S01 E13 ~ Celle qui a lu "J’élève mon enfant" de Laurence Pernoud , édition 1969 #2 La place du père

J’avais déjà parlé ce livre trèèèèès intéressant  dans un précédent article que vous pourrez retrouvez ICI.

« J’élève mon enfant » ( édition 1969 ) de Laurence Pernoud, dont la photo, avec ses deux fils, orne  la quatrième de couverture :

On dirait moi (en beaucoup plus âgée) avec Fils Aîné et Fils Cadet

Ce livre, feuilleté pendant la grossesse de Fils Aîné, s’est révélé extrêmement divertissant.

En voici les premières phrases :

Chère lectrice ,  ….. blablabla

Malgré son titre  » J’élève mon enfant » semblait donc destiné exclusivement aux femmes …

D’ailleurs Laurence, quitte à sélectionner son lectorat, aurait pu être plus précise :

Chère lectrice enceinte ou ayant déjà  des enfants , ….. blablabla

Durant toute la lecture, on ne parle quasiment que de Maman et Bébé, ce qui donne des propos du type :

Le premier jour, comme toutes les mamans vous aurez certainement très peur de mettre Bébé dans l’eau, mais très vite vous prendrez à ce bain autant de plaisir que Bébé lui-même.


Je vous vois ricaner devant votre écran, c’est humain remarquez. Ce style « littéraire » est très infantilisant.

A Winterfell, le bain est affaire d’Homme, entendez que c’est toujours LdmJ qui a donné le bain à Fils Aîné le soir après le travail.

D’où ma problématique du jour, d’après Laurence Pernoud quelle est la place du père en 69 ? ( Désolée mais il fallait que je la fasse ) ( je suis rien qu’une ado ).

*** GENERIQUE ***

Pour se mettre dans l’ambiance :

1) Table des matières pour les pères.

J’exagère tout de même un peu, Laurence ne s’adresse pas uniquement aux mères, il y a une table des matières exclusivement pour les pères ( si, si ! ) :
TABLE DES MATIÈRES POUR LES PÈRES
Mouhaha, en 1969 les pères ne lisaient pas ( c’était sans doute trop féminin comme hobbie ). Pas le temps, entre le travail et les sorties dans les bars avec les copains, ils étaient déjà overbookés. Laurence leur facilitait donc la vie en indiquant quelles étaient les  pages de son livre qui  auraient pu les intéresser  ( si cela ne les dérangaient pas trop tout de même ).
Heureusement que LdmJ lit, car je ne me verrais pas m’enquiller les 5 énormes tomes du Trône de Fer qu’il est entrain de bouquiner actuellement. J’adore la série Game Of Thrones ( vous vous en seriez douté ), mais l’idée d’en commencer la lecture m’ennuie profondément. De ce fait, il lit et il m’en fait un résumé.
Moi je lis les trucs qui parlent d’enfants, d’allaitements, toussa et je lui en fais également un ( bref ) résumé.
Il est vrai que les livres de puériculture s’adressent plutôt aux mamans, même maintenant. Pour remettre au goût du jour cette table des matières, je suggère donc plutôt :

Les pères n’aiment pas trop lire des trucs qui parlent de pot,  de crevasses, et de vomi. C’est pourquoi ,  …. bla bla bla.



 
( Si vous cliquez sur le lien, vous aurez une page facebook de Papa qui déchire et que vous pouvez liker )

2)  Relations entre le père et l’enfant en 1969.

Pour Laurence avant qu’il n’ait un an, un enfant ne doit pas intéresser son père :
Ah ben voui, pas de RTT à cette époque,le père ne voyait ses enfants que le dimanche ( et éventuellement la nuit, mais comme vous l’aurez compris ce genre de rencontre est moisie ) ( la mère n’a qu’à se lever ).
Même en 1969, je présume qu’il y avait des pères qui s’intéressaient à leurs enfants le soir après le travail.
Quand je pense à moi-même, durant mon congé maternité, attendant derrière la porte avec impatience que LdmJ rentre du travail, pour pouvoir mettre Fils Aîné dans ses bras et aller prendre une douche. Quelle piètre épouse je faisais …
Que nenni, en 1969, tu avais intérêt à ce que tout soit nickel dans ta maison quand le Roi l’Homme revenait dans son royaume.
Laurence Pernoud avait même réuni des témoignages hallucinants ( ne manquez pas la dernière ligne … ) :
Déjà, le père avait une excuse pour ne pas ressentir d’élan viscéral envers son enfant : cette notion de fibre paternelle que Laurence érigeait en vérité absolue, et qui avait été définie par … des hommes ! De plus, si Bébé était mal tenu ( expression de Laurence ) il avait une deuxième excuse pour ne pas vouloir s’en occuper.
Cette vision des choses était vraiment dingue : le père rentrait le soir et devait seulement jouer avec son enfant. Aucune contrainte.
Ensuite, le témoignage de la maman est un pur ravissement ( … de connerie ).  Déjà comment est-ce possible que cela ne sente jamais le pipi dans sa maison ??? Hein ! Même dans mes cauchemars les plus fous, je n’ai jamais espéré entendre une phrase plus stupide de la part de LdmJ. S’il m’avait sorti cela un soir, je lui aurais fait bouffer les couches du petit dernier. De toute façon , ici ce n’est pas possible, vu que c’est lui qui sort le sac à couches, donc à moins de vivre en apnée, il en connait l’odeur.
Laurence penserait que je suis une mère pitoyable, je le crains.

