S03 E04 ~ La complainte du prof (de maths).

En lisant ce titre, certains parmi vous ont peut-être pensé : « Ah ça y est, encore un prof qui va se plaindre ! ». Eh bien,  c’est mal me connaître : je ne me plains que rarement de mon métier (sans doute parce que je n’ai jamais enseigné dans des collèges vraiment difficiles).

Je ne me plains pas : je constate (c’est pas pareil).  Je constate, j’entends et parfois me désole. « Tout le monde » (expression couramment utilisée pour éviter «les gens» ) a son avis sur  l’Éducation Nationale, car « tout le monde » a côtoyé ce monde et  la plupart le côtoie encore une fois adulte par le biais de leurs enfants.

Minute Caliméro : C’est difficile d’entendre les critiques souvent dures à notre égard et la plupart du temps injustifiées.

Sur Internet par exemple, je lis beaucoup d’articles sur l’éducation, mais je ne regarde JAMAIS les commentaires liés (je l’ai fait un temps) (erreur fatale). Notamment si l’article en question est diffusé par Le Figaro ou Valeurs Actuelles car les commentateurs sont tellement haineux pour notre profession que j’en ressors avec une vague envie de vomir. Sans parler des raccourcis pré-digérés faits par les chaînes d’infos en continu.

Un parmi tant d’autres :

3

 Hum, vivement ma retraite dorée … à 67 ans 😀

Aujourd’hui, je vais donc écrire un article sérieux.

dont call me Shirley gif Airplane I am serious Leslie Nielsen

 

Je vais revenir dans cet épisode sur les lieux communs couramment énoncés sur les profs tout en te donnant mon avis (forcément impartial , tu en conviendras).

 

*** GENERIQUE ***

Entre les murs …

***

 

Commençons par les plus courants :

1)      « Avec ton boulot, pour lequel tu ne travailles que 18h … »

J’ai souvent entendu ou lu cette phrase. Oui, nous avons 18h de cours à assurer devant les élèves, pas une de plus (même si techniquement nous avons souvent des heures sup) (et qu’il nous est interdit de refuser la première).

La première année où j’ai enseigné en collège, un élève de 6ème m’a fait la remarque que j’aurais dû avoir corriger son devoir pendant le week-end, vu que «d’après son père», je travaillais déjà pas beaucoup en semaine (sic). J’ai cru m’étouffer dans ma colère en lui répondant ( il faut savoir en plus, que je suis une prof qui ne supporte pas d’avoir un paquet de copies en souffrance) (avec comme rythme 1 DS et 2 DM par mois -pour chaque classe- plus des interros hebdomadaires -quotidiennes dans une de mes classes de 4ème- ou encore du calcul mental, on n’a pas vraiment intérêt à laisser traîner) (mais plus tu les rends vite, plus les collégiens – et leur parents – deviennent exigeants).

J’ai été particulièrement choquée, le jour où j’ai rencontré un  ancien ami de LdmJ dans un grand magasin. Il nous présente sa compagne, ils sont tous les deux ingénieurs. En discutant, elle comprend que nous sommes profs, et me demande combien d’heures de cours j’assure par semaine :

«  20 c’est ça ? »

Je lui réponds naïvement : « Non, 18h en fait » et là elle me répond en lançant sa tête à l’envers de manière tragique : « HAN, quand je pense que moi je bosse dans les 40 heures … »

Avant de la rencontrer, j’avais toujours pensé  que les personnes qui avait du mal à comprendre le concept des heures de cours étaient un peu neuneus, mais elle était gros n’ingénieur là quand même. Alors bon, puisque parfois il faut tout expliquer :

18 heures c’est la partie visible de l’iceberg, ce sont des heures incompressibles, des heures durant lesquelles nous sommes à 100% : durant ces dernières nous ne pouvons pas facebooker, aller faire pipi, jouer un sudoku ou putasser avec notre collègue de la salle d’à côté. Ensuite viennent des heures plus cools, à notre rythme, mais qui sont au moins aussi nombreuses : préparation, correction, harmonisation avec les collègues, photocopies, rencontres avec les parents, passage en vie scolaire pour parler des problèmes avec untel ou untel et j’en passe. Bref limiter notre travail à nos heures de cours, c’est comme si je disais :

«  Hein, non mais le mec qui présente le journal de TF1 tous les soirs, là … Je veux son taf, bordel, il ne bosse qu’une demi-heure par jour, ce branleur. Et c’est même pas lui le weekend ! Quelle feignasse » ( je n’ai aucune idée de qui présente le journal de TF1 en semaine, c’est peut-être une nana en fait ). Voilà, donc moi aussi, je peux nier le travail de préparation des journalistes (surtout chez TF1).

C’est le même principe. Après certains disent : «Haha, mais quand même les préparations de cours, tu réutilises les mêmes d’une année sur l’autre !» (le prof doit parfois se justifier pour tout et n’importe quoi).

