Voilà tout est dit dans le titre, je suis incapable de définir mon style musical.

Comment se fait-ce ?
Est-ce grave ?
Peut-on vivre avec LdmJ en ayant un tel handicap de départ ?

Enquête.

 

 

*** GENERIQUE ***

Avec ce que LdmJ va nous jouer à la harpe aujourd’hui :

Comment peut-on ne pas avoir de style musical ?

Je n’ai pas été bercée dans la musique étant petite. Mes parents avaient très peu de disques. Et d’aussi loin que je me souvienne, leur platine portable n’a jamais fonctionné correctement ; c’était d’ailleurs celle-ci :

Dans la même couleur en plus ! NOSTALGIE, je crie ton nom.

 

Vous remarquerez que sa forme ronde semble bien pratique pour mettre des objets circulaire dedans, mais ceci dit … les 33T dépassaient :

Ca dépend, ça dépasse !

Bref à part quelques disques de Michel Sardou, d’Annie Cordy ( et un ou deux Enrico Macias ), ma culture musicale laissait à désirer. Un des premiers 45T à moi ( et rien qu’à moi ) fut Gold : Ville de Lumière. Chacun sa came.

A l’école primaire, je me rappelle avoir voulu apprendre à jouer du piano, mais aucun cours n’était disponible dans mon village, mes deux parents travaillaient et ne pouvaient m’y conduire. Ce n’est en aucun cas une critique mais un simple constat. Avec des feignants de profs comme géniteurs et habitant en « ville », nos enfants pourront bénéficier de plein d’activités extra-scolaires. C’est cool.

Ceci dit, il arrive un âge, notamment  l’adolescence, où l’on souhaite se déconnecter un peu des goûts de ses parents. On souhaite s’ouvrir l’esprit ( et les oreilles ). Mes copines avaient des supers mini-chaînes hi-fi  ( la grande classe quoi ). Pour ma part, j’avais réussi à obtenir un lecteur/enregistreur à K7 comme celui-là :

Le mien était tout noir .          crédit photo : http://www.emmella.fr

Heureusement les copines me faisaient des mixtapes en m’enregistrant leurs chansons préférées ( grâce au double enregistreur K7 de leur chaîne ! ). Au début des années 1990, je me donc mise à écouter des trucs parfois atroces et surtout très hétéroclites : jugeons ( pas trop sévèrement ) sur pièce :

Haddaway, A-Ha, The Scorpions, Frédéricks Goldman Jones ( poke à Aline et Elodie ), R E M, Ace of base, U2, Bryan Adams, Culture Beat et SNAP par exemple ( j’en oublie ) ( c’est voulu ). Je rajoute simplement le tube sur lequel j’ai dansé le soir de mon BAC. Comme j’ai mis un lien sur chaque groupe, vous pourrez vous amuser à vous souvenir également. LdmJ est parti vomir mettre un casque.

J’avais tout de même une prédilection pour les titres dance qui me permettait de … danser comme une folle  (  surtout dans ma chambre ) ( avec mon look à la Ugly Betty Daria, je n’étais pas trop conviée aux « soirées en boîte » ).

Par contre, je suis passée complètement à côté de Nirvana par exemple, que j’ai découvert à la fac.

A la fac justement, j’ai eu accès des radios plus ciblées ( à part Europe 1 et RTL, je ne captais pas grand  chose dans mes montagnes ) ( même si LdmJ m’affirme que NRJ – whaaaaaaaaaaa – était trouvable ).

J’ai commencé à écouter RTL2 et RFM. Grâce à la première j’ai acquis une – très, très – légère culture  rock, la seconde m’a permis de re-découvrir Goldman , Michel Berger. J’ai arrêté la dance.

Jeune adulte, j’ai découvert grâce à LdmJ, énormément de styles musicaux différents. Cependant encore aujourd’hui, je suis toujours incapable de dire quel est le mien. A priori je serais plutôt électro mixé à de la variété française contemporaine.

