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Une photo exclusive de Fils Aîné 😀

 

Un événement MAJEUR est survenu dans le vie de Fils Cadet la semaine dernière.

Il a attrapé son premier pompon sur un manège de fête foraine.

Au même âge, Fils Aîné n’était pas du tout intéressé par cette serpillière-à-microbes : il se faisait caresser la tête sans broncher, tout au plus trouvait-il que cela faisait quelques guilis au sommet de son crâne. Il ne comprenait pas pourquoi nous nous agitions à côté du manège en criant comme des demeurés : « Le pompon, le pompon, ATTRAPE-LE ! » Il n’a réalisé que fort tard l’intérêt de ce bout de tissu.

A l’opposé, Fils Cadet est un compétiteur acharné depuis ses deux ans et demi ; mais  jusqu’à ce jour il n’avait encore jamais réussi à décrocher le Graal. Il se l’était vu offert une fois ou deux par son frère, mais ce n’était pas pareil.

Les parents, pour leur part, sont légèrement tendus à l’heure du pompon. A ce sujet, il peut être divertissant de traîner à côté d’un manège à ce moment stratégique … et d’observer les adultes (?) s’exploser la gorge à force d’invectiver leur progéniture.

C’est fou, nous avons l’air complètement cons à fond, …. plus que nos enfants d’ailleurs. Et ce avant même avant que le tour ne démarre :

« Oh tu es sûr que tu veux aller dans l’hélicoptère ? Tu ne vas pas pouvoir attraper le pompon … C’est bête ». 

Nous cherchons à être stratégique, alors que les Mômes ne voient que la beauté (toute relative, tu en conviendras) du véhicule convoité.

Voir son enfant décrocher la serpillière, c’est comme retrouver les plus jolis souvenirs de son enfance (ouais) : on sautille sur place en frappant dans ses mains de façon ridicule. Ensuite on essaie de communiquer avec son Môme quand celui passe  :

« Ouais , brav…….. »

L’avion s’éloigne …

L’avion revient.

« Je suis super fiè …. »

L’avion s’éloigne …

L’avion revient.

« T’es un grand gar… »

Bref, t’as l’air niais et con.  Pour un peu, tu fredonnerais le remix de Patrick Sébastien que le manège te balance  dans les oreilles depuis 15 minutes.

Samedi dernier, quand Fils Cadet a choppé la queue du Mickey, LdmJ et moi sommes passés par toutes ces phases. Le petit, quand à lui, serrait son pompon contre son cœur, incrédule.

LdmJ et Fils Aîné ont décidé de profiter de ce tour supplémentaire accordé au petit pour s’éclipser et chercher un manège « de grand » (genre l’Himalaya, un truc qui tourne en rond et très vite). Je suis donc restée seule avec mon pomponné tout heureux de choisir un nouveau véhicule. Il me dit très sérieusement :

– Tu sais, tu sais, ze vais toujours attraper le pompon maintenant.

– Moui, faut en laisser pour les autres enfants, aussi.

– Non, c’est moi qui vais le gagner … touzours.

Gloups, ce pompon l’a rendu un poil dictatorial. Il choisit de monter dans le bus. Je ricane  :

– Ouh ben dans le car, tu vas avoir du mal à chopper la queue de Mickey…

– Mais non « regade », y’a un trou ! 

Ah oui, tiens, je n’avais pas remarqué que c’était un bus cabriolet (enfin, à toit ouvrant). Le manège démarre, Fils Cadet décide de ne pas s’asseoir. Il reste les mains collées sur l’ouverture du toit. Il passe sa petite tête, la mèche de cheveu virevoltant au vent et me crie à son premier passage :

– IL EST OÙ LE POMPON ?

Le bus s’éloigne.

Le bus revient.

– PAS TOUT DE SUITE, MON CH…

Le bus s’éloigne.

Le bus revient.

– IL EST OÙ LE POMPON ?

Ce dialogue de sourd durant environ 3 minutes, je te passe le détail. Fils Cadet s’énerve : il est au taquet.

Enfin, le premier pompon fait son apparition. Mon petit garde une main sur son ancrage, son autre bras se tend à l’extrême, il se met sur la pointe des pieds, je vois parfaitement son visage concentré dans l’ouverture du toit.

A chaque échec, le tour lui semble interminable. Il trépigne littéralement, puis se remobilise pour la prochaine bataille. Son visage se décompose quand une petite fille l’attrape. Quand au deuxième pompon, il rencontre immédiatement les mains agiles de la jeune demoiselle derrière lui. La guerre est définitivement perdue.

En l’espace de 5 minutes, Fils Cadet passe donc de la béatitude la plus totale au désespoir le plus profond. Il se jette sur le siège du conducteur et passe le reste du tour à pleurer sur le volant du bus.

 

En sortant du manège, il m’affirme péremptoire :

 

« Voilà c’est fini, ze gagnerai plus zamais le pompon ! »

J’adore le caractère extrémiste des opinions enfantines …

aussi changeantes qu’un tube de fête foraine …

aussi éphémères qu’un tour de manège.

 

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