… enfin en moyenne montagne, je suis easterosienne.

LdmJ suggérait comme titre :  » Celle qui a grandi à la cambrousse « . Haha. Morte de rire.

Ce billet est né grâce à Cécile La mère Si, qui nous a très bien décrit son enfance à la campagne.
Depuis d’autres blogueuses ont repris cette idée, notamment Foxy Mama qui nous a joliment conté sa jeunesse à la mer.

Pour ma part j’ai grandi entre campagne et moyenne montagne.
Je vais partager quelques souvenirs avec vous.

Avec de jolis barbelés en arrière plan mais j’ai une tendresse particulière pour cette photo.
Peut-être parce que  j’y reconnais la « corpulence » de mes enfants…

*** GENERIQUE ***

Pour lire l’épisode :

 

 

Dans le désordre :

Je me souviens des « Coins à Brimbelles », des réveils aux aurores certains matins de juillet, pour aller faire notre cueillette de myrtilles ( j’y allais avec ma sœur ). Nous voulions être rentrées pour midi, donc il fallait se dépêcher car nous avions une heure environ de montée. Arrivées au sommet, il fallait se rappeler où exactement se situait le fameux coin. Il n’avait pas changé d’emplacement depuis l’été précédent mais parfois certains arbres avaient été coupés durant l’hiver ce qui rendait notre quête plus compliquée …
« Mais si je te dis que c’est après ce vieux tronc d’arbre, on tourne à gauche et 50 mètres plus loin, on arrive sur la clairière !!! » ( une vraie chasse au trésor ).

Je me souviens des après-midis d’été, avec mes deux meilleures amies sur le parcours de santé du village. Nous baladions les trois chiens de l’une d’entre elle. Nous avions un chien en laisse chacune, c’était top. C’est d’ailleurs les seuls chiens que j’ai approchés, enfant ; je suis une  » mère chat « . Et puis nous prenions le raccourci qui descendait en ligne droite jusqu’à sa maison, où nous attendait toujours un super goûter.

Je me souviens être allée  » à la Croix  » une bonne centaine de fois, été comme hiver : c’était LA balade incontournable. Cette croix, haute de 10 mètres, domine le village. Le sentier qui y mène est très pittoresque, bien qu’un peu « casse-gueule ».

Voici quelques passages du sentier, il faut s’armer de solides chaussures, et certaines personnes passent de justesse entre les deux roches de la deuxième photo ( je ne balancerai pas de noms ^^ )

Arrivés en haut, nous avions une superbe vue sur le village et notamment sur la maison de mes parents. Enfants, arrivés à la Croix nous faisions de grands signes et ma maman apparaissait par la fenêtre de la cuisine en agitant un de ses torchons.

Je parle au passé mais nous l’avons fait il y a deux étés de cela avec Fils Aîné, et Mamée nous a fait un coucou-torchon comme 30 ans auparavant.

Vue depuis l’endroit dit  » Les roches  »  ( avec LdmJ dedans  ) ( et son frère )
On voit d’ailleurs très bien la maison de mes parents. (  Ceci est un message pour mes proches, s’ils veulent chercher  )

Je me souviens d’anniversaires blancs, de Noëls blancs, et de quelques Pâques blanches. Quand je revois mon enfance, la neige tient une place très importante. Les photos de l’époque tendent à prouver qu’il neigeait beaucoup :

ouhlà sans gant en plus ( brr )

Je me souviens des après-midi luge avec nos instituteurs qui nous emmenaient à quelques rues de l’école où il y avait quelques jolies descentes à faire.

Je me souviens de la petite butte de l’école maternelle juste à côté de la maison, où nous effectuions des courses de vitesse sur neige à plat ventre sur des sacs poubelles.

Je me souviens que mon père devait déneiger le toit de son atelier qui aurait risqué de s’effondrer sous le poids de la poudreuse. Au sol, peu à peu apparaissait un énorme tas de neige que nous investissions immédiatement avec nos luges.

Je me souviens des quelques tentatives de ski de fond, et d’avoir détester cela .

Je me souviens également des cagoules qui grattent mais que nous devions porter tout l’hiver, et de ces écharpes moches vintages mais si chaudes tricotées par ma maman :

Je me souviens des réveils à 5 heures du matin, quand le tracteur de la commune déneigeait très gentiment le chemin particulier de la maison jusqu’au garage, évitant à mon frère et mon père une heure de travail.
Bizarrement, j’adorais être réveillée par ce bruit-là, cela m’indiquait qu’il avait fortement neigé durant la nuit.

Je me souviens des sorties du dimanche sur les Crêtes, où nous pouvions par temps très clair apercevoir les Alpes ! Ainsi que des chamois, si nous étions partis suffisamment tôt. Bon, en vrai, je n’aimais pas trop marcher là-haut (pas assez de forêts et de petit ruisseaux) mais en grandissant j’appréciais de plus en plus, surtout si le soir on s’arrêtait dans une ferme auberge pour manger des tofailles. Il s’agit d’une spécialité vosgiennes très calorique à base de pommes de terre et jambon fumé ( que du bon ! ).

