Quand j’entends ou lis la phrase suivante : « Jouer avec son enfant, c’est-que-du-bon-heur » je me dis que la personne concernée est :

– soit un poil masochiste (elle aime entendre crier ses enfants),

– soit extrêmement patiente (elle aime ré-expliquer les règles pendant 20 minutes à chaque début de partie, et encore une fois ou deux pendant),

– soit complaisante et un peu tricheuse (elle laisse donc ses Mômes gagner),

– soit  menteuse. Je penche pour cette dernière hypothèse.(Sinon, je milite pour la suppressions de la phrase : c’est-que-du-bonheur).

Dans la lignée de l’épisode « Je joue, donc je suis » ( S03 E03) je te propose un autre billet sur le BON-HEUR de jouer avec ses enfants. Parce que OUI, c’est du bonheur et NON, ce n’est pas que cela.

*** GENERIQUE ***

Commençons par une partie de Puissance 4 !

Même si tu n’es pas un fan de Vincent Delerm, écoute au moins les paroles 😉

 

***

1. Les jeux de plateau.

The Love Spell Potential

Nous avons commencé les jeux de type Petits Chevaux ou Jeu de l’Oie, quand Fils Aîné avait 4 ans, mais au final Fils Cadet y joue depuis ses deux ans (fatalement, le deuxième fait tout plus tôt) (regarder la télé aussi : 3 ans versus 1 an).

Pédagogiquement, déplacer un pion sur un circuit est parfait pour les aider à dénombrer. Mine de rien, il a fallu un grand nombre de parties pour que la grand réussisse à déplacer son cheval correctement sur le plateau. Fils Cadet y arrive depuis quelques mois mais il se fatigue vite et, vers la mi-partie, fait n’importe quoi.

Jouer avec deux dés, comme c’est le cas pour le Jeu de l’Oie, leur permet de réaliser des opérations simples :

Stade 1 : ils comptent les points sur les deux dés (c’est assez long pour le parent accompagnant qui a juste envie de crier le résultat).

Stade 2 : ils additionnent les points (ils font plein d’erreurs au début et n’aiment pas être corrigés).

Stade 3 : ils connaissent les combinaisons par cœur. OUF.

Fils Cadet en est pour l’instant au Stade 0 : il  met les deux dés dans la bouche … (Fils Cadet en est toujours au stade oral) (cela me rend dingue d’ailleurs). J’essaie donc de lui expliquer qu’on LANCE les dés : on ne les CRACHE pas. Oui, j’ai des conversations passionnantes avec mes Mômes 😉 .

J’ai toujours aimé jouer aux jeux de société en famille ou entre amis. J’attendais avec impatience de pouvoir commencer avec mes enfants. Je m’imaginais déjà les dimanches après-midi pluvieux (nombreux dans notre région), tous ensemble réunis au coin du radiateur (nous n’avons pas de cheminée) en train de jouer gentiment, et de nous esclaffer doucement. C’était chouette. Dans la réalité, je tiens deux parties maximum avant de devenir timbrée. On ne s’esclaffe pas doucement : on hurle.  Et on ne joue pas gentiment, car un Môme ne joue gentiment que s’il gagne. Avec deux Mômes, il y en a forcément au moins un qui perd. Parfois les deux perdent et là c’est juste l’horreur : tu vois « Le Cri » de Munch ? J’aurais pu lui servir de modèle. Enfin, les parties sont parfois interminables. Il faut répéter les règles 15 fois (surtout si Fils Cadet joue).

Jusqu’à très récemment, Fils Aîné était un mauvais joueur de première catégorie. On aurait pu lui décerner un titre tellement il était  pénible quand il perdait : menton qui tremblotte, crise de larmes (les vraies larmes hein, celles qui font : « AHaaaHAaaaHa…… » et qui ont un volume sonore de 110 db) puis crise tout court : roulage en boule par terre, tapage du pied, menace effrayante du type : « Je vais te CASSER! »

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Tout devenait nul : le jeu, le gagnant, la vie (cette bitch).

« VOUS ETES NULS » criait donc l’incompris (à cours de vocabulaire percutant).

    C’était surtout son comportement qui était nul. Pour autant, nous n’avons jamais fait en sorte de le faire gagner non plus. Faut pas déconner ! Moi aussi, j’aime bien gagner. C’est surtout son père qui refusait d’être complaisant. Il n’hésitait pas à le mettre en défaut en lui montrant les failles de ses tactiques quitte à provoquer une crise (j’allais me mettre aux abris).

Petit à petit, cela va mieux. Il préfère toujours gagner et n’est pas content quand il perd ( en même temps qui aime perdre ?) mais cela reste dans des proportions plus raisonnables. Et il accepte (mieux) les remarques sur les tactiques de jeu.