Ouais encore faut-il avoir les mêmes niveaux d’une année sur l’autre, notamment si tu travailles en lycée ou le programme de 1ers ST2S n’est pas vraiment le même que celui de 1èreES, S, L option maths. Cependant, je l’avoue, je ne recommence pas tout au début. Oui pardon, mais je profite quand même du boulot que j’ai déjà fait. Devrais-je tout foutre au feu à la fin de chaque année et tout recommencer de zéro ? Ce serait dommage, car nos cours s’améliorent d’une année sur l’autre, et le temps libéré (délivréééé) (bordel j’enpeux plus de cette chanson) sur les préparations de base nous permet de pouvoir travailler sur d’autres choses : par exemple faire de la différenciation, adapter ses cours à des élèves souffrant de handicap (déficiences auditives ou visuelles dans notre établissement), préparer des séances informatiques, se former (TOUT SEUL !) à l’utilisation de nouveaux outils (informatiques principalement), s’occuper activement de l’orientation des élèves de 3ème … bref faire autre chose, mais … TRAVAILLER tout de même.

Et là je ne parle pas de mes héros absolus, j’ai nommé les professeurs des écoles, qui eux n’ont pas 18 mais 24 heures de cours à assurer, des matinées et des après-midis complètes sans pause ( parce que OUI, ils surveillent les gamins dans la cour ! ) et qui n’ont pas la possibilité d’avoir des heures supplémentaires contrairement à nous.

Car  pour un prof deux heures supplémentaires par semaine permet tout de même rajouter du gruyère sur les macaronis.

 Maintenant quand on me pose la question : « Mais tu travailles combien d’heures par semaine ? », je réponds :

« Je suis en charge de 5 classes sur trois niveaux différents » Et en général ils ferment leur … tronche.

2)      «  Bon ok, tu travailles peut-être 35 heures par semaine, mais franchement t’as plein de vacances, là aussi ».

En fait, on se rapproche plus de 40h que de 35 mais bon je passe (je le signale juste). Déjà les 8 semaines de vacances l’été ne nous sont pas payées. Notre salaire est comptabilisé sur dix mois répartis sur douze.

Mais souvent je lis sur des forums :

« OUAIS, mais c’est un faux débat, car vous avez un salaire toute l’année !!! » (certains « gens » sont très cons).

Oui, j’ai un salaire en juillet et en août (c’est dingue hein) le même que le reste de l’année : cela s’appelle de la répartition. Franchement : si tu travailles à mi-temps, tu ne vas pas être payé à temps-plein  jusqu’en juin et après queud ? Non ?  Essaie de comprendre Monsieur Hargneux, mais avec un Master 2 ( obligatoire aujourd’hui pour être prof ) si tu es embauché à temps complet, il est possible que tu débutes avec plus de 1600€ par mois. Je te le souhaite en tout cas (t’as vu je ne suis même pas rancunière). Pour ma part, n’ayant qu’une maîtrise de mathématiques et un putain-de-capes-de-merde (private joke) j’ai débuté avec 200€ de moins.

Sinon, c’est vrai, nous avons 8 semaines de congés soit 3 en trop ( mais vu qu’on travaille 5h de plus que 35 … et bien ça fait l’équivalent de 3 semaines de RTT … CQFD).
La plupart de mes collègues passent une partie de leurs vacances à travailler et nous ne pourrons jamais partir en basse saison.

Nous sommes en temps-partiel imposé. C’est une des caractéristiques de notre métier. Je ne vais pas engueuler ma caissière au Carrouf parce qu’elle ne bosse qu’à mi-temps, nan ? (Quelle faignasse tout de même !) (et en plus c’est la mère d’un de mes élèves) Ceci dit, je suis bien consciente que, pour la plupart, ce ne sont pas des mi-temps désirés.

 3 ) « De toute façon, vos cours, on vous les fournit , non ? »

Oui, certaines personnes le croient, je m’en suis rendue compte quand un parent d’élèves m’a dit :

–          Je ne comprends pas, elle n’a pas les même cours que son frère ! Et puis ce ne sont pas les mêmes devoirs non plus.

–          Gné ?

–          OUI, vos cours ce ne sont pas les mêmes que ceux de votre mari !!!

Bref, le gros LOL. J’ai dû expliquer à ce charmant Monsieur, que non, je n’avais pas les même cours que mon époux, que le ministère ne nous fournissait pas des cours et des devoirs tout prêts, et que cela s’appelait de la « liberté pédagogique » (et qu’il ne faut pas commencer à me lancer là-dessus). En plus, il avait l’air de penser que les cours de LdmJ étaient les seuls valables (ben oui, lui c’est un homme). Charmant.

(Au cas où tu le saurais pas encore ami lecteur, je travaille dans le même établissement que LdmJ) (je suis sûre que toi aussi, tu as déjà connu un couple d’enseignants dans ton « bahut » ~ expression vintage) (ben voilà nous c’est pareil, nous ne sommes qu’une unique entité : les BatMax).

 

4)      « Vous ne voulez jamais rien changer, pis vous faîtes grève tout le temps »

Les seules fois où j’ai fait grève ce fut pour défendre des postes, afin que les enfants soient mieux encadrés. Nous faisons rarement grève pour notre gueule en fait, nous râlons principalement pour qu’il existe une plus grande concertation avec la base (c’est à dire nous). Nous ne sommes pas les êtres immobilistes que l’on décrit si bien. Nous avons au contraire plein d’idées pour faire évoluer notre métier. Je le dis clairement : je n’ai pas peur de travailler plus, si c’est pour le bien de l’élève. Je sacrifierais sans problèmes deux semaines de vacances l’été si le projet en valait le coup si la finalité était d’aider et non de faire des économies. Mais lorsque chacune des réformes proposées est clairement dictée par des restrictions budgétaires ou quand ils veulent nous vendre un truc (qui a dit IDD ?) sans nous en révéler l’idéologie première (supprimer des heures par classe (sans allègement de programme) et donc in fine des postes) alors oui nous râlons.