J’aime beaucoup Delerm, Cocoon, Bénabar mais également The Shoes ou même M83.

Est-ce grave ?

Pas vraiment, ce fut un peu pénible à la fac, car je ne suis sortie qu’avec des musiciens – et le pire :  je ne le faisais pas exprès. Nan, nan, je ne les attendais pas sous la pluie après leur mini-concert au café du coin.

Avec les joueurs de guitare, ce fut plus dur, car ils étaient à chaque fois très branchés rock, et j’en écoutais somme toute très peu ( j’aimais bien Nirvana quoi, l’Unplugged venait de sortir et Cobain venait de mourir, et puis c’était trop « commercial » pour certains. )

Je me rappelle très bien d’une amie dans ma cité U qui, une fois un petit ami potentiel repéré, espionnait  ses conversations musicales, en essayant de retenir le nom de chaque groupe cité pour les ressortir tranquillement avec le mec en question un peu plus tard.

Pour ma part, ce qui me posait le plus problème, ce n’était pas d’avoir des goûts musicaux différents de mon petit ami, mais plutôt mon absence de goûts, je connaissais le nom de très peu de groupes… Google n’existait pas encore, je ne pouvais donc pas les inventer.

***

Cependant, en 2013, des festivaliers américains sont capables de définir le style musical de groupes dont les noms ont été inventés par des journalistes moqueurs. Le lien est dans la coupure pub ci-dessous. Pour ceux parmi vous qui comprennent l’anglais ( même très moyennement comme moi ) :

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Je me souviens d’une conversation, un soir, devant un amphi, avec un garçon qui me plaisait. Il venait de m’offrir un café (au distributeur automatique). Et nous discutions en sirotant devant les portes extérieures du bâtiment. Le genre de moment extrêmement romantique. D’autant plus que je n’aimais pas le café, mais je n’avais pas osé refuser cette tentative de rapprochement de sa part.

Très vite, il me demande ce que j’écoute comme musique. Grimace de ma part. Un de mes sujets de conversation détestés. Je serais aujourd’hui incapable de vous dire ce que je lui ai répondu, mais je parierais ne pas lui avoir parlé de 2Unlimited. Je me souviens surtout de la suite :

Lui : Elle t’intéresse la programmation du NJP cette année ? [le NJP est un festival à tendance Jazz qui a lieu au mois d’Octobre dans la ville de N. où je faisais mes études ( dans un soucis d’anonymat je préfère ne pas vous révéler qu’il s’agit de Nancy) ( vous comprendrez ). ]

Moi : (Putain , mais c’est quoi le NJP, merde, merde, il me regarde là, faut que je réponde un truc). Ben tu sais, je n’ai pas trop regardé, héhé sourire gêné.

Lui : (regard suspicieux) Tu y es … déjà allée ?
Moi : (ah, il doit me parler d’une sorte de café concert, répondons un gros mytho, cela fera mieux) Bah oui, en fin d’année dernière je crois.
Lui (regard peiné) : Les NJP c’est juste en octobre, tu le sais , hein ?

Non, je ne le savais pas. J’ai arrêté de mentir sur mes goûts musicaux et assumé ce manque de style dans mes autres relations.>

Mes autres petits amis ne m’en ont d’ailleurs pas tenu rigueur,et de ce fait ils pouvaient me jouer toutes les chansons qui leur plaisaient, je n’avais qu’à m’extasier. J’ai eu droit à quelques compos persos également, et justement j’ai ici un extrait de  Modern Family , mais pour ma part, je précise n’avoir jamais eu droit à une chanson aussi …  inspirée ^^’  :

Peut-on vivre avec LdmJ en ayant un tel handicap de départ ?

La réponse est oui, très bien même. Il me vanne constamment sur mon non-goût, mais je finis par ne plus y prêter attention. Et puis grâce à lui , je suis devenue très calée au « quikichante ». Je reconnais des intros de trucs complètement improbables dont vous lecteurs n’avez peut-être jamais entendu parlés. ( Petits veinards ).