3) Le retour des pères en 1969.

Vous ne la saviez sans doute pas mais durant l’après-guerre les pères s’étaient perdus. Il voulait devenir des pères-copains, comme Phil dans Modern Family :


LOL

 

Cependant en 1969, nous les avions retrouvés :

Il est certain que les pères à cette époque avaient de la chance. Ils rentraient le soir, pour retrouver les enfants propres, souriants et repus. Aucune mauvaise odeur ne s’échappaient des poubelles. Leur repas les attendait sur la table de la cuisine. Ils n’étaient pas obligés de lire.
Ils incarnaient l’autorité et de toute façon si quelque-chose se passait mal dans la maison, la coupable était toute désignée.
En voici, d’ailleurs un très bon exemple :

Remarquez que Betty (  la mère ) se rebelle ( pas bien ).
Du coup, quand Laurence parlait des pères américains, elle ne devait pas avoir conscience de la réalité de l’américan way of life si bien décrite dans Mad Men.
Pour elle, le père américain mettait un tablier pour faire la vaisselle avec sa femme, mais WTF ! Et elle avait raison : le tablier c’est naze et tue-l’amour, personnellement je militerais pour que les pères fassent  la vaisselle à poil. ( Surtout si c’est Don Draper ).
Sinon, aujourd’hui, on a des laves vaisselles, plus besoin de tablier.
En conclusion de tout ceci, je me demande ce que penserait Laurence du rôle des pères dans les générations actuelles. Elles penserait sans doute qu’ils se sont barrés à nouveau. Alors que pour ma part je pense qu’ils n’ont jamais été aussi présents.
On peut faire preuve d’autorité tout en participant aux tâches quotidiennes telles que donner le bain ou le repas à ces enfants ( même s’ils ont moins de un an ). Ils peuvent s’occuper de leur enfants, faire preuve de tendresse et les élever correctement.
Ce genre de lectures me fait comprendre un peu mieux certaines réflexions que je peux entendre en famille de la part de personnes plus âgées qui s’extasient littéralement, dès que LdmJ bouge son divin fessier de table pour aller chercher un truc à la cuisine. ( Ce qu’il fait fréquemment ).
« Oh mon Dieu, que tu as de la chance, d’avoir un mari aussi prévenant. »
Réflexions qui – vous vous en doutez-  me font soupirer et lever les yeux au ciel.
Mais n’oublions pas que ces personnes ont été élevées dans ce monde si différent : le Monde De Laurence Pernoud !
L’avis de Ldmj ? C’est par ici.

*** GENERIQUE DE FIN ***

avec un père et un fils :

 

Et n’oubliez pas, si cela n’est déjà fait, la page Facebook de Game of Mômes  est ici   et on approche des 100 likes, un petit coup de pouce ;).

 
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9 thoughts on “S01 E13 ~ Celle qui a lu "J’élève mon enfant" de Laurence Pernoud , édition 1969 #2 La place du père

  1. C’est trop marrant ce livre! Faut vraiment que je pense à demander à ma mère si elle l’a lu!
    Ma mère s’est toujours vantée d’avoir le mari super qui l’aidait à passer l’aspi, faisait les courses qaund il le fallait, la laisser dépenser SON argent comme elle le voulait (du coup j’ai appris que ce n’était pas le cas pour toutes ses copines qui pourtant bossaient comme elle), etc…
    Sauf que (et ça fait encore rire tout la famille alors que je trouve ça nul), quand il me gardait le samedi matin, ben je restais dans mon caca toute la matinée. Son excuse je te le donne en mille : ça sent pas bon! Mais mon papa était GENIAL pour son époque, on disait à ma mère comme à toi « oh, tu as de la chance, il t’aide pour débarrasser… »
    Ca devait être un papa de transition… 🙂

    1. Excellent le papa de transition, c’est tout à fait cela …
      Ici, LdmJ m’aide plus que pour débarrasser, tu te doutes, il en fait peut-être plus que moi d’ailleurs.
      Mon père lui ne faisait rien, et c’est vrai je ne le voyais guère que le dimanche ( un artisan peintre sur ses chantiers 6jrs sur 7 et jusqu’ 19/20h les soirs). Je me rends seulement compte maintenant à quel point cela a dû être dur pour ma maman …

  2. C’est horrible de lire des choses pareilles lol!! Et tu t’imagines que nos enfants diront la même chose quand ils liront nos livres de puériculture. Enfin, j’espère que ça ne changera pas à ce point-là.
    Mon homme est aussi un papa moderne et des fois, je m’étonne de le voir faire des choses que mon père n’a jamais faites et qui sont pourtant normales. Genre vider les valises quand on rentre de vacances alors que mon père sortait au bar du coin raconter ses vacances à ses copains en laissant ma mère tout ranger.

  3. Au final, nous l’avons bien élevé notre aîné, je suis assez fière de ce que tu écris Florence, je t’appellerai, dorénavant, petite plume.

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