Il faudrait tout réorganiser en profondeur, avoir de vrais concertations sur le collège unique, arrêter de vouloir absolument envoyer des enfants vers des voies générales afin de gonfler des statistiques, ne pas essayer de vouloir gérer un établissement scolaire comme une entreprise. Tout ce qu’il en ressort, ce sont des niveaux de classe en baisse et des gamins mal orientés.

5)      « Ils s’en foutent de nos gamins !!! Ils ne cherchent pas à les aider. »  «  C’est de la faute des profs s’ils ne réussissent pas »

Oui, bien sûr, j’ai décidé de faire ce métier, mais en fait je déteste les gosses. Je suis un peu maso sur les bords, c’est pour cela (pardon). Je m’en fous que mes élèves ne réussissent pas, je ne cherche jamais à les aider : je ne vais quand même pas passer mon temps à leur apprendre des choses, les écouter, leur parler, les gronder, essayer de comprendre le charabia de certains, faire la police dans mes cours, prendre rendez-vous avec leurs parents,  …  Ah ben si, tiens c’est ce que je fais tout le temps. Mais je m’en fous quand même. Et bien sûr, si je parle aussi beaucoup d’eux à la maison c’est parce qu’après 13 ans de vie commune avec LdmJ nous n’avons plus rien à nous dire.

Évidemment, je n’essaie pas non plus de comprendre leurs erreurs, tu te doutes. D’ailleurs, je m’en fous tellement que je ne perds pas du tout de temps à décrypter les messages codés que certains élèves m’envoient (ah si ) (j’en attrape quelques-uns au passage) :

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Heureusement certains parmi nous ont une vraie vocation. D’ailleurs, je tenais quand même à dire toute mon admiration pour la maîtresse de Fils Aîné qui s’occupe particulièrement bien de lui et grâce à laquelle il s’épanouit en classe. Elle a su très vite le cerner et différencier son enseignement. Je sais à quel point c’est difficile, d’autant plus qu’elle travaille en ZEP avec plusieurs élèves en très grande difficulté.

Ceci dit, ne nous voilons pas la face : même si une grande majorité de mes collègues sont des personnes attentives, il y a aussi des branleurs et des cons (comme dans tous les métiers, quoi). Et surtout, je crains que l’Éducation Nationale ne devienne une véritable machine à broyer. Tout est nivelé par le le bas (non, je ne parlerai pas du DNB – le Brevet) et même si dans ton coin tu essaies de ramer à contre-courant, tu ne peux pas faire grand-chose. Donc d’une certaine façon, c’est vrai que « nous » sommes responsables de l’échec scolaire (quand je dis « nous », je parle malheureusement du système dans son ensemble) (j’y inclus les parents).

D’où l’importance de vraies réformes. Mais bon, je ne me fais plus guère d’illusion.

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L’Education Nationale recrute (J’en reparlerai à la fin du billet) !

Voilà une affiche pas du tout démago  qui « veut la réussite de tous. »

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– Moi, moi, moi !!!
– Fayotte, intello !

 

***

 

 

6)      « Comment tu peux faire confiance à des personnes qui ont passé toute leur vie dans une école, évidemment que leur vision est étriquée »

Je la lis régulièrement aussi ce reproche. OKAY, alors quoi ? Il faudrait que nous ayons une autre expérience professionnelle ? Que j’ai passé 10 ans dans une entreprise privée pour comprendre la VRAIE vie ? Que j’ai été GO au Club Med ? (ah tiens oui, pourquoi pas). Pour le coup, c’est vraiment nous prendre pour des imbéciles incapables d’ouverture.

7)      «  De toute façon, dans la salle des profs, ils passent leur temps à putasser sur les élèves ».

Bon là, je te répondrai JOKER  😉  Je ne peux pas livrer ce qu’il se dit dans une salle des professeurs, désolée. Nous sommes soumis à la loi du silence. Oui, c’est un espace pour décompresser, il est possible d’entendre des choses pas très sympathiques sur certains ados (et sur leur parents aussi) (tant qu’on y est), des trucs qui nous font rire et qui finalement nous rassurent. Nous sommes des êtres humains. Je t’assure que quand tu galères avec un élève, c’est vraiment déstressant d’en parler… même pas  du tout  du tout gentiment.

C’est aussi un endroit où l’on mange, l’on partage des anecdotes ( de boulot ou d’autres choses …) (mais principalement de boulot) (ceci dit on parle davantage de luc le jeudi midi), où l’on se concerte de manière informelle. J’aime bien la salle des profs, d’ailleurs j’apprécie la plupart de mes collègues, notamment ceux qui me lisent avant de s’endormir le jeudi soir ( spéciale dédicace à qui se reconnaitra ).

