Il s’agit en fait d’un préquel à l’épisode 14 du blog qui sera publié le 07 novembre ( teaser … )

Le jour dont je parle avec autant de solennité dans le titre est le samedi 18 novembre 2006 ( j’ai rajouté un lien vers le morceau qui a tourné en boucle pendant l’écriture de ce billet : Viborg de Julien Doré) ( j’en suis tombée amoureuse ) ( du morceau ) ( pour Julien c’était déjà fait lors de son premier passage tout timide à la nouvelle star)
Je m’égare.
Certaines journées restent gravées dans notre mémoire. Ce 18 novembre en fait partie.
Je vais tenter d’en parler avec humour ( enfin mon humour ) afin de l’exorciser.
De toute façon, je ne sais guère faire autrement et surtout je le peux car il y a un Happy End ( à la fin ).
Pourtant cette histoire commence fort mal :

Parce qu’en vrai, le 18 novembre 2006, j’ai failli mourir. Non, je n’exagère pas ( oui bon un peu ). J’ai été qualifiée par un médecin  d’ « Urgence vitale, BORDEL !« 
Je pense que le bordel a été rajouté car l’ambulance censée venir me chercher avait une demi-heure de retard.
Vois-tu ami lecteur, ma maison est situé à environ 5 minutes à pied d’un hôpital entièrement équipé. Mais comme je suis joueuse, j’ai préféré me rendre malade sur mon lieu de travail à 40 kilomètres de là en pleine campagne easterosiennne.

Deux mois venaient de s’écouler depuis cet épisode bien sombre de notre vie.

Pour nous changer les idées, nous venions de passer quelques jours en Bourgogne. Ce voyage m’avait ressourcé, notamment la visite de l’abbaye de Fontenay.Digression : je suis catholique ( presque plus ) pratiquante. Je ne l’ai jamais évoqué ici, car j’estime que tout ce qui touche à la religion est une affaire de l’ordre du privé. J’en parle un petit peu ici pour les besoins de cette histoire.Je prie peu, et principalement quand j’ai le sentiment de ne plus avoir rien d’autre à tenter. Mais ces moments m’ont toujours apaisé.

Ce sont toujours des prières très égoïstes entièrement tournées vers ma petite personne. Adolescente, je priais pour que Machine reste ma copine, ou que ce garçon trop beau me remarque enfin. Plus tard, j’ai prié pour réussir ce foutu CAPES de merde. Mes prières ont rarement été entendues, en même temps vu que le caractère extrêmement important de certaines de mes requêtes, je n’en concevais pas une forte rancune avec Lui :

LdmJ m’a suggéré de placer plutôt une photo de la représentation de Dieu par South Park,
mais mon treizième degré d’humour a ses limites. Je suis plus consensuelle.

Dans l’abbaye de Fontenay, je lui ai demandé de pouvoir serrer contre moi un enfant, à nous, en bonne santé, avant la fin de l’année 2007. C’est une prière plus avouable.

Ce qui était moins avouable, c’était de faire une fixation sur l’année 2007. C’était l’année de mes 30 ans, et dans ma tète se produisait un court-circuit si je ne m’imaginais pas maman ce jour-là. ( Je raisonnais simplement : 30 ans = vieille peau = utérus ratatiné. )

