Dans un précédent épisode, je te parlais de mon ressenti sur l’allaitement. Je n’avais pas pu tout évoquer car ce thème est très vaste et surtout il me tient à cœur.
Voici donc la suite ( le retour de la vengeance de Celle qui a allaité )

*** GENERIQUE ***

Une vidéo très touchante de Salma Hayek lors d’une mission humanitaire en Sierra Leone où elle a allaité un bébé souffrant de malnutrition.


1) Un bébé allaité n’est-il jamais malade ?

Après Fils Aîné je t’aurais dit : évidemment ! Sa première maladie n’étant survenue qu’à ses 10 mois, ce qui, pour un bébé allant à la crèche, était un beau score. J’avais un peu squeezé le fait qu’il était né en décembre, et que pendant les 3 premiers  mois, tous les bébés sont dopés aux anticorps de leur maman. En effet, durant la grossesse, la mère transmet des anticorps à son fœtus à travers le placenta. Cette protection durent en moyenne 3 mois après la naissance.

De plus Fil Aîné a commencé la crèche en avril, quand les maladies classiques sont en régression.

En attendant, toute la documentation que j’avais lue sur l’allaitement était unanime : grâce au lait maternel, je donnais de nombreux  anticorps à mon enfant. Il était devenu un super-warrior imperméable aux microbes.

D’ailleurs dans ma tête, voici à peu près l’effet que faisaient les anticorps de Fils Aîné face à tout microbe osant s’en approcher.

(Frigide en microbe c’est bon)

Pour Fils Cadet, mon ressenti  fut différent. Il a commencé la crèche au mois de janvier (mauvais point). Il  avait 3 mois c’est à dire le moment où les anticorps transmis par la mère sont en baisse importante ( deuxième mauvais point ). Il avait un frère morveux qui voulait tout le temps lui faire des câlins (troisième mauvais point). Le résultat fut moins concluant : malgré l’allaitement complet, il a fait plusieurs otites et quelques gastros. Autant pour ma théorie du super-warrior.

Depuis j’ai discuté avec des médecins qui m’ont expliqué que certes l’allaitement fournissait des anticorps aux bébés mais par rapport à ceux donnés par la mère lors de la grossesse, c’est peu. C’est bien de le savoir également. Car j’aurais pu croire (à tort) que mon bébé sous prétexte qu’il était allaité, pouvait être exposé à tous les microbes. Eh bien non. Il faut faire attention.


2) Puis-je allaiter en public ?

Pour Fils Aîné, je n’osais pas. Je n’osais même pas allaiter devant ma famille ou des amis de passage. Quand le petit avait faim, je m’isolais dans sa chambre … où il tétait en moyenne… 3/4 d’heure. Au moment où les amis partaient donc … J’étais ravie.

Pourtant avec des vêtements adaptés ou une cape d’allaitement , on ne voit franchement rien.

Plus je me suis sentie à l’aise avec l’allaitement, plus cela m’a semblé naturel de dégainer mon nibard (enfin en toute discrétion ^^). Et ce fut plus facile pour le deuxième, comme le montre cette publicité :


 

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J’ai allaité mes garçons au restaurant, dans un parc d’attraction, dans des squares, dans la salle d’attente du pédiatre … entre autres.
Evidemment tu pourras toujours tomber sur un Al Bundy dans un magasin :

( Les premières secondes suffiront à te faire comprendre ce que je veux dire ) (bon, après cela devient légèrement lourdingue)

 

Personnellement, je n’ai jamais surpris de regards agacés ou choqués lorsque j’allaitais.
Cependant j’évitais de regarder les personnes autour de moi, et me concentrais sur le bébé. Il est évident que si j’avais regardé les passants avec un air revêche prête à mordre au moindre regard, même anodin, sur ma personne, j’aurais peut-être vu des regards interloqués.

Mais sincèrement, je vois de plus en plus de jeunes mamans allaiter dans des lieux publics. Il faut vraiment ne pas avoir de chance pour que quelqu’un ose venir vous faire une remarque déplacée.

 


3) L’allaitement mixte est-il LE MAL ?

Un des faits marquants quand j’ai commencé à me documenter (c’est vraiment le mot) sérieusement sur l’allaitement, c’est cet acharnement à nous expliquer que si tu décidais d’introduire un biberon, une tétine ou 1 ml de lait artificiel dans la bouche de ton bébé, ton allaitement était foutu.