8) « Désolé, mon père ne  peut pas venir à votre rendez-vous parce que, lui, il a un travail »

SOUS- TITRAGE : « Contrairement à vous qui n’en branlez pas une [insérer ici une insulte de votre choix]. »

Pour te donner une anecdote récente, LdmJ a écrit dans le carnet d’un élève de 3ème dont il est professeur principal :

« Je souhaite vous rencontrer afin de discuter de l’orientation de votre fils, je suis disponible les lundis/mardis/jeudis/vendredis entre 16h15 et 18h30. »

Le père répond : « Je ne peux qu’après 19 heures et le mercredi matin. »    -_-      Le collège ferme vers 18h30 et le mercredi LdmJ s’occupe des enfants.

Et sinon, la réunion Parents-Profs de 17h à 22h sans pause (après plus de 9h de boulot un vendredi soir de la 6ème semaine de cours consécutive), y’a moyen ?

Pour ma part, je me suis fait convoquer (je pense que c’est le terme le plus adapté) par un parent d’élève de la classe dont je suis PP. Voici le mot en question :

« Je souhaite vous rencontrer ce jeudi 06 février à 14h » ( sachant qu’à 14h, j’ai la classe de son gamin en cours.)

J’ai répondu : « Désolée, je ne peux pas à cet horaire, mais je suis disponible entre 11h et 14h, ce même jour », voici la réponse du papa :

« Je ne peux pas, dans ce cas, pouvez-vous me faire un bilan par mail de l’attitude de mon fils et je voudrais l’avis des autres  professeurs ( et de la vie scolaire) ».  Mais à votre service Monsieur ! ( Je précise que je l’ai fait …) (on ne se refait pas).

En fait, le prof n’a pas un vrai travail (vous vous rappelez un certain président qui appelait à fêter le VRAI travail le 1er Mai ?) : il occupe ce métier en dilettante. Histoire de s’occuper la tête entre deux vacances. Finalement, c’est par pur altruisme qu’il accepte de dispenser son savoir. C’est beau.

Terminons par ma discipline chérie : les Mathématiques.

9) « Le prof de maths ?C’est le prof le plus strict, le plus sérieux et le moins drôle. »

[Ceci est l’avis d’une personne que je ne citerai pas mais qui se reconnaitra 😉 .]

« Ils sont moches aussi ».

ou encore :

« Kewoua ? Vous êtes prof de maths ? Bah on le dirait pas,  RAHHH je détestais les maths. »

Ouais. Nous souffrons. Notre discipline et les stéréotypes liés nous collent à la peau. Je rappelle que les maths c’est la langue douce et mélodieuse dans laquelle s’expriment toutes les autres matières scientifiques. Les Maths sont aux Sciences ce que le Solfège est à la Musique ou la Grammaire à la Littérature. C’est pour cela que tu trouves cette discipline chiantissime ? Pour moi, les maths c’est un jeu et des énigmes à résoudre.

En ce qui concerne le fait que nous ne soyons ni drôle, ni beau … Sincèrement,  je t’ai déjà fait rire parfois, non ? (mais bon je te rassure : dans la vraie vie je suis chiante) (of course). Et puis je ne suis pas si moche que ça (là il faudra que tu me croies sur parole).

10) « Vous vous plaignez tout le temps d’être confronté à des élèves difficiles, mais bon il faut juste les visser plus ces gamins , moi à votre place blablablabla … »

Je déteste le terme « visser ». Sérieux, faut arrêter avec ce mot et surtout le geste de la main qui va avec. Je fais de l’urticaire quand je l’entends.

Enseigner, c’est tout sauf cela. Bien sûr, il faut savoir se faire respecter et une grande partie de notre temps d’enseignement consiste à faire régner l’harmonie dans la salle. Donner la parole, écouter son copain, son prof. C’est positivement usant mais nécessaire. Avec certaines classes, c’est même éprouvant. C’est très déstabilisant de voir son autorité mise à mal par des gamins de 13 ans. Il faut posséder un certain self-control pour ne pas se laisser envahir par la colère. Mais gérer une classe ne nécessite pas forcément de leur faire peur.

Ce fut très difficile pour moi au début car je SAIS que beaucoup de personnes de mon entourage pensaient que je me faisais bordéliser (rapport au fait que je n’ai pas forcément le profil de la prof à grosse voix qui en impose d’emblée avec les gamins). Et oui, je me suis fait bordéliser par certaines classes, mais ce fut loin (très loin) d’être la majorité. Nous pouvons tout à fait enseigner tout en ayant un rapport agréable avec les adolescents. Il est évident que je ne leur fais pas peur. Tant mieux. A part avec quelques-uns, je n’ai pas besoin de m’énerver pour faire passer le message, et l’humour peut désamorcer pas mal de situations tendues.

Mais savoir se faire respecter par une bande d’ados ne s’improvise pas et demande de la pratique, donc quand certaines personnes expliquent ce qu’il feraient à notre place, voici ma réponse  :

EPILOGUE

Bon comme ce métier est si génial, pourquoi plus personne ne veut le faire ?

Je ne comprends pas. Malgré tous les avantages du métier ?

Quand j’ai passé le Capes (entre 2000 et … 2002), seulement 10 à 20 %  des candidats réussissaient ce concours. Inutile de te dire  que j’ai galéré. Aujourd’hui en maths notamment, le déficit est tel qu’on accepte tout le monde (et encore il manquera de professeurs à la prochaine rentrée). Les admissibles à l’agrégation auront d’office leur CAPES sans avoir jamais passé d’épreuves orales ( quand on sait que la transmission orale est tout de même l’essence de notre métier, c’est flippant).