Vue depuis les Crêtes vosgiennes

Je me souviens des retours de balades en forêt, où nous nous rendions chez le poissonnier à côté du magasin de maman, car il y vendait des glaces Pouss Pouss : un genre de sorbet citron ou orange. Normalement c’était étudié pour ne pas couler sur nos doigts, mais je me retrouvais toujours avec les mains toutes poisseuses.
[Et ne me demandez pas pourquoi notre poissonnier vendait des glaces .. ] [ Magie des petits commerces de villages ].

Je me souviens avoir rêvé de vacances à la mer et de me retrouver à partir dans les Alpes ( pour y voir de vraies montagnes et faire des vraies randonnées ! ) ( et c’était bien aussi ) ( mais bon ).
Du coup , nous allions au lac de Gérardmer ou Longemer comme d’autres vont à la plage.

Lac de Longemer

 

Je me souviens des feux d’artifice du 14 juillet qui résonnaient et qui m’effrayaient. De même pour les orages, le bruit du tonnerre était amplifié par la caisse de résonance formée par la vallée. Je n’étais pas très rassurée mais pas au point de me réfugier sous le lit comme le faisaient nos chats.

Je me souviens des cabanes en cagettes que nous construisions avec ma voisine dans le pré derrière la maison, dans lesquelles nous jouions aux  » Cités d’Or  » ( aucun rapport avec les cagettes ! ) ( enfin de loin au soleil, elles brillaient .. ). Je voulais toujours être Zia. Parce que j’étais persuadée que, dans le générique, les paroles : « N’attends pas et cours elle »  signifiaient qu’Esteban courait vers Zia. Donc il était amoureux d’elle.

(alors qu’en fait il courait vers l’Aventure) (parce que l’Aventure l’appelait) (on comprends rien à 7 ans).

Je me souviens du CROSS du collège dont le parcours était très accidenté : plusieurs pentes de l’ordre de 40% agrémentaient le chemin ( non, je n’exagère pas ) ( Fun with Maths ). Arrivés dans la forêt, à l’abri des regards nous marchions donc. J’étais – et suis encore – une grande sportive.

 

Je me souviens à l’adolescence, que la plupart de mes amis faisaient des soirées « chalets » . Les chalets de la commune répartis dans la forêt étaient à la disposition des habitants. Tous les week-ends d’été, des soirées y étaient organisées. Mes parents refusaient que je m’y rende. J’ai quand même réussi à aller à deux de ces soirées quand j’étais au lycée et finalement ce n’était pas si terrible ( je n’étais pas habituée en même temps ).


 

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Mais grandir à la montagne c’est aussi :

Habiter dans une vallée et se dire que ceux qui habitent un peu plus loin dans ladite vallée ont un accent à mourir de rire, parce qu’ils parlent comme çôôôôô alors que toi tu parles juste comme çôô.
Ouais eux là-bas plus loin c’est vraiment des péquenôôts, mais pas toi, tu l’as échappé belle ( à 10  kilomètres près, putain ! )

Devenir incollable sur les fleurs qui poussent dans les montagnes. Par exemple, j’ai appris très tôt qu’il ne fallait pas toucher à certaines plantes comme les digitales … très toxiques. J’ai aussi appris que tomber dans un champs d’orties n’était pas mortel ( mais très douloureux ), comme me l’ont fait croire mes cousins … ( sympa les garçons, je m’en souviens encore,… alors que je devais avoir l’âge de Fils Aîné )

Se balader dans les champs et composer de très jolis bouquets pour nos mamans.
Parce que mes Mômes, ils ne me font que des bouquets de pissenlits et de pâquerettes qu’ils agrémentent de quelques morceaux de bois …

Quelques photos des fleurs vosgiennes ( oui, j’aime prendre les fleurs en photos… ) :

Apprendre à accepter les temps gris et pluvieux : les nuages s’accrochent aux montagne puis quand ils ont fini de déverser toute la pluie qui les alourdit, il s’en vont pourrir la vallée suivante : NEXT ! Cela donne une impression plombante de ciel très bas, la montagne devient noire, c’est très sympathique. ( Vous pouvez regarder à nouveau la photo de moi sur le tas de neige un peu plus haut pour vous en convaincre … )

On parle de ligne bleue des Vosges, mais il faut reconnaître que par temps de pluie, il s’agit plutôt d’un ligne noire … voire une ligne indéterminéecar le gris du ciel fait corps avec la couleur de la montagne.

 

Randonner avec un bâton  pour faire fuir les serpents (même pas peur). Même si je pense que dans les Vosges c’est une légende urbaine … (enfin montagnarde).

Et enfin savoir qu’un jour, on fera les mêmes photos avec ses propres enfants.

Et là, (comme dirait mon Cadet)  ze pleure (bah si ) …

 

1758
Avec les mêmes barbelés (c’est fou)

*** GENERIQUE de FIN ***

( Pardon LdmJ )

 

 

 

 

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