Jusque très récemment, Fils Cadet s’en foutait royalement de perdre ou de gagner ( « Oooooh, z’ai perdu, ze vais faire un puzzle moua« ) (« Z’ai gagné : super !!! Ze vais faire un puzzle moua« )  mais ça y est : le démon « mauvais perdant » commence à le gagner. Il tord sa bouche façon Joker et fronce son petit nez en grognant : « OH NON !!! »

Pour en revenir aux Petits Chevaux, Fils Aîné vit ses parties intensément. Son gros kiff est de renvoyer les chevaux des autres à l’écurie. Il appelle cela des « combats », cela l’amuse grandement quand il est derrière nous, cela ne l’amuse plus du tout quand nous sommes derrière lui (nous ne jouons qu’avec un seul cheval pour l’instant). Il y a quelques mois, il était capable de retourner le plateau de jeu si nous avions l’audace de renvoyer son cheval brouter du foin …

Quand il atteint l’échelle, il souffle sur le dé en récitant des prières incantatoire :

-Allez, viens mon 2 !!! … (le dé roule)(suspense) … OH NON c’est un 4.

ou encore :

– HAHAHA grande classe pour un …. (le dé roule)  … 1     OH NON !!!

Nous avons retrouvé chez ma maman le week-end dernier, un jeu que j’adorais petite : « Les Schtroumpfs s’amusent »  (pas de commentaires désobligeants) (merci) : c’est le même principe que le jeu de l’Oie, sauf qu’il y a 130 cases. Certaines permettent de monter, d’autres de … redescendre . C’est ultra-simple et c’est top pour des enfants de l’âge de Fils Aîné (et pour des parents profs de maths)  car les cases sont numérotées. Nous lui avons donc appris à additionner le résultat des deux dés avec le nombre de la case sur laquelle il se trouve pour obtenir directement le numéro de la case d’arrivée. Ce qui évite le fastidieux : 1 … 2 … 3 …  4 …. et lui permet de faire des  additions assez compliquées. Et c’est ludique (si, si, il n’arrête pas d’y jouer).

LesSchtroumfssamusentP

C’est vintage …

Tous les moments de  jeux  que nous pouvons partager avec les enfants sont pédagogiques et formateurs. C’est pour cela que je me force à en faire (mais c’est dur). Ceci dit, je n’ai VRAIMENT pas toujours le temps de jouer. Notamment le matin. Ils ont arrêté de jouer à cache-cache avant l’école, Fils Cadet est dans une phase puzzle intensive, et Fils Aîné veut faire une partie des « Schtroumpfs s’amusent » contre moi. Cette semaine, je lui ai suggéré de jouer seul two contre lui-même ( … nous l’avons tous fait … ) (bon ok, peut-être pas toi, mais moi oui souvent) (ceci explique cela). Cependant, je crains que ce nouveau mode de fonctionnement de jeu ne le rende légèrement schizophrène. Je l’ai surpris ce matin, en train de pester contre lui-même parce que son autre moi avait gagné … ^^’

2. Les jeux coopératifs.

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Quand tu as un Môme mauvais joueur, on te recommande bien vite les jeux coopératifs. « Tu verras c’est trop, trop bien ». On te promet la fin des les crises de nerfs.

C’est un principe de jeu dans lequel tous les joueurs gagnent ou perdent ensemble. Nous sommes tous unis pour atteindre un même objectif ou nous nous vautrons tous simultanément (le cas échéant) (et le cas échoit malheureusement) (souvent).

Nous avons quelques jeux qui correspondent à ces critères. Mais les Mômes n’apprécient finalement que modérément le jeu de coopération. Pourquoi ? Principalement parce qu’il veulent gagner tout SEUL (c’est beaucoup plus kiffant). Deuxièmement, quand on perd ensemble, bah on perd quand même. Et perdre c’est LE MAL.

Le jeu coopératif auquel nous jouons le plus est celui du bateau pirate. J’ai mis le lien vers la boutique de jouets en bois sur laquelle nous l’avons acheté. Je ne suis pas sponsorisée ni rien mais j’adore cette boutique 😉 . Bref. Il s’agit de reconstituer le bateau pirate avec tous ses accessoires sans le faire chavirer. Nous jouons tous à tour de rôle. On s’encourage les uns les autres. Mais quand c’est Fils Aîné qui fait tomber le bateau et bien il crise tout de même. Le fait que ce soit un jeu de coopération n’empêche pas le roulage en boule par terre.

 *** COUPURE PUBLICITAIRE ***

En ce moment les Mômes sont fans de leur Robocar Poli (des genres de Transformers pour les tous-petits qui sont issus d’un dessin animé). Ils y jouent tout seuls (en hurlant des trucs incompréhensibles) mais ils veulent tout de même que nous venions « nous amuser » avec eux quand il s’agit de trouver le bras ou la jambe manquante de leur bolide (ce qui arrive régulièrement). Bref ces voitures et surtout leur nom (robocar « poli ») nous ont inspirés cet encart publicitaire (enfin c’est LdmJ qui a eu l’idée, j’ai juste fait le montage photo) :

robocarpoli

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3. Qui-est-ce ?

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crédit photo : eighties.fr

Depuis que nous avons ce célèbre jeu de déduction à la maison, il est devenu directement un classique. Je pense que vous avez tous au moins une fois jouer au Qui-est-ce. Pour réaliser cet article, je n’ai pas hésité à noter toutes les réflexions des deux Mômes lors de nos dernières parties.

