La forêt m’apaise, me ravit et m’effraie un peu aussi parfois. Ce billet lui est entièrement consacrée. Viens, je t’emmèèèène (pardon) pour une balade virtuelle au cœur des sapins easterosiens (prends tes écouteurs, les Mômes nous accompagnent).

 

*** GÉNÉRIQUE ***

Une jolie musique toute douce (reprise du morceau de Cure qui a illustré la bande-annonce) pour commencer cet article :

 

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Nostalgie

Petite fille, j’habitais un village niché au cœur d’une vallée entourée de forêts. L’une des principales activités extérieures était de s’y balader (en fait en y réfléchissant bien, c’était l’unique activité extérieure).

J’ai parcouru un nombre incalculable de fois les sentiers avoisinants avec ma sœur ou des amies.  J’en garde de très bons souvenirs.

Les chemins sillonnaient la montagne donc parfois les pentes étaient assez abruptes, mais cela ne m’a jamais rebuté …( contrairement à mes Mômes : à Winterfell, la forêt  a peu de relief, ce qui ne les empêche pas de chouiner dès que le dénivelé s’accentue). Je me souviens des clairières cachées, des ruisseaux, de la mousse toute douce des sous-bois, des écureuils… Tout est plus joli avec des yeux d’enfants.

Aujourd’hui, nous essayons d’emmener régulièrement les Mômes en forêt. Cet endroit nous apaise, quel qu’en soit la saison (évidemment, c’était plus apaisant en couple).

La forêt est magnifique au Printemps. A Winterfell, ce dernier ne commençant réellement qu’en Mai, nous devrons encore patienter quelques semaines avant d’observer les arbres se transformer et se parer de jolies couleurs. Le début de l’automne a son charme également, les teintes sont plus vives et nous pouvons observer mille nuances différentes. En hiver, l’attrait de la forêt est plus limité, les chemins deviennent boueux (genre comme dans un festival de rock début juillet) et les arbres squelettiques semblent grelotter et s’éteindre doucement.

 

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Quand la forêt se fait menaçante.

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Forêt corse. Juillet 2000.

Avec deux amies, nous venions de parcourir la Côte Ouest le long du grand Pacifique de la Corse (les Calanques de Piana) (c’est merveilleux d’ailleurs). Ce soir là, nous retournions à notre location qui se trouvait de l’autre côté de l’ile. Dans notre petite voiture, nous avons dû traverser une longue forêt. C’était assez angoissant ces grands arbres de chaque côté de la route, en plein cœur de la nuit. Pour plaisanter (ou se rassurer) nous nous sommes racontées des histoires effrayantes : l’ambiance s’y prêtait bien.

Poupées vivantes, clown (j’ai peur des clowns), marionnettes bizarres (j’ai peur de Pinocchio), spectres, revenants (avant que ce ne soit tendance) …  puis vint l’histoire de “la dame blanche” très bien racontée par l’une de mes amies. La conductrice et moi-même étions particulièrement attentives (et effrayées). Au détour d’un lacet de route, nous franchissons un petit pont à vitesse réduite.

Sur ce dernier, deux spectres tout de blanc vêtus marchaient vers nous.

Je crois que nous avons vraiment hurlé.

Les vitres étaient grandes ouvertes.

Les spectres ont hurlé à leur tour.

De frayeur, l’un deux a failli passer par dessus le pont.

La voiture s’est éloignée, nous nous sommes retournées : c’était juste deux mecs habillés de tee-shirts blancs. Nous ne sommes pas arrêtées pour vérifier (on ne sait jamais) mais je crains qu’ils n’aient eu plus peur que nous …

Easteros. Août 2000.