2

Ce n’est guère rassurant pour l’avenir. La vocation a chuté de près de 70% ces dernières années.

Bref, le concours est ouvert à tout vent à tous. Ah non, merde il faut aussi un bac+5.

J’en profite, si certains parmi vous se sentent l’âme d’un futur professeur, si le contact avec des vacances des adolescents ne vous effraie pas. C’est le moment de se lancer … en pensant qu’à 66 ans vous serez toujours en train d’animer des heures avec les ados des ados des ados que vous aurez eu en début de carrière !

*** GENERIQUE de FIN ***

Un conseil de classe.

Je pense que le prof de maths de ce film (datant de 1985) a fait beaucoup de mal à notre profession 😉

***

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58 thoughts on “S03 E04 ~ La complainte du prof (de maths).

  1. Bien dit 😀
    J’ai eu l’an dernier un maman (à qui j’avais imposé un rendez vous à la réunion de parents) qui, avant de me saluer, m’a dit « je vous déteste »… oui bon en même temps on ne se connait pas… « bah vous êtes prof de maths, je vous déteste c’est tout »… tant pis je vais vous parler pendant les 5 min réglementaires 😀

    1. C’est trop fort ça!!! Je me dis que les parents sont pires avec vous n’empêche! Bon les convocations avec le comm « moi je travaille » on l’a tous eu par contre.

  2. Tiens, ça me rappelle un billet que j’avais écrit il y a bien longtemps déjà… et sur lequel j’ai encore et toujours des commentaires très sympathiques. Comme bien souvent ils sont bourrés de fautes et agressifs, je me réserve le droit de ne pas les publier. J’entends déjà assez de conneries tous les jours dans la vraie vie.
    Enfin, c’est pas comme si on avait un vrai métier, hein…

    1. Oui, les reproches sont très réguliers. Je me suis demandé justement si cet d’article pouvait m’amener des commentaires agressifs. On verra …
      J’ai passé le test de l’allaitement mixte sans méchant troll. 😉

  3. J ai toujours exasperé mes prof de math… rien a faire deja quand un jour on m a dit qu on attaquait la geometrie dans l’espace parait que j ai braillé : KEUWA??? Y EN A AUSSI DANS L ESPACE??? mdr ^^

    Pour le reste, tu sais d ou je viens et j abonde… j ai personnellement un profond respect pour les enseignants tous niveaux, et quand on voit comme leur hierarchie les traite… (j parle meme pas des familles tellement c est une evidence) , et bien moi jdis CHAPEAU ceux qui arrive jusque 66 ans 😉

    merci pour le rire (mais me cause pas geometrie )

  4. Super article. comme tout les métiers il y a des personnes super et d’autres non. mais c’est tellement plus facile de taper sur les doigts des profs quand son enfant ne réussit pas plutôt que se demander ce que nous en temps que parents pourrions faire pour améliorer les choses.
    Comme toi j’ai la chance que mes grandes aient une instit de CP génial mais j’ai entendu un instit dire a la fin de sa 1ère année d’enseignement de ce1 que l’année avait été dure car il avait du préparer tout ses cours maintenant ça aller être super tranquille. ça m’avait surprit je me disais mais non il va repartir sur la base mais changer des choses et non depuis 3ans c’est les mêmes cours, les mêmes évaluations. J’ai une personne de ma famille qui est prof de français et quand je vois le temps qu’elle passe a préparer ses cours (même l’été en vacances) ça m’hallucine c’est clair que c’est plus que du 35h par semaine. moi je vous tire mon chapeau de faire ce métier car il en faut du courage pour être plusieurs heures d’affilée face a des ados souvent révoltés

  5. Je pense que des personnes pensent (oh la, t’as vu la phrase!) que les présentateurs de JT ne bossent que 30mn + 30mn de maquillage/démaquillage.

    1. Oui, c’est vrai mais chez nous la chute des candidatures a commencé avant la masterisation. Ceci dit , il est évident que cela à précipité la chute.
      En Maths , on est mal quand même… ( Pas en Easterosie ceci dit, nous sommes toujours excédentaire … )

  6. je suis courageuse : j’ai tout lu sans m’arrêter pour aller faire pipi !!
    Toi tu es courageuse !! Y’a pas longtemps sur FB, j’avais mis un post comme quoi j’admirais certains métiers (aide-soignants, puer, infirmières, médecins, toussa, et aussi instits, atsem, prof…)
    Oui, moi je vous admire, 18h ou 24H, moi je vous bénis. Pour tout ce que vous faites pour nous enfants, apprendre, expliquer, patience, supporter….
    Je suis sérieuse Flo.
    Et j’ai suffisamment d’amis instits – profs autour de moi pour savoir que tous ces clichés sont faux;
    Et les gens sont cons parfois (putain)
    Bizouilles

    1. Bon, j’avoue, Winterfell n’étant pas Baltimore, je suis pas une héroïne à la Mr Prezbo. Mais le film « Entre les Murs » m’a vraiment accroché. C’était un condensé de ce que nous vivons quotidiennement mais en concentré ( parce que je n’ai pas du tout le même genre de public face à moi)(heureusement!)

