J’ai toujours été une bonne dormeuse, une de celles qui pouvaient facilement dormir 8 à 10 heures par nuit …

Aujourd’hui, quand j’atteins le quota de 6 heures de sommeil, je suis satisfaite.

C’est donc une personne fatiguée qui t’écris aujourd’hui (oui, plains-moi).

 

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Oh les jolies cernes … Elle doit avoir au moins 4 enfants.

 

*** GÉNÉRIQUE ***

Quand les Mômes nous réveillent au milieu de la nuit, cela nous fait le même effet que ce bruit morceau :

Le dormeur, doit se se réveiller

Tu dois sortir de ce rêve,

Laisse moi troubler ton sommeil.

Cette chanson a dû être écrite par des Mômes en fait …

***

 

Une étude statistique très  sérieuse :

Nous accumulons un retard de sommeil assez conséquent, et manifestement irrattrapable.  Pour bien saisir toute la portée de ce que j’écris, je me suis amusée à faire un tableau EXCEL de notre dette de sommeil (pardon) (défaut professionnel).

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Comme vous pouvez le constater, depuis 2005, nous cumulons près de 12 000 heures de sommeil perdu … Heures qui ne serons JAMAIS rattrapées, définitivement envolées, PFFT.

Comme je ne peux décemment pas mettre tout le monde dehors la nuit (à part le chat), j’ai dû apprendre à composer.

 

Les causes du manque de sommeil parental :

Pour ma part, cela a commencé pendant la grossesse. Fils Aîné s’est niché juste en dessous de mon sein droit. J’avais l’impression qu’un de ses petons me soulevait une côte. En fait ce n’était pas qu’une impression : c’était soi un de ses pieds soit son popotin. Une douleur bien divertissante en somme (surtout qu’elle était continuelle) (il s’était bien calé et ne souhaitait plus en bouger). La nuit, c’était pire, je n’arrivais pas à me focaliser sur autre chose. Donc le dernier mois, je n’ai quasiment pas dormi.

Certains m’ont dit que c’était une mise en condition. Mais sincèrement à quoi peut bien me préparer le fait d’avoir quelque chose de coincé sous une côte …

J’aurais surtout préféré profiter de ces derniers moments de répit.

Quand il est né, on a vite constaté que nous ne pourrions jamais le qualifier de gros dormeur.

Bien sûr passés  les premiers mois difficiles, il a fait de bonne nuits … de 20h00 à 5h30 du matin. Cela s’est un peu arrangé par la suite : à partir de deux ans, il s’est réveillé vers 6 heures. Au moment où j’écris ces lignes, il est 6h18 (oui, j’écris tôt le matin), et il est déjà réveillé. Je l’entends bricoler dans sa chambre. Simplement, il a ordre de ne pas sortir avant 7 heures et il respecte (plus ou moins) le couvre-feu.

Quand à Fils Cadet, c’était un « gros dormeur ». J’emploie l’imparfait, parce qu’aujourd’hui  je serais moins catégorique …

Les réveils nocturnes des Mômes.

J’en ai déjà parlé, mais actuellement Fils Cadet se réveille 1 à 2 fois par nuit et, au lieu de se retourner et se rendormir, il se dit :

«Tiens je vais aller chercher ma maman pour qu’elle me fasse un câlin/bisou».

Par exemple, quand il se lève vers 2 heures du matin pour aller aux toilettes, il sait se montrer discret. Là où il l’est moins, c’est quand il pousse violemment la  porte parentale dans le mur (CHBONG)  pour claironner :

«  J’a fait PIPI !!! Tu peux me recoucher maman ? »

Parce que Fils Cadet peut aller aux toilettes tout seul, remonter son pantalon tout seul mais il ne peut pas se recoucher sans sa maman. Nan, ce n’est juste pas possible. Parce que sa maman doit lui faire un câlin/bisou pour qu’il puisse bien se rendormir …

 

Un autre réveil pénible est celui que je qualifierais de « chasse au trésor » : la perte d’une tétine ou d’un doudou farceur qui a trouvé hilarant de se planquer sous le lit.

Sache que je peux devenir aussi grossière qu’une protagoniste de  ‘Jersey Shore’  à 3 heures du mat’ quand la tétine a décidé de jouer à cache-cache :

« Mais bor…[censuré] de [censuré] , ah la la la [censuré] mais elle est où cette tétine ? Putain ! [eh oh le CSA, au travail !]»