Abbaye de Fontenay. Un des endroit les plus paisible au monde ( si tu n’y accompagnes pas une classe de 5ème )
( je l’ai tenté également, c’est moins bien )
Revenons au 18 novembre 2006.
Vers 10h, une collègue me conduit aux urgences de l’hôpital local.
Cette petite ville thermale, dans laquelle je travaille, possède tout de même un service d’urgence ( mais principalement réservé aux papys souffrant de la goutte. )
Les médecins me parlent immédiatement de fausse couche. Je sais bien que c’est impossible … Nous sommes de braves petits soldats, LdmJ et moi, et on nous a demandé d’attendre encore 1 mois avant de réessayer.
Effectivement, je ne suis pas enceinte.
Les médecins semblent inquiets, je dois être rapatriée en urgence à Winterfell, car ils ne peuvent pas m’opérer sur place.
L’ambulance du SMUR tarde. Les médecins évoquent une transfusion. C’est à ce moment que j’entends les mots  » Urgence vitale, bordel !!! « .
Et curieusement, je m’en fous, je suis loin et proche à la fois. Je n’ai pas peur.
Moi qui flippe au moindre bobo, qui suis une grande hypocondriaque, je me dis simplement que ce n’est pas si effrayant.
Je te rassure, je ne suis pas dans mon état normal.
Je ne suis pas non plus en train de flotter au dessus de mon corps tout en observant la scène, ni même de mater  la lumière au bout du tunnel.
Simplement je suis dans un état léthargique et si je flotte c’est plutôt dans du coton. En vrai, ça craint un peu …
Avec une demi-heure de retard donc, je suis conduite sirène hurlante à Winterfell. On me transfuse en chemin. Je me sens un peu mieux, et je commence à réaliser, donc à flipper grave.
Le shoot dans le coton, c’est pratique mais cela ne dure qu’un temps.
Je ne peux m’empêcher de penser à un copain qui, quand nous étions encore étudiant le siècle dernier et que nous entendions les sirènes d’une ambulance au loin, rajoutait systématiquement  :
 » Tiens encore un qui ne mangera pas ce midi « 
Cela nous faisait rire. Nous étions jeunes et cons
Ce jour-là, je pense que c’est moi qui ne mangerai pas ce midi.
Cela ne me fait plus rire du tout. Bizarrement. Cette blague était naze en fait.
Mais je préfère songer à ces conneries plutôt que de réaliser l’essentiel …
Mes rêves d’enfants ne m’ont jamais semblé aussi inaccessibles que ce jour là …
Car ce 18 novembre, j’ai failli perdre une partie importante de ma personne : un truc qui me rendait désagréable une semaine par mois, et qui m’avait permis de rencontrer des personnes formidables comme le Docteur Oréfice ( youyou. )
Mais cette partie de moi pouvait encore se révéler très utile : je vous parle bien évidemment de mon utérus. Oh ça va,  » ce n’est pas sale « , vous dirait le Doc de Fun Radio.
Il faut dire que j’avais été gravement secouée deux mois auparavant, et mon corps ( comme mon esprit ) avait encore du mal à s’en remettre.
A l’hôpital, une équipe m’attend aux urgences gynécologiques. LdmJ est là aussi,  inquiet.
Je ne connais pas le chirurgien qui va m’opérer.
Avant de m’endormir, il me pose la question qui tourne en boucle dans ma tête :
– Avez-vous déjà eu des enfants ?
– Non …  [ En vrai, j’ai dû crier ce mot. ]
On échange un regard, il sait que j’ai compris pour la partie de moi dont je ne veux pas me séparer.
Je rajoute simplement :
– S’il vous plait …
Ma voix tremble, mes yeux sont noyés de larmes.
Il hoche brièvement la tête mais évite mon regard. Angoisse.
Je ferme les yeux.
J’ouvre les yeux.
En salle de réveil, j’agrippe le bras d’une infirmière et lui demande :
– Je pourrai avoir des enfants ?
Elle me sourit, me caresse le cheveux et chuchote :
– Oui, tout s’est bien passé. C’est la troisième fois que vous me posez cette question …
Normal, je peux me montrer légèrement répétitive lorsque cela me tient à  cœur.
Je soupire et referme les yeux.
Je sais que je reposerai encore cette question une quatrième voir peut-être une cinquième fois.
Juste pour être sûre.
Ce 18 Novembre 2006 aurait pu marquer la fin de l’un de mes rêves.
Pas celui de la maternité, j’aurais pu être mère différemment.
Mais, celui de donner la vie.
Oui, je parle comme une présentatrice de l’émission BabyBoom ( dont je n’ai vu aucun épisode cette année ) ( exploit ! ).

Fils Aîné est né trois semaines avant la fin de l’année 2007 et quelques jours après mes 30 ans.
Finalement, parfois, certaines prières sont entendues ♥
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