  7. Bon moi tu le sais, les maths, c’est pas mon truc. C’est pas que j’aime pas, c’est que j’y arrive pas! 😉 les profs que j’ai eu n’ont jamais été très encourageants. Pourtant, je suis toujours contente quand je papote avec un ou une prof de voir que ce sont des humains comme les autres! (nan parce jusqu’au lycée, j’en n’étais pas convaincue). 😉 Et depuis que j’ai des amis profs, je suis carrément solidaire, même si j’aime à plaisanter de temps en temps, pour de rire! 🙂 par contre une amie a aussi reçu une demande de bilan par mail et tout le toutim… elle a refusé et a bien eu raison je trouve.
    tu sais, quand je bossais en crêche, les parents partaient en me disant « amusez vous bien! » ou encore ils arrivaient en retard en disant « mais je bossais moi! »… alors bon… je ne peux que compatir!

  8. Le chapitre 9 est criant de vérité !
    Faut être à la fois sadique et maso pour enseigner les math !
    Et c’est vrai… ils ont toujours été moches et sévères mes prof de math !
    Je hais les math, ça n’est pas drôle du tout !
    Au bûcher les matheux ! Qu’on les brûle !

  9. Mon père a toujours tenu les enseignants en haute estime, pourtant, et tant que membre du foyer socio-éducatif et président d’une des associations de parents d’élèves, c’est vrai que pour lui les points 6 et 8 contiennent un peu de vrai : certains profs semblaient croire qu’il était facile pour n’importe quel parent d’élève de se libérer pour 16h45 et poussaient les hauts cris quand il leur disait qu’il ne pouvait pas être là avant 18h, semblant ignorer que si les profs ont des heures de cours imposées, les salariés peuvent aussi avoir des horaires de présence obligatoire, et que le fait de pouvoir choisir ses jours de congé n’est pas forcément le lot de tous les non-enseignants. Et parmi ceux-là, qui voulaient rentrer plus tôt chez eux, la plupart n’avaient pas d’enfants, ou des lycéens tout à fait capables de se préparer à manger tous seuls.
    Par contre, le seul prof vraiment glandeur que j’ai eu, c’était en BTS et lui, il connaissait aussi le monde de l’entreprise, comme quoi ça ne fait pas des meilleurs profs (dans le genre glandeur, il ne préparait pas ses cours une fois pour toute : il ne les préparait pas du tout. Il arrivait en cours, il faisait l’appel, distribuait des photocopies d’exercice et allait photocopier les corrigés pendant qu’on était censés bosser. Je n’aimais pas la matière qu’il enseignait, et il n’a rien fait pour nous motiver). En fait je crois que, à part les cas cités plus haut, le fait de connaître le monde de l’entreprise ne peut être utile que en cours d’orientation, et dans des classes professionnalisantes, où on peut parler aux élèves de ce qui les attend parce que ça les concerne tous.
    Et pour ma part, je tire de toute façon mon chapeau aux profs parce que moi, supporter 30 élèves pendant une heure, quel que soit leur âge, je ne pourrais pas, alors faire ça 18h par semaine…

    1. Connaître le monde de l’entreprise sert aussi à éviter de penser que tous les non profs se libèrent quand ils veulent , car en effet j’ai aussi des collègues qui le pensent c’est vrai… De toute façon il y a une incompréhension des 2 cotés aussi…

  10. J’aime beaucoup ton billet. Je ne suis pas prof, (je ne suis qu’une saleté de feignasse de fonctionnaire) et j’admire ton métier, vraiment, j’en serai incapable. Malheureusement j’ai peur de ce qu’il va devenir ou de ce qu’il devient déjà d’ailleurs. Tous ces « gens » qui passent les concours par dépit (et j’en connais, et ça me dépasse) que vont ils faire face à nos gosses? Dans mon petit village de campagne tout bien comme il faut il y a des soucis avec des enseignants qui perdent leurs « moyens » (je met des guillemets car le mot est faible) devant les enfants. Moi ça me fait peur. peur pour ma fille qui va bientôt y aller forcément mais aussi peur pour les enseignants qui voient leur métier complètement décrédibilisé par une minorité. Je pense sincèrement que d’enseigner n’est pas donné à tout le monde et qu’il faut valoriser ce métier. On doit continuer de donner l’envie à nos mômes d’aller à l’école, moi j’aimais aller à l’école.

    1. J’espère que ce ne sera pas le cas pour ta fille. J’ai beaucoup de chances, nos garçons ont toujours eu des instits adorables et qui savaient gérer leur classe.
      Je ne pense pas que beaucoup de personnes passent ce concours par dépit. Justement, on peine à recruter car ce métier n’attire plus personne. Ceux qui restent sont pour la plupart très motivés. Pour avoir fréquentée beaucoup de stagiaires ces dernières années, je ne suis pas si pessimiste. (Après il y en aura toujours …)

  11. Je suis d’accord avec beaucoup de choses.

    Mais c’est fou comme beaucoup de ces choses deviennent fausses dans les études sups.
    Tu aurais du faire prof dans une filière comme la miennes !