Un garçon (que je souhaitais RE-conquérir) était venu passer le week-end chez mes parents. J’avais décidé de l’entraîner en forêt et de l’emmener visiter le chalet qui se situait sur le point culminant du village (non, pas le Mont de Vénus). Cela faisait de nombreuses années que je n’y étais pas allée. Habituellement, j’empruntais plusieurs raccourcis (que nous appelions des  courtes) pour arriver plus rapidement au sommet. Ne voulant pas me tromper, j’avais décidé de suivre le chemin balisé. Sauf que … plusieurs arbres avaient été arrachés au cours de l’hiver précédent et certains des balisages avaient disparu. J’ai dû me tromper plusieurs fois avant de reconnaître que je ne savais plus où aller … Rien ne ressemble plus à un sentier en forêt qu’un autre sentier en forêt … Dire que j’étais mortifiée est bien en-dessous de ce que j’ai ressenti ce jour là.

J’avais réussi à faire “le coup de la panne” (à pied) en forêt.

Après avoir encore erré un peu, j’ai fait comprendre à mon ami, que je nous considérais comme « définitivement perdus ». Je me sentais l’âme d’un Jean-Claude Dusse. Mon ex-copain m’a regardé dans les yeux, a posé les mains sur mes épaules, puis m’a avoué :

Je crois que nous devrions monter directement à travers la forêt. L’endroit que nous cherchons se situe au-dessus de nous alors on coupe.

Un peu dépitée, je l’ai suivi. Nous sommes montés durant une bonne demi-heure à travers arbres et fougères. Je n’étais pas très rassurée, tout me semblait menaçant, c’était la première fois que je ne suivais pas de chemin prédéfini… Mon esprit scolaire se rebellait à cette idée. Nous avons fini par rejoindre le vrai chemin et nous avons pu rallier le chalet convoité au sommet de la montagne. Inutile de te dire qu’il n’y a pas eu d’ouverture avec ce garçon. Ces quelques minutes de détresse en forêt auront été le point culminant de notre relation …

 

Easteros. Aout 2003.

Dans les bois, il n’est pas rare de croiser des bêtes sauvages.

LdmJ et moi-même avions décidé de profiter d’un séjour chez mes parents pour faire plusieurs virées en forêt. Pendant deux jours, nous avons parcouru de nombreux sentiers, dont plusieurs que je n’avais jamais empruntés. Au cours de ces balades, nous avons traversé la propriété de 4 ou 5  fermes. A chaque fois, nous nous sommes fait accueillir par des hordes de chiens enragés. Et bien sûr : jamais de propriétaires à l’horizon (sinon, c’est moins drôle). Dans la montagne, les fermes isolées sont toutes gardées par plusieurs chiens plutôt effrayants. En général, il arrivaient vers nous par groupe de quatre ou cinq.  A la fin des deux jours, on faisaient des gros détours pour éviter de passer près des habitations esseulées, tellement certaines bêtes nous avaient foutus la trouille (rien que de voir une ferme à l’horizon, nous avions des palpitations).

 

Compiègne. Automne 2005.

C’est curieux tout de même … tous ces 4*4 garés à l’orée du bois.

Pourquoi ce mec là-bas nous fait-il des signes énervés ?

Putain, c’est quoi ce bruit ? On dirait un coup de feu ! MERRRRRDE….

Nous avons dû croiser une vingtaine de chasseurs avant de rejoindre notre voiture (en courant).

 

 

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Après ces émotions, que dirais-tu d’une petite boucle dans la forêt de Blair ?

 

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Quand la forêt se veut pédagogique.

Depuis,  nous nous promenons principalement dans les forêts winterfelliennes qui n’ont rien de bien effrayantes (juste peut-être ce jour où nous avons entendu un souffle bizarre derrière nous : nous pensions être pistés par un énorme sanglier).

Mais sincèrement le bruit produit par nos deux Mômes suffit à effrayer chiens méchants, serpents, bêtes féroces, et autres chasseurs broucouilles.

 Fils Cadet parle tout le temps. Lors de notre dernière sortie en forêt, il s’est extasié non-stop sur les insectes qu’il croisait :

– Ah oui, dans la forêt y’a de groOOOoosses zaraignées mais moi z’ai peur des zaraignées, ze vois aussi des papillons et puis OOh regarde !  Ze sais pas c’est quoi ça :

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Les Beatles en balade. © LdmJ (Photographie & Blague)

Fis Cadet aime changer d’activité toutes les 5 minutes.