« OH Maman, tu as dit putain» ^^’

Ce n’est pas éducatif mais ça soulage.

Quand c’est LdmJ qui y va, cela dégénère aussi mais d’une autre façon :

« Écoute Fils Cadet, tu as perdu ta tétine, tant pis, tu t’en passeras pour le reste de la nuit ! »  [ C’est un mec, quoi, tout dans la nuance et le compromis.]

S’en suivent des hurlements déchirants (une Stark louve y retrouverait son petit). Hurlements qui réveillent l’Aîné, qui peut se montrer légèrement irritable lors d’une brusque sortie de sommeil:

« Fils Cadet, tu arrêtes de pleurer !!! Sinon, je vais te casser !!!! »

«  NOOOOOOOOOOOOON, Batit’ y va me casser : bouhouhouhouhouhou……………… »

Moi, qui suis sous ma couette à me boucher les oreilles,  je capitule : je me lève pour devenir «  une aventurière  de la tétine perdue » (mais sans Han Solo) (enfin  sans le Professeur Jones) (à 3heures du mat’ tout se mélange dans ma tête de toute façon).

 

Le réveil « Crocochemar » est bien contrariant également. Celui-ci touche plutôt Fils Aîné. Chasser une araignée imaginaire à 4heures du matin est un  hobby dont je me serais bien passé. D’autant plus, que si cela se trouve il a VRAIMENT vu une araignée sur sa couverture. Donc finalement, je ne suis pas très rassurée quand je dois prouver que la bestiole en question n’existe pas. Parce que les cauchemars à base de monstres de Fils Cadet, je peux gérer ; ceux à base d’araignées, moins. Et Fils Aîné ne fait QUE des cauchemars à base d’araignées. Je me demande d’où il tient cette phobie. C’est pénible.

 

Les réveils d’un Môme malade et toussotant sont les plus durs à gérer le lendemain … quand tu n’as pas dormi de la nuit, parce que tu as dû les consoler, les veiller, distribuer le doliprane (sans inverser les doses), t’inquièter… Au matin, eux seront souvent gardés à la maison (merci Papou, merci Mamou), mais toi tu devras quand même assurer  au boulot. Ta classe de quatrième pénible de 15h à 16h va comprendre très vite que tu as passé une mauvaise nuit (mais en général, ce sont eux qui gagnent tout de même) (par KO de la prof).

 

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Partageons une petite sieste :

Chronique d’une grasse mat’ avortée :

Après les multiples relevés de Fils Cadet la nuit, vient le réveil matin intégré de Fils Aîné. Grâce à lui, l’expression « T’as bouffé une pendule !  » prend tout son sens.

En semaine, nous nous levons très tôt, LdmJ et moi : j’aime bien écrire pour le blog aux aurores et lui, faire un footing. Par contre le week-end, nous ne serions pas contre une voire deux (soyons fous) grasses matinées.

Or, quelle que soit l’heure de coucher des enfants le vendredi soir, voici notre réalité le samedi matin :

Previously in the night:

Les enfants dorment depuis 21h00.

Les deux parents se sont endormis vers minuit (après avoir enregistré et mixé la musique, ils devaient préparer le story-board de la bande-annonce-du-lundi).

Fils Cadet s’est réveillé 2 fois : 2 fois 5 minutes mais cela a suffi pour niquer les cycles de sommeil parentaux.

Le chat a demandé à sortir vers 3 heures du mat’ en grattant bien fort contre la porte du salon.

***

6h00 : Fils Aîné se réveille, il va aux toilettes en chantonnant : «  Le bas du matin, le bas du matin … » (chanson inventée par ses soins) (bientôt sur le blog dans sa version intégrale).

Explication de texte (par Fils Aîné) : le bas du matin, c’est le tout début de matinée (celui où les gens normalement constitués dorment) (quel poète).

Il sait qu’il ne doit pas venir nous voir avant 7 heures, donc il retourne dans sa chambre, en claquant tout de même sa porte contre le mur pour faire bonne mesure. Et en omettant un tout petit détail : la refermer. La lumière de sa chambre éclaire donc joyeusement la nôtre qui se trouve juste en face. Les flots lumineux nous parviennent par les interstices de notre porte : on se croirait sur un dance floor. Nous n’avons pas le courage de nous relever pour aller refermer sa porte, on se contente de tourner le dos à la nôtre et de nous enfouir sous la couette.