Je m’imaginais donc qu’après avoir goûté au plastique, mon enfant ne reconnaîtrait plus le sein maternel.

Avec Fils Aîné :

Je voulais plus que tout réussir cet allaitement et ainsi  me prouver que j’étais capable d’allaiter complètement mon bébé durant ses 6 premiers mois. Je suis très scolaire, défaut professionnel sans nul doute.

Impossible pour moi, de lui donner une sucette. J’ai même pleuré quand à la maternité une infirmière m’a donné une tétine pour le petit qui n’arrêtait pas de chouiner. Plutôt que de la lui donner, j’ai pris le bébé près de moi et il a passé sa nuit à téter.

Quand Fils Aîné a eu trois mois, j’ai repris le travail à temps plein ( je n’aurais pas dû) (erreur de débutante).

Je voulais continuer l’allaitement complet (quoiqu’en pense Nabila, j’aurais préféré me priver de shampoing plutôt que de donner du lait artificiel à mon enfant) (oui, je sais il faut que j’arrête les références Nabilesques).

J’ai donc acheter un tire lait, mais comme je ne m’étais pas suffisamment renseignée, au lieu d’en louer un électrique à la pharmacie, j’en ai acheté un manuel. Combien de temps perdu  j’ai passé en tête à tête avec cette machine infernale (j’évitais de faire cela devant LdmJ. Alors que le petit faisait ses nuits, je me relevais vers 2H du matin pour utiliser la trayeuse : 1/4 d’heure chaque sein. Une vraie maboule : même avec le recul, je n’arrive toujours pas à m’expliquer POURQUOI je faisais cela. Je congelais le surplus de lait tiré, et quand en fin de semaine j’avais du mal à fournir le quota de lait à mon dealer (la crèche), je m’en rendais malade. Il m’arrivait d’y courir  du temps de midi pour donner une tétée.

J’ai tenu 3 mois à ce rythme, puis j’ai craqué : énorme fatigue, doublé d’un début de zona. Mon médecin traitant m’a mise sous antibiotiques en me demandant de stopper l’allaitement au moins une semaine. Aucun conseil sur comment réussir ce sevrage forcé, et elle ne m’a même pas accordé quelques jours d’arrêt maladie. Je me vois encore sortir dans la rue et me mettre à pleurer, pleurer en achetant le lait artificiel, pleurer en appelant ma maman en renfort. Heureusement, elle s’est libérée immédiatement. Elle a passé la semaine avec nous. C’est elle qui a donné le  premier biberon de lait en poudre à Fils Aîné, qui n’y a vu strictement aucune différence (l’ingrat). C’est aussi elle qui m’a encouragé à continuer à utiliser le tire lait pendant mon traitement, afin de reprendre l’allaitement après . Et elle a eu raison : par la suite j’ai uniquement donné le sein matin et soir (pour la crèche, il était diversifié et je fournissais du lait artificiel). J’ai arrêté le tire-lait. Une vraie libération. J’ai encore continué de l’allaiter ainsi jusqu’à ses 15 mois. Puis j’ai eu envie de récupérer mon corps complètement, et j’ai arrêté.

Pour Fils Cadet, mon petit hypo-glouton, ce fut différent.
Forte de ma précédente expérience, j’ai repris le travail à mi-temps. J’ai loué un tire lait ELECTRIQUE dans une pharmacie (mon poignet droit m’a dit merci). Fils Cadet a pris le chemin de la crèche (à mi-temps) vers 3 mois, j’ai fourni le lait maternel jusqu’à la fin de l’hiver, puis j’ai acheté du lait artificiel pour la crèche sans aucun remord. Et je n’ai pas foutu en l’air mon allaitement pour autant. Nous avions même introduit la tétine (pas bien) quand il a eu un mois, afin qu’il s’endorme seul.

Non, vraiment, on peut réussir de très beaux allaitements mixtes.

Je pourrais encore parler longuement de l’allaitement, car ce fut pour moi une expérience passionnante . Mais en même temps, j’ai conscience qu’il s’agit d’un choix très personnel et intime. Et qui finalement ne concerne que toi … et ton enfant.

Ne laisse jamais personne critiquer ton choix ou non d’allaiter.


 

L’avis de LdmJ est ICI

*** GENERIQUE DE FIN ***

Herman’s Hermits – No Milk Today, 1966

 
 
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