Il alterne entre : « ze cours » « ze marche » et « ze veux plus, ze suis fatigué ». Si nous amenons le tricycle, il monte dessus 5 minutes, puis il veut marcher 4 minutes30, puis il court 2 minutes, puis il veut pousser son tricycle pendant 3 minutes, puis il veut monter dessus, puis … (tu auras compris) (nous ne prenons plus le tricycle).

Ce qui nous rassure, c’est que Fils Aîné était pareil (en pire) : lui ne supportait pas la moindre montée et se mettait à chouiner dès que la balade dépassait les 10 minutes sous forme de  “c’est trooop dur, j’ai maaaaaaaaaal aux pieds”.

Aujourd’hui, c’est notre chef de rang : toujours devant, il adore particulièrement les petits sentiers pentus. Nous avons donc bon espoir que Fils Cadet finisse par apprécier les balades en forêt.

 Se promener avec des enfants, c’est faire des compromis : pauses toutes les 10 minutes ou dès que nous croisons un banc en bois ou une souche d’arbre accueillante  ; goûter obligatoire, une réserve inépuisable d’eau et en conséquence … des arrêts pipi fréquents. Fils Cadet s’arrête aussi régulièrement pour ramasser des cailloux, des bouts de bois, des fleurs, des morceaux d’insectes morts ( :s ) puis il me confie le tout …  Après une heure de chemin, nous avons l’impression d’avoir réalisé une épreuve de Koh-Lanta, et mes poches ressemblent aux jarres de Fort Boyard.

Mais ils sont bien fatigués. Et des Mômes fatigués, ce sont des Mômes qui s’endorment tôt le soir (c’est déjà cela).

 De plus, la forêt peut développer leur esprit artistique :

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GoM Photographie

 Oui, bon ce n’est peut-être pas le bon exemple (nous ne nous sommes pas attardés pour un décryptage).

Dans la forêt de Winterfell se trouve un endroit magique pour les enfants. C’est un labyrinthe végétal qui a été créé par les écoliers de la ville. D’ailleurs c’est LA sortie pédagogique des établissements scolaires : jeux de pistes, fabrication de cabanes en bois, parcours pieds nus, mare pédagogique,  … c’est plutôt sympa. Nos Mômes veulent y aller régulièrement avec nous.

 Quelques photos de leur petit coin de paradis à toutes les saisons :

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Pour terminer, ce petit DIY vous est gracieusement offert par Fils Aîné :

 

Il avait en tête de fabriquer un bateau avec deux feuilles d’arbres et un bout de bois.

Il avait même écrit cette feuille de montage détaillée :

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Tu noteras l’influence des plans pour les constructions en Lego.

Nous l’avons testé en forêt, en bordure de ruisseau.

Nous étions un peu dubitatif quand à la réussite de ce projet (je ne voyais pas comment un  morceau de bois pourrait tenir bien droit dans une feuille d’arbre … )

Finalement, nous avons (plus ou moins) réussi :

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Et cela a flotté (à peu près) :

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 Il a toutefois convenu que la prochaine fois, il vaudrait mieux le faire avec un morceau de bois comme coque. Il réfléchit donc à de nouveaux plans. Je vous tiendrai au courant  😉 .

Ces moments partagés m’ont rappelé des doux souvenirs d’enfance (la fabrication des moulins à eau de la pub Herta) (sans la bouffe industrielle) et le goût des choses simples.

Cette conclusion vous était offerte par Don Draper. 😉

*** GÉNÉRIQUE de Fin ***

Y a plein de souvenirs dans les bois
Et des histoires de maquisards
Y a des oiseaux et puis des anges
Qui jouent à cache-cache le dimanche

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C’est reparti pour un tour (oui, oui, je n’ai pas gagné en Mars) (passons), mais :

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