Et je sais jouer « Balle élastique » à la guitare, haha , ça vous épate hein !

La musique est omniprésente dans la maison du matin jusqu’au soir, et c’est génial pour les enfants. Moi perso, quand les deux garçons hurlent et qu’il y a une troisième personne qui couine depuis la platine vinyle , je trouve cela un peu casse-bonbon. Mais je m’y suis fait. Pas le choix de toute façon.

C’est parfois un peu pénible aussi, quand LdmJ me demande d’aller choisir des CDs, pour un trajet en voiture par exemple, et que je me retrouve face à ça :

Et encore, il y en manque …

En général, je capitule assez vite, j’en prends trois au pif et je repars en courant ( d’ailleurs la semaine dernière je me suis retrouvée avec le disque d’une nana à poil dans les mains et ne m’en suis rendue compte qu’en lui tendant les CDs ). Arrivée devant la voiture, il me dit :  » Oh c’est gentil, mais t’aurais pu prendre des trucs pour toi également « .

Ouais c’est ça, et tu peux me donner une carte et un sac à dos afin que je puisse jouer à Dora l’Exploratrice  ?
«  Alors c’est très simple, tu passes par le rock-indé, tu sautes par dessus le heavy-metal ( bouche toi bien les oreilles ) et ensuite tu trouveras ta variét là … Attention à la chute tout de même. « 

Oui, LdmJ aime bien reclasser ses disques selon ses humeurs. Et moi j’oublie systématiquement son dernier reclassement, je trouve rarement le CD que je veux écouter.

Ceci dit aujourd’hui, il vient de ramener d’un vide-grenier ce magnifique 45T rien que pour moi, alors je ne veux pas trop le critiquer.

On va pouvoir jouer à Ross et Rachel (poke spécial à Mathilde et Audrey), il ne manquera plus que la vitre dégoulinante de pluie. Mais nous sommes en Easteros, donc cela reviendra vite.

Avant de clôturer cet article, et de vous permettre de reprendre une vie normale, je ne peux pas parler de musique sans mettre en lien la vidéo de la chanson qui m’a le plus touchée ces 10 dernières années.

True Story – En juin 2006, je venais d’acquérir un nouveau disque ( cela m’arrivait de temps en temps ) j’en connaissais déjà plus ou moins tous les morceaux. Ce soir là, je rentrais du travail avec un trajet d’environ 40 minutes à faire. Juste le temps d’écouter mon nouveau CD. J’étais ravie. Mais arrivée à la chanson 3 , celle-ci ( <– clique ), j’étais en larmes. Certes, nous venions ne nous endetter sur 20 ans d’acheter une maison, mais bon à 28 ans j’étais tout de même un peu jeune pour être si nostalgique.
J’ai dû m’arrêter sur le bas-côté de la route ( sache-le petit Padawan de 5ème qui va passer l’ASSR dans  moins de deux semaines, les larmes diminuent la visibilité et donc augmentent ton temps de réaction ), puis j’ai remis ce morceau, et je me suis sentie toujours aussi émue. J’ai continué ma route ; arrivée en ville, je me suis arrêtée à la première pharmacie et acheté un test de grossesse. Il était positif.

L’histoire pourrait s’arrêter là mais, mais malheureusement pour nous, je n’ai pas pu mener cette grossesse à son terme. Cette chanson me rappelle l’émotion des premières fois, et cette journée si particulière. Quand je repense à cette période de notre vie, il n’est pas rare que j’écoute ce titre. Je pleure toujours en l’entendant, mais curieusement cela me fait du bien.

L’article de LDMJ est –> ICI

*** GENERIQUE de FIN ***

Avec la chanson finale du dernier épisode de  Six Feet Under   (« Breathe Me » – Sia).
Si vous n’avez pas vu cette série, il faut VRAIMENT le faire.

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