    Exemple ( je modifie la forme, mais le fond est le même, ça met plus en évidence le foutage de gueule, que j’ai vécu ou vu ) :

    Un prof :
    -Allez les mecs ! J’ai donné un TP de 3H à c’te bande d’emmerdeurs ! On s’ouvre une bouteille
    3H plus tard…
    *nez rouge* aux élèves : – Bon bo alors ! Sa avance po dur vot TP ! AAAAAAH ! L’est belle la France !

    Un prof :
    -Quoi ! Le gentil « Machin » *alias poignard dans le dos* est encore absent ce VENDREDI MATIN? Baaaas… il doit surement être malade même si y’a contrôle !
    Le lundi :
    -Quoi ! Le pas beau « Bidule » est pas là ? Alors qu’on va étudier les fluides non-newtonien ( et que en plus, j’vous jure que ça servira quoi ! ) ! Que dites vous ? Sa mère est morte ? Connerie ! Allez hop ! Il va prendre violent dans les appréciations, t’façon j’peux pas l’blairer, c’est le seul qui l’ouvre quand on se fou de sa gueule !

    Un élève :
    -Hey ! Ta encore un contact avec Truc qui était là y’a 5 ans ?
    -Ouais ! Il ma donné tous les contrôles du profs, il utilise les mêmes depuis 15 ans !
    -Yeaaaaaah ! Toute la classe avec un 20/20 ( Ou un 15/20, parce que le même contrôle à 15 corrigées suivant la tête de l’élève, même si c’est à la limite du QCM, « Nan mais sisi, ta vue wesh, T’façon c’est moi l’prof, tu peux pas test » ) !!!

    Un élève à un prof :
    -Hey ! M’sieur ! Vous pouvez m’aider ?
    -Bien sur ! Fait le tuto du logiciel !
    Ce que l’élève aurait voulu dire mais n’a pas dit, blasé :
    -Ok merci ! C’est pas comme si on avait besoin d’aide pour CE tuto, Connard !

    Un premier prof :
    Aaaaah, très bien ton schéma !
    Un deuxième prof :
    Heu… Y’a de grosses erreurs, change tout !
    Premier prof :
    Mais… mais c’est d’la merde ! Recommence comme au début !
    *L’élève refait comme au début*
    Premier prof :
    Mais ! Mais c’est toujours aussi mauvais ! Hey ! 2ème prof viens voir !
    Premier prof et deuxième prof s’engueule pendant 2 heures pour savoir qui à raison, 1H de plus par prof de la discipline.
    *L’élève n’a pas avancer et va demander de l’aide sur internet*

    Un prof (qui n’a jamais travaillé en entreprise dans un secteur industriel, et OUI, qui ignore tout de son domaine pour le coup) à un élève :
    -C’est nul ! Tu vas pas rendre ce torchon à l’entreprise qui ta donné ton projet de fin d’étude !
    -Mais c’est l’entreprise qui ma dis de faire comme ça !
    -BULLSHIT ! Change tout, même si ça ta pris 3 nuit blanche.
    *L’élève chez l’entreprise*
    -Bas pourquoi ta tout changé ? C’était très bien ! On veut pas de ça nous !
    *L’élève se tape un 0/20, parce que l’entreprise à pris la tête du prof qui pensait avoir la science infuse, redouble et fait une dépression, car son thème à été annulé pour de la bonne grosse merdasse qui sent l’hypocrisie mal placée*

    Un prof à un élève lors d’un oral final :
    -Mais… mais… c’est de la merde (même si c’est objectivement très bon) ! Allez hop, je t’aligne, *même si tu ne le sauras que dans 1 mois, et que je serais déjà loin*
    l’élève : *Bon, j’vais pas ouvrir ma gueule pour lui dire ces 4 vérités à ce connard, sinon j’vais avoir un zéro*
    -Ta marmonner un truc FDP ?
    -Non non, rien rien…

    C’est toute l’histoire de nos vie.
    Maintenant je veux faire prof de techno en sup, pour bien Riiiiiiiiiiiiiiiiiien foutre de mes journées, notez à la gueule la belle Jessica (Faut bien les encourager les filles en techno, c’t’e pov’ minorité ethnique). Boire mon coup et abandonnez mes élèves sachant que même s’il vont à l’académie pour ce plaindre, ils pourront rien faire les cons.

    Faut bien comprendre que les clichés ils se forment bien quelque part, et pas que dans les films.
    Je dis pas pour les profs de collèges, mais les profs de sup ( naaaan, mais en prépa, faut pas croire, ils sont très impliiiquéééé, d’ailleurs leur salaire est super justifié quoiiiiii et aussi en iut, non parce que, prof spécialisé dans l’étude du pain (feat. Directeur de l’observatoire du pain) c’est super chaaaaaud couuua… Bon, j’vais chercher un coussin, j’ai un peu mal au fesse m’voyez ?), les profs de sport… de techno, de SVT…
    A par les profs de Maths, d’histoire-géo et peut-être de français ( quand ils font pas une poésie « POUR LA CULTURE DE L ELEVE JE LE JURE TA VU WESH !!! » ) …
    Les profs, sont objectivement des branleurs.