6h10 : Il met un disque « La BO de Winnie l’Ourson » – volume sonore équivalent à celui de la pub sur M6 (Putain, elle est nulle cette boite de nuit).

6h11 : Je me lève, baisse le volume de sa chaine de moitié et ferme sa porte. Je me recouche.

6h30 : Nous commençons à nous rendormir, quand j’entends grincer la porte de la chambre de Fils Cadet (elle fait un bruit horrible, genre HIIIIIIOUIIIIN, qui me stresse dans la seconde) (ce bruit signifie : ATTENTION Fils Cadet est réveillé). LdmJ, semi-conscient, croit reconnaître le bruit caractéristique de l’ouverture des portes-écoutilles à bord du  Battlestar Galactica  et s’attend alors à la visite de Kara Thrace quand …

Petits pas, petits pas, petits pas, ouverture de la chambre de Fils Aîné (lumière + musique again) :

–          Batit’ ! Ze chuis réveillé, ze peux venir m’amuser avec toua ?

–          OUIIIIIIIIIIIIIIII !!!

–          Ahahah CHUPER !!! (tétine inside)

Évidemment, la fermeture de la porte étant en option, nous nous retrouvons donc avec :

Tigrou en train de brailler «  Oui, c’est merveilleux d’être un Tigre … », de la lumière façon dance floor, et les cris de deux Mômes surexcités (déjà). N’ayant pas le courage de nous lever, nous nous enfouissons plus profondément sous la couette.

6h40 : Fils Cadet pleure très fort : il s’est fait mal. Je réussis à m’extirper du lit. Au moment où j’entre dans la chambre,  il est miraculeusement guéri et en train de se bidonner. J’en profite pour refermer leur porte en leur demandant d’être plus calmes (vœu pieux) (oui, je veux mon pieu).

6h49 : Cela comate dans la chambre parentale.

6h50 : Fils Aîné hurle sur son frère qui a détruit une de ses voitures légo. L’un de nous deux intervient avant l’étripage en règle. Après des pardons/ bisous mutuels très sincères, le parent médiateur tente de se recoucher. Erreur fatale.

7h00 : Arrivée des deux Mômes dans la chambre parentale, chantonnant, heureux, et se demandant pourquoi, ils retrouvent deux adultes bougons et désagréables

La (longue) matinée peut commencer, ouaiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis (à prononcer à la Michel Denisot dans les Guignols) !

 

Les conséquences du manque de sommeil.

Sur Sheldon, c’est assez flippant :

Des débuts de soirée moins sympathiques.

Mon début de soirée commence vers 16h30. L’heure où je commence à bailler. Il m’arrive même de commencer à bailler vers 15h30 devant des quatrièmes relous (mais je suis discrète, je leur tourne le dos) (enfin j’essaie).

Plus tard dans la nuit (vers 21h donc), nous décidons de faire nos rebelles et de ne pas aller nous coucher tout de suite. Nous regardons généralement un ou deux épisodes d’une série. J’ai tout de même du mal avec celles en format long (plus de ½ heure) (long quoi) car le sommeil risque de m’emporter avant la fin de l’épisode (du premier épisode, hein …).

Au milieu de la nuit (vers 22h30), je me navre que la téléportation ne soit pas déjà inventée afin de me conduire directement du canapé jusque dans mon lit (ce serait top, si elle pouvait me laver les dents aussi).

Lit dans lequel LdmJ tente de lire quelques pages du pavé de Georges RR Martin : Le Trône de Fer.

Moi aussi, j’ai souvent une lecture en cours. Mais je lis deux pages puis je suis soudainement réveillée par mon propre ronflement. LdmJ ricane.

Mon mari décide d’éteindre quand, au choix :

– Le pavé lui tombe des mains directement sur le visage. Je ricane.

– Il continue à lire en fermant les yeux (véridique) et au bout de l’équivalent de 15 lignes, lorsque (attention, spoiler !) Tyrion Lannister commence à faire des paris débiles avec Jack Peralta, ses quelques neurones connectés lui indiquent qu’un crossover entre ‘Game of Thrones’ et ‘Brooklyn 99’ est inconcevable. Puis le pavé tombe sur sa tronche, le ramenant à la réalité.

 

Des conséquences sur notre humeur.

Sérieusement, le manque de sommeil chez l’adulte peut entrainer d’autres conséquences beaucoup moins sympathiques. Allant d’une simple dépression passagère à un véritable burn-out  parental.

