Fils Cadet, alias Monsieur Tricycle, n’est pas un enfant qu’il est aisé de soigner. Surtout si le bobo se trouve sur ses doigts : il ferme systématiquement son poing très fort et refuse de l’ouvrir. Il peut se montrer très têtu.

Je te laisse imaginer le niveau de stress du parent, qui doit s’occuper du petit blessé :

– Fils Cadet, ouvre cette main !

BOUHOUHOU. Nan, ça va partir tout seul ! Laisse-moi : ze veux pas que tu touches mon bobo. BOUHOUHOU.

(J’aurais bien mis toute la phrase en majuscule (taille de caractère 58) pour te donner une idée du niveau sonore).

Quand après de nombreuses minutes de spéléologie -sans casque- nous parvenons enfin à la blessure, il trépigne littéralement pour que nous n’utilisions pas le désinfectant (incolore et inodore). Difficile de juger de la gravité du bobo quand la main saute en tout sens sous tes yeux. Ensuite, il refuse obstinément d’utiliser la main « touchée » durant quelques heures, la gardant ouverte mais s’interdisant d’en plier les doigts. Ce qui est déstabilisant, car nous ne savons donc pas si le problème est plus grave.

Afin de l’aider à vaincre cette sorte de phobie ( je ne sais pas trop comment l’appeler), le père Noël lui a offert l’année dernière une valisette de médecin. Nous lui avons demandé de nous soigner : il a tout de suite adoré.

Cependant, il peut se montrer très brusque dans son nouveau métier : il n’hésite à utiliser le thermomètre-jouet comme otoscope. Il l’enfonce comme un maboule dans l’oreille de son « patient » au risque de lui défoncer le tympan. D’autant plus qu’il le prend par surprise. Rien de pire que de comater devant la télé, pour se retrouver la seconde suivante avec un thermomètre en plastique très loin dans l’oreille et devoir subir une voix stridente décidée à achever le peu d’ouïe qu’il lui reste : « Ça va : t’es pas malade ! »

Ce dernier Noël, il a reçu une peluche malade interactive. Nous connaissons toutes les répliques de cet hippopotame par cœur, la voix de ce truc étant infernale :

« Ouille ouille ouille : j’ai mal à  … mon ventre : donne moi vite du sirop » 

Fils Cadet applique le sirop contre sa bouche.

« Merci ! Aaaaaaah … cela va mieux ».

Mais le pire reste sa chanson : « Je suis l’hippo … qui a bobo …     -gnagnagna-    … et tu auras un baiser ».

Fils Cadet adore tellement cette chanson, qu’il peut l’écouter une vingtaine de fois à la suite … rendant complètement timbrée toute autre personne se trouvant dans la pièce.

Notre hippo malade a un autre souci en ce moment :

« Ouille ouille ouille, je ne … dis … plus rien : donne-moi vite des piles » Ouais il n’a plus de pile. Et LdmJ oublie tout le temps d’en racheter : rho c’est dommage.

***Cette longue introduction pour en arriver aux faits qui ont inspiré ce billet.***

Malgré tous nos efforts, Fils Cadet reste toujours un malade insoignable, mais il est devenu beaucoup plus empathique envers nos propres bobos.

Il y a quinze jours, je me suis éclaté le genou en montant les escaliers.

– Maman t’as dit un gros mot ! Tu as mal ?

– Oui [Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip] de Zut …

Fils Cadet évalue très sérieusement le rapport gros mot/douleur.

– Oh c’est un gros bobo, attends ze vais te soigner.

Pendant que je me masse le genou, je l’entends qui farfouille dans l’armoire de la salle de bain. Je lui demande ce qu’il cherche, vu que les pansements et autres produits médicaux sont hors de sa portée. Il revient en courant :

– Maman, z’ai trouvé un gros pansement pour ton gros bobo !!!

Dans sa main se trouve effectivement un « gros pansement ».

C’est ainsi que je me suis retrouvée affublée d’un protège-slip sur le genou et que j’ai dû remercier le plus sérieusement du monde mon petit médecin.

 

***

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Ouille, ouille ouille, j’ai mal à mon … genou : mets-moi vite un pansement.

 

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