. Et là je m’interroge, dois-je remettre le compteur à zéro ?

Journée sans Mômes : H 0.

 

Oh et puis non. Merdouille.  Je n’informerai personne de ce petit écart dans ma mission.

 

H + 5  :  Lundi 28 avril, 16 heures 15.

Je me sens plus légère (enfin mon compte en banque est plus léger) (parce que sur mon bras pendouillent 2/3 sacs bien remplis). Je retrouve LdmJ qui lui aussi a effectué quelques achats (genre des vinyles) (je jette un œil faussement intéressé). Il m’explique ce qu’il a acheté en retournant à la voiture, je fais semblant d’écouter tout en réfléchissant : « Quel haut pourrait s’harmoniser avec la super veste noire en solde que j’ai dénichée ? ». Il m’explique qu’il a une  « super » vanne concernant les « Breeders » et les « Pixies » et essaie de me convaincre de rajouter Franck Black et Kim Deal dans la bande-annonce de cet épisode justement. Je ne comprends rien à ce qu’il tente de m’expliquer vainement 3 fois. Je dois reconnaître que si je l’avais écouté, j’aurais peut-être saisi en quoi c’était drôle.

Nous ne voulions pas rentrer trop tard afin de pouvoir traîner dans la maison sans Môme, mais finalement, (peut-être culpabilisions-nous d’avoir acheté des trucs pour nous) on s’arrête chez deux enseignes de ventes de mobilier, afin d’effectuer un repérage pour le lit mezzanine que nous avions promis à Fils Aîné pour ses 6 ans (genre cela fait 6 mois). Puis finalement, après deux heures de recherches, nous décidons d’attendre les soldes (il n’est plus à deux mois près).

Nous rentrons donc fort tard, d’autant plus que j’ai tenu à faire un détour pour déposer mes chaussures chez un cordonnier.

Cordonnier qui est fermé le lundi.

Bien sûr.

NOTE POUR MOI-MÊME : Ne plus prévoir de journée Mome-free le lundi.

H + 9  :  Lundi 28 avril, 20 heures 00.

Quelques jours auparavant, nous avions prévu de nous faire un ciné à deux le lundi soir. Sauf qu’après épluchage des différents films à l’affiche de Winterfell, le seul qui nous tentait tous les deux était « Her » et qu’il ne passait pas ce lundi.

LE CONTRAIRE EUT ÉTÉ ÉTONNANT.

Puis en réfléchissant bien, nous avons convenu que regarder le dernier épisode disponible de GoT en mangeant des crêpes avec une bouteille de cidre était une solution de repli fort séduisante.

De plus, LdmJ avait décidé de faire un Blind-Test musical sur sa page personnelle. Donc entre 20h et 21h nous avons zoné sur nos PC respectifs. Pas d’enfant à coucher, pas de relevés pipi, pas d’histoires de Petit Ours Brun.

H + 10  :  Lundi 28 avril, 21 heures 00

L’épisode de GoT n’est pas trop sanglant, ce qui nous permet de savourer nos crêpes en toute quiétude. Je passe sur le fait (déjà évoqué ici) que je trouve de plus en plus charmant un personnage qui n’hésite pas à balancer du haut d’une tour un enfant et qui pratique l’amour libre avec sa sœur jumelle. Je crains que cette série ne me pervertisse un chouia. Nous débattons donc sur le fait que ma blogsérie « Game of Mômes » est beaucoup plus consensuelle.

Nous enchaînons sur l’épisode de la veille de « Silicon Valley » pendant les crêpes dessert.

Mamou nous informe via Facebook que Fils Cadet va bien. Oups, j’avais totalement oublié son bobo au ventre. Remarque, j’ai bien fait de ne pas y penser : la preuve, il va bien.

H + 12  :  Lundi 28 avril, 23 heures 30

La fatigue de la nuit précédente me rattrape, je peine à me lever du canapé.

C’est la mi-temps de notre journée Mômes-Free. Nous allons fermer les volets dans leur chambre. Les lits sont vides si l’on excepte le chat qui se prélasse sur celui de Fils Cadet  (endroit de perdition féline, qu’il évite avec soin en temps ordinaire). Notre matou décide d’aller finir sa nuit dehors (un petit peu poussé aidé par LdmJ) .

Yes ! Le chat ne nous réveillera pas, les Mômes non plus ! A nous la grasse mat’ !

H + 20 :  Mardi 29 avril, 07 heures 15

Je suis réveillée. Mon corps a besoin de sa dose quotidienne de réveils matinaux. Je tente de me rendormir, mais LdmJ est réveillé aussi.

La matinée appartient à ceux qui se lèvent tôt. Et puis, 7h30 peut être considéré comme une grasse matinée. Tour est relatif. En semaine, quand nous travaillons, nous nous levons à 5h30.

Cette longue matinée seule me permet d’écrire pour le blog et à LdmJ de jouer de la guitare. C’est quand bien sympathique de ne pas être interrompue et de pouvoir écrire en journée.

H + 24  :  Mardi 29 avril, 11 heures 15

Fils Aîné rentre à la maison avec plein de câlins et une superbe cocotte de pin en cadeau pour moi, cocotte qui ira rejoindre la collection des 28 cocottes de pins déjà exposées (dehors).

Sa dent n’est finalement pas tombée.

~ ÉPILOGUE  ~

Bilan de notre mission :

Les premiers mots de Fils Aîné en arrivant furent : « ALORS ? Vous avez été tranquilles, hein !!! »

Je peux répondre sans soucis que, même si ce fut une journée tout ce qu’il y a de plus ordinaire, OUI nous avons été tranquilles. Et la tranquillité (de corps et d’esprit) quand tu as des enfants c’est tellement rare que tu dois en apprécier … chaque seconde !

J’entame dès lors le décompte avant la prochaine journée Mômes-Free :

*** GENERIQUE de FIN (Hard-FM) ***

ATTENTION : si tu cliques, tu l’auras en tête pendant 3 jours !


***

PS : en vrai la prochaine journée Mômes-free est un week-end à Paris et il ne reste plus que 24H à attendre, hiiiiiiiiii !

PPS : plus de 2 semaines après avoir écrit cet article, la dent de Fils Aîné n’est toujours pas tombée (il est désespéré).

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