    Des branleurs plus au moins à l’aise dans leur classe de mongoles respectifs certes…

    1. Tu dis que les clichés se forment quelque part, je vais te l’expliquer bien clairement : comme je le disais dans l’article, tout le monde à son avis sur l’éducation. « Tout le monde » parle de ses profs, c’est sympa comme sujet de conversation de critiquer ses vieux profs. J’ai eu des mauvais profs, des branleurs. J’ai fait des études supérieures (si, si) je sais que ce n’est pas là que nous trouvons les plus motivés, c’est sur. Le problème, c’est que bien souvent, « on » ne parle que des mauvais profs ( qui ne représente qu’une minorité d’entre nous) ( comme dans tout métier !!!). Parce qu’ils nous ont marqués, parce que c’est marrant à raconter. On grossit , on enfle le trait.
      Mais finalement BORDEL, qui parle des bons profs, de ceux qui ‘intéressent à chacun, qui font consciencieusement leur métier, qui aiment enseigner, qui cherchent à se renouveler dans leur pratique ?
      Forcément les clichés se forment, vu que seules les histoires ahurissantes sont relayées…

      Où est l’objectivité de tes propos quand tu ne parles que de cas particuliers pour finalement généraliser : « les profs sont objectivement des branleurs ».

      Et dernière chose : mes élèves ne sont pas des « mongoles » oO. WTF. Ce n’était pas du tout l’objet de mon article d’ailleurs.

  12. @ »doctorat en coiffure
    Et sinon, c’est de la bonne? ……
    La branleuse d’instit n’arrive pas à vous relire, et pourtant, je suis experte es lecture de textes sans point ni majuscule et parfois sans orthographe ni sens 😉
    Je me demande qui manque de respect aux élèves quand je vous lis…Ces professeurs fictifs ou votre imagimation débordante? Des bons et des moins bons, des cons et des moins cons, il y en a dans toutes les professions, et même dans le lectorat des blogs…

  13. Ma réponse à toutes ces remarques (hors parents d’élèves / élèves) est : ‘la date du concours est le …, tu dois t’inscrire via le web ». Et généralement on me répond « ah non mais je ne pourrais pas faire ce boulot ! ». ça clot le débat généralement.

  14. Hé bah moi j’ai eu de très bons profs, du genre qui t’encouragent à aller dans une voix que tu n’imaginais pas et au final tu te rends compte qu’ils ont eu plus que raison de te pousser (j’en ai parlé dans un billet : « Et j’ai aussi eu une prof d’anglais qui a vu mon potentiel et qui m’a poussé à le développer en intégrant une section européenne au lycée. J’étais pas vraiment tentée et j’ai laissé passer les épreuves de sélection … Puis j’ai regretté ! Alors cette prof a contacté le lycée, parlé de moi et ils m’ont demandé de faire une lettre de motivations en anglais. Je ne saurais plus vous dire ce que j’ai écris, mais j’ai été prise ! »)
    Des profs qui te font découvrir le monde autrement, genre un prof d’histoire au lycée qui nous racontait beaucoup d’anecdotes et qui savait captiver presque toute la classe, des profs qui montaient des clubs vidéo sur leur temps libre le midi pour nous montrer des chefs-d’oeuvre, des profs géniaux quoi !
    Bon ok, ya aussi eu ceux qui n’ont pas l’air super motivés, mais c’est pas ceux-là qui ont marqué ma scolarité.
    Moi je te dis un grand bravo, parce que j’ai vu l’envers du décor en étant assistante d’éducation et c’est pas facile !

    1. Merci de partager des anecdotes sympas ! Cela ne m’étonne pas que ta prof d’anglais ait contacté le lycée, ce n’est pas rare que nous devions rattrapé les bourdes (gentilles,hein les bourdes 😉 ) des élèves. Quand on peut le faire …

  15. Voilà, avec un an et quelques de retard, je viens de lire cet article qui est absolument parfait.
    Est-ce que le fait que je suis prof de maths en collège, moi aussi, m’a aidé à en comprendre le sens (et l’essence)?…
    Ptêt ben, ptêt pô, mais en tout cas, merci de l’avoir écrit.
    Moi, je joue souvent au jeu du « devine quelle matière j’enseigne?… », et j’ai souvent droit à des réactions plus qu’étranges quand je finis par leur dire (genre si j’avais dit arracheuse de dents, c’eût été pareil + le petit historique de tous les profs de maths rencontrés ainsi qu’un bilan détaillé de tous les derniers bulletins, surtout quand ils remontent à 1500 ans).
    C’est bizarre de prendre presque comme un compliment le « hmmm, je dirais que tu es prof d’arts plastiques… ». Nan. « hmmm… Prof d’histoire? ». Non plus.
    En tout cas, je m’exaspère moi aussi de l’avis que tout le monde a de note métier, surtout quand finalement, tout le monde finit par dire « ah mais je ne pourrais pas être prof! ».
    Bref, merci pour ton article, et je m’en vais de ce pas lire le reste de ton blog (puisque je suis en vacances AHAHAHAHAHAHA – rire maléfique)!

  16. (J’ai oublié de dire que je suis moi-même fille de profs de maths, petite-fille de profs de maths, belle-sœur de prof de maths, nièce de profs de maths, sœurs de maîtresses, nièce de maîtresses, cousine de maîtresse)
    (Han, ça fout les ch’tons)
    Mais au moins, on ne peut pas me reprocher de ne pas savoir de quoi je cause!!!

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