Commençons par une partie avec Fils Aîné. Ce dernier a depuis longtemps intégré les règles qui sont assez simples. Cependant, il n’hésite pas à me redemander (pour être sûr).

Fils Aîné : Est-ce que ton bonhomme a un gros nez?

Moi : Non.

Fils Aîné (ton interrogateur) : Bon, alors … j’enlève tous les bonhommes qui ont un gros nez ?

Moi  (ton patient) : Oui.

Fils Aîné (ton énervé) : Rhooo mais je le savais !!! Pas la peine de me le dire !

Moi : (soupir de l’habitude).

Il a beaucoup de mal à répondre par oui et par non. Il rajoute plein de détails.

Moi : Est-ce que ton personnage a des cheveux ?

Fils Aîné : Oui … -il réfléchit-  mais pas au dessus de la tête !

Mon brillant esprit d’analyse a vite compris que ce monsieur a des cheveux sur les côtés, il ne me reste donc plus que 3 bonshommes sur ma grille. Facile.

Du même genre  :

Moi : Est-qu’il a une barbe ?

Fils Aîné : Non, … mais il a une moustache !

Merciiiiiiiii ! Quand je lui fait remarquer qu’il donne trop d’informations, il se fâche.

La réflexion qui m’a fait le plus rire, c’est une fin de partie où il ne restait plus que 2 bonhommes devant lui (je le savais car il venait de s’en vanter). Tout content, il cherchait LA question qui aurait permis de les différencier. Mais je vois son petit front se plisser, c’est long … très loooooooong.

Impatiente, je demande : « Enfin Fils Aîné ils ont bien une différence ces deux bonshommes !!! »

Il commence à chouiner (oui, quand mes Mômes sont contrariés, ils ne parlent plus qu’en chouinant) : « Mais no…non, ils ont des yeux bleus, des cheveux blonds, pas de lunettes, pas de chapeau , un petit nez , je vois pas quoi deman..der ….. »

De guerre lasse, je me lève pour l’aider et j’observe les deux personnages restants :

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  Ok ^^’. Manifestement, pour Fils Aîné, le sexe n’est pas une différence … (il faut appeler d’urgence Mme Boutin pour nous dénoncer).

Les parties de Qui-est-ce avec le petit sont plus épiques.

Premièrement, Fils Cadet n’a absolument rien compris aux règles mais il fait comme si. Je lui demande de choisir un personnage, il en choisi deux (il y a deux lignes de personnages, donc deux réglettes, et c’est trop marrant de jouer avec la réglette). Heureusement Fils Aîné surveille derrière et lui demande de trancher :

Fils Aîné : Tu prends Charles ou Anne ??

Fils Cadet : Ze prends Charles !

Moi : Euh, les gars, je suis là hein …

Après avoir choisi un autre bonhomme (anonyme cette fois) la partie commence.

Parfois Fils Cadet pose une question pertinente :

Fils Cadet : Est-ce que ton bonhomme a un chapeau? 

Moi : OUI !

Fils Cadet : Alors z’enlève tous les bonhommes qu’ont un chapeau…

Et le voilà parti, malgré le « NONNNN » énergique crié par Fils Aîné et moi même.

Il s’arrête interdit, puis demande « Z’enlève tous les bonhommes qu’ont des cheveux alors ? »   corbeau3 Parfois il pose des questions non pertinentes :

Fils Cadet : Est-ce que ton bonhomme a un nez ?

(Fils Cadet veut manifestement jouer au Qui-est-ce version The Walking Dead) (ou version Tyrion Lannister)

L’art de poser la même question (à l’infini)  :

Fils Cadet : Est-ce que c’est un garçon ?

Moi :  Tu m’as déjà posé la question la dernière fois. Pose une autre question.

Fils Cadet : D’accord. Est-ce que c’est une fille ?

Enfin la définition de certains mots est encore bien abstraite pour lui.

Fils Cadet : Est-ce qu’il a une moustache ?

Moi : Non.

Fils Aîné (son coach) : Donc tu enlèves tous ceux qui ont une moustache !

Fils Cadet commence à fermer des fenêtres, mais le grand l’arrête :

Fils Aîné : Mais non ! Tu enlèves les barbus aussi !!! Il faut juste enlever ceux qui ont quelque chose sous le nez !!!

Moi : beurk …

Bref tu auras compris, les parties de Qui-est-ce avec Fils Cadet peuvent durer longtemps … et encore il joue avec son wingman pour le coacher !

***

Je pense pouvoir peu à peu enrichir cette série d’articles d’autres jeux (nous n’avons pas encore commencé le Pictionnary par exemple) (mais cela risque d’être grandiose …)

To be continued !

 *** GENERIQUE de FIN ***

Pour vous faire patienter, un Pictionnary version TBBT :

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Je te rappelle que pour le premier anniversaire du blog, tu peux répondre à mon sondage ICI, déjà une centaine de réponses, je me marre à tous vous lire !

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