J’ai eu la chance de ne jamais être confrontée à cette extrémité mais la fatigue des nuits raccourcies et les premières  rebellions enfantines – nécessaires mais si déstabilisantes – m’ont fait tout de même rencontrer une autre personne : MOI, mais dans sa version mégère. Inutile de t’expliquer que la découverte de cette partie de ma personnalité (inconnue jusqu’à lors) m’a fortement déplu et déstabilisé.

Cette mère qui criait sur ses enfants, qui n’avait plus aucune patience … cela ne pouvait pas être moi. Je m’imaginais parfois être loin, très loin et surtout SEULE pour me retrouver, car je ne reconnaissais plus la personne qui habitait mon corps.

Moi qui me croyais plutôt cool et tranquille, j’avais mésestimé le pouvoir des hormones, de la fatigue, et de l’angoisse qui me rongeait (et me ronge encore) aux moindres bobos. La fatigue accumulée exacerbait le moindre souci. Ce fut vraiment déstabilisant de prendre conscience que parfois, je n’arrivais plus à être maître de mes émotions : j’étais parfois obligée de m’isoler dans une chambre pour hurler ma colère et ma frustration.

Je parle à l’imparfait, genre « Nan, mais maintenant tout ceci est derrière moi ». En fait pas vraiment. La mégère surgit encore mais dans une moindre mesure. Je dors mieux à présent. Quoique. Cette semaine a été particulièrement fatigante. De plus cette année, je n’ai pas des classes très sympathiques au travail et cela a rajouté quelques motifs d’insomnies.

Les Mômes, ben, ce sont des Mômes. Fils Cadet est en plein Terrible Three et Fils Aîné nous a fait un chouette Jackson Five ( mouhaha ) enfin maintenant, il a entamé son Terrible Six.

Sur les conseils d’une amie, j’ai acheté le livre : « Il n’y a pas de parents parfaits » de Filliozat, qui m’a permis d’une part de me déculpabiliser sur mes erreurs et échecs passés, et d’autre part de réfléchir sur mes propres comportements : apprendre à maîtriser mes mouvements de colères, ne plus crier, et ne plus donner de fessée. Entre eux c’est souvent la guerre. Il faut leur expliquer que NON, il ne faut pas se mordre, ni se battre, ( morder et batter en langage Fils Cadet ) … ni se bousculer.Donc dans le même temps continuer de distribuer des fessées devenait plein de non-sens et de contradictions :« Tu ne tapes ton frère, mais moi j’ai le droit de te taper … »

Bon soyons réalistes, pour ce qui est des cris, j’ai un long chemin devant moi. Mais c’est un challenge qui est réalisable. Quand nous arrivons à gérer une situation de crise sans nous énerver, le calme revient plus rapidement dans la maison. Tout le monde y gagne.

Ces dernières semaines ont été particulièrement difficiles entre nos deux Mômes, qui savent se montrer mignons en société (particulièrement à l’école ou chez les grands-parents car nous n’y sommes pas) et de petits démons avec nous. Les envoyer dans leurs chambres, les priver de télé, de piscine, d’ordinateur : nous avons l’impression d’avoir passer plus de temps à punir et gronder qu’à leur faire des calinous.

Le livre de Filliozat m’a fait prendre conscience qu’il fallait aussi se remettre en question SOI en tant que parent. Je suis l’adulte. Si je suis fatiguée après le travail, ou après une mauvaise nuit, ce n’est pas sur eux que je dois passer ma colère et mes frustrations (même si techniquement ce sont eux qui m’ont pourri la nuit). Ce sont des éponges, ils ressentent tous nos sentiments, les positifs comme les négatifs. Il y a donc fort à parier que si je suis de méchante humeur, ils vont vite faire toutes les conneries possibles, afin de nous entraîner dans un cercle vicieux bien délicat. C’est donc à nous parents, de travailler pour que l’harmonie règne dans la famille. Et bien, ce n’est pas évident…

La solution et la détente passeront sans doute par une meilleure qualité de sommeil. Là encore, le chemin me semble long. Très long.

Vivement, que je puisse pourrir leurs grasses mat’ à mon tour, quand ils reviendront de virées sur les dance-floors. Vivement.

 

*** GENERIQUE ***

Les Beatles aussi avaient des Mômes petits